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Chroniques régulières

Chemins de lectures (16) - Jim Harrison, la Terre des hommes

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 13 Décembre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Quelle alchimie opaque fabrique le lien secret et indélébile qui se tisse entre un lecteur et l’œuvre d’un écrivain ? Faut-il la chercher dans les espaces de la ressemblance, dans les échos plus ou moins muets qui s’établissent entre les deux êtres qui sont à chaque bout de l’écriture ? Y a-t-il vraiment un statut du « ah imbécile qui crois que je ne suis pas toi ! » de Victor Hugo dans la rencontre parfois vitale d’un lecteur et d’un livre ? Il y a peu je posais la question ici de « qui écrit ? » à propos de Guy De Maupassant. La question consubstantielle en est « Qui lit ? »

 

Il ne faut pas tenter de répondre à cette interrogation troublante. Il n’y en a sûrement pas, ou trop. Peut-être qu’adolescent, j’ai entendu les terreurs et les dégoûts de Baudelaire parce que j’en éprouvais une part. Peut-être que j’ai avalé London parce qu’il portait une part de mes idéaux. Sûrement ai-je mythifié Fante parce qu’il parle, à chaque ligne, de mes douleurs et de mes joies.

La chronique du sel et du soufre (Décembre 2012)

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Mardi, 11 Décembre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Un bijou pour les fêtes…

Brèves de rêves, Frédérick Tristan, Ed. Pierre-Guillaume de Roux, 23 €

 

En 1983, il lui fut attribué le prix Goncourt pour son roman Les Égarés. La dernière fois que je l’ai rencontré, c’était dans une église bondée, à l’enterrement de la poète Ghislaine Amon (Raphaël George), lors de la signature du Livre des mémoires…

Et voilà que vient de paraître Brèves de rêves, juste avant les fêtes de Noël et de la fin de l’année. Frédérick Tristan signe des récits brefs comme des poèmes symboliques et réussit à nous emporter dans cette « surréalité » qui faisait écrire en 1924 à Louis Aragon : « la surréalité, rapport dans lequel l’esprit englobe les notions, est l’horizon commun des religions, des magies, de la poésie, du rêve, de la folie, des ivresses et de la chétive vie, ce chèvrefeuille tremblant que vous croyez suffire à nous peupler le réel ».

Un papillon à insérer

Ecrit par Claire Teysserre-Orion , le Samedi, 08 Décembre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Avant le grand départ, il m’avait bien fallu réfléchir aux points de ravitaillement en livres. Tel un coureur de fond, je n’envisageais pas de partir avec toutes mes provisions sur le dos. Elles ralentiraient évidemment ma route et, à coup sûr, le risque était grand que je ne les mangeasse toutes avant d’avoir franchi la ligne d’arrivée. Les marathoniens sont en fait des boulimiques dont il faut absolument gérer l’alimentation. A leur image, si je partais avec 32 livres, je n’aurais rien vu du paysage pendant ces heures de train et me trouverais aujourd’hui dépourvue de toute lecture. Mais trouver des livres asiatiques traduits en français en Mongolie semblait aussi difficile que de tenir un régime végétarien dans un pays où le mouton bouilli est servi à tous les repas.

 

Donner vie à ses idées

Voies de traverse (9) Prof chez les taulards, Aude Siméon

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 03 Décembre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Prof chez les taulards, Aude Siméon, éditions Glyphe, 2012, 205 pages, 15 €

 

Prof chez les taulards est un témoignage, hors des sentiers battus, hors de la retape des têtes de gondole. Ce livre raconte l’expérience d’une enseignante en milieu carcéral. Elle accompagne des étudiants en détention souhaitant passer le brevet ou valider le Diplôme d’accès aux études universitaires. L’auteur ne fait pas de nombrilisme, elle ne cherche pas les honneurs. En revanche, elle parle avec sincérité de ce métier complexe, rendu pus complexe encore par les étudiants auxquels elle s’adresse. Une dizaine de volontaires se prêtent au jeu. Tous sont condamnés à de longues peines. Certains viennent s’occuper, d’autres visent un diplôme jamais réussi dans la vie d’avant. Les motivations sont diverses, les attitudes face à l’étude et à la littérature également. Il y a des arnaques, des manipulations, des jeux de séduction, de grands moments de partage et d’échanges, des déceptions inévitables. Comme dans toute salle de classe, finalement.

Carnets d'un fou - XVIII

, le Samedi, 01 Décembre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

Le 23 novembre 2012

 

Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité

 

« Malheureux alchimiste, en vain tu veux muer tous les feux en soleils. Viens boire la vraie liqueur philosophale, qui emporte la bouche avec un charmant goût de mort ».

Louis Aragon, Voyageurs