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Chroniques régulières

Voies de traverse (10) - vie et crimes de Sitarane

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 08 Janvier 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Encore adulé aujourd’hui par ses adeptes, auréolé d’une légende aussi étrange que sombre et cruelle, Sitarane aurait pu inspirer un thriller mordant ou un récit fantastique et occulte. Jean-François Samlong a choisi d’en faire le personnage principal d’un roman historique foisonnant, complexe et singulier, prenant pour cadre le début du XXe siècle dans une Réunion soumise aux excès des colonisateurs et aux superstitions les plus folles. Avec une écriture dense et inspirée, il retrace faits réels et chronologie d’une vie de crimes, de magie et de troubles, il compose un récit effrayant, érudit et ensorcelant.

« L’île chancelait, toute nue.

Entre les mains des sorciers noirs qui l’asphyxiaient à coups de gris-gris depuis des mois, elle menaçait de partir en fumée. Ne projetaient-ils pas de lui planter un pieu dans le cœur ? De lui faire rendre gorge selon des plans de bataille décisifs ? Si oui, qui les élaborait si finement ? »

Des livres à croquer en 2013 !

Ecrit par Elisa Amaru , le Mardi, 08 Janvier 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

En ces temps de réjouissances gourmandes et d’agapes festives célébrant à peu près tout excepté la fin du monde, penchons-nous sur trois parutions qui déglacent le genre sans l’alourdir d’un excès de labeur ! Trois initiatives qui tombent à pic quand, pour sa 33e édition qui se tiendra du 22 au 25 mars prochain à Paris Porte de Versailles, le Salon du livre 2013 inaugure un nouvel espace entièrement dévolu au Livre de cuisine : le Square Culinaire déroulera ses 600 m2 de stands et d’animations autour des divins arts de la table ! Soit 4 jours de lectures, d’animations, de démonstrations, de dédicaces, de joutes oratoires, de partage et de défis culinaires à la croisée de deux univers : la bouche et les lettres. De quoi faire rimer trouvaille avec mangeaille, sans sacrifier sur l’autel de la bonne chère le goût du style, le liant des mots, et la texture du propos.

Escapades (2) - A serious man, Coen Bros

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Vendredi, 04 Janvier 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED, Côté écrans

 

Une fois n’est pas coutume : le format télévision, même « grand écran plat », convient très bien à « A serious man » de Joel et Etan Coen. Je ne sais pas, sûrement le côté « journal intime » du film qui sied bien à mon salon. En tout cas, ce fut un vrai bonheur de revoir le dernier « Cbrothers ».

 

Il paraît que quelques Juifs se sont agacés devant ce film. Je comprends que certains, habitués au « culturellement correct », puissent s’offusquer devant une telle « déconstruction ». Une telle rupture avec le pathos traditionnel des films du genre « humour juif » a de quoi surprendre, déconcerter, voire irriter. Pas une trace de folklore juif américain du début à la fin. On est formé à Woody Allen, avec ses figures archétypiques et sympas : l’intello new-yorkais, l’écrivain qui se cherche, l’artiste égocentrique, le psychanalyste rongé d’angoisse, l’hypochondriaque agité, la mère abusive, le père paumé. Bref, la galerie de figures-types, qui font rire, qui attachent. Avec ce film des frères Coen, rien de ce genre.

A commencer par le choix des acteurs. Pas un visage connu, pas un visage séduisant.

Le cantique des oiseaux d'Attâr : les belles lettres persanes

Ecrit par Odile Alleguede , le Mercredi, 02 Janvier 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

Qu’est-ce qui fait la force et la qualité d’un éditeur ? Dans la place, on dit qu’il y a trois sortes d’individus : les loups, prédateurs effilés aux babines sanglantes, les moutons, suiveurs bêtasses du troupeau, et les sangliers qui renversent tout sur leur passage. C’est sans doute de cette fourrure-là que sont revêtues Diane de Selliers et son équipe maison, tant la cohérence et la probité de leur travail, depuis 20 ans, imposent l’admiration. Déjà, le mois dernier, nous relayions Don Quichotte illustré par Gérard Garouste. Mais en ces temps de fêtes, dans les chaussettes ou au bas du sapin, Diane de Selliers Editeur a disposé l’un des plus beaux titres de cette fin d’année, publié en octobre dans « La grande collection » : Le Cantique des oiseaux d’Attâr illustré par la peinture en Islam d’orient.

Chan Koonchung contre le syndrome de la Cité Interdite

Ecrit par Claire Teysserre-Orion , le Samedi, 22 Décembre 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« Tous les visages rayonnaient et affichaient de francs sourires. Nous vivions à présent une époque bénie de paix et de prospérité, des années fastes, un véritable âge d’or, comme on a coutume de l’appeler ».

Entre le syndrome de Stendhal et celui de Jérusalem, la page Wikipédia recensant les pathologies dont peut être atteint le voyageur a omis le syndrome de la Cité interdite. Celui-ci se déclare généralement dans un contexte d’hyper-concentration touristique qui empêche tout ébahissement devant un site pourtant magnifique ; il se manifeste par une forte envie de fuir et de ne plus jamais être un touriste ; il est généralement accompagné par un sentiment de persécution de la part des groupes menés par un guide hurlant dans un mauvais micro. Quand un tel syndrome se déclare, une chose à faire : fuir et oublier temples et palaces.

Etant moi-même atteinte, je me dépêche d’ouvrir Les années fastes pour savoir comment son auteur, Chan Koonchung, pourrait m’éloigner de cette foule oppressante. Mais la tâche pourrait se révéler ardue : le livre, publié en 2009, parcourt plusieurs quartiers de Pékin, en 2013… Si mon voyage verse dans la science-fiction, je vérifierai si la réalité est allée plus vite que la fiction.