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Chroniques régulières

La chronique du sel et du soufre (Janvier 2013)

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Jeudi, 17 Janvier 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Du nouveau sur le surréalisme

 

La parution récente de l’ouvrage de Patrick Lepetit Le surréalisme Parcours souterrain (1), préfacé par Bernard Roger est une heureuse surprise. En effet, le surréalisme garde, certes, ses admirateurs, ses fanatiques aussi, mais il y avait belle lurette que rien de véritablement nouveau n’avait été écrit sur le mouvement d’André Breton et ses « souterrains obscurs ». Or, l’étude, ou plutôt l’enquête remarquable de Lepetit, preuves à l’appui, nous démontre que le développement du surréalisme, de son avènement jusqu’à sa dissolution énigmatique en 1969, a toujours été fidèle à une alliance avec l’occulte sous toutes ses formes, y compris avec la franc-maçonnerie, la magie, l’alchimie, les rituels en général.

Comme l’exprime, en toute lucidité, Bernard Roger dans son avant-propos, la première qualité du gros volume de Patrick Lepetit est sa matière première, la myriade des renseignements historiques qu’il contient, le nombre impressionnant de rencontres qu’il propose aux lecteurs, sa biographie quasi exhaustive, et son refus de toute récupération facile. Il faut découvrir, « sous le signe de l’oie » ces quatorze chapitres très denses comme on explore une caverne d’Ali Baba, une grotte mythique aussi… On en ressort lunatique, enthousiaste, chaman aventureux.

Carnets d'un fou - XIX

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 15 Janvier 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Le 8 janvier 2013

 

Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité

 

Elles [les prostituées] ressemblent au critique littéraire d’aujourd’hui, qui, sous quelques rapports, peut leur être comparé, et qui arrive à une profonde insouciance des formules d’art : il a tant lu d’ouvrages, il en voit tant passer, il s’est tant accoutumé aux pages écrites, il a subi tant de dénouements, il a vu tant de drames, il a tant fait d’articles sans dire ce qu’il pensait, en trahissant si souvent la cause de l’art en faveur de ses amitiés et de ses inimitiés, qu’il arrive au dégoût de toute chose et continue néanmoins à juger.

Balzac, Splendeurs & misères des courtisanes, I

Pendant qu'il neige : le secret de la chronique

Ecrit par Kamel Daoud , le Lundi, 14 Janvier 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« C'est comme un chien dans ma tête : il aboie et j'écris. Sauf que ce n'est pas si simple. Il me semble que c'est moi qui suis au bout de sa laisse, qu'il me promène parfois durant une demi-heure par jour, me laisse gambader dans son univers puis me ramène vers mon angle mort qui est ma vie de tous les jours. Je m'explique donc : c'est un chien immense, composé d'étoiles dans une obscure nuit qui lui sert de peau sans fond. Il aboie en Alphabet et j'écris. Parfois bien, parfois mal, quand il va trop vite et que ne me restent que des bouts de phrases. Il est grand, le chien noir qui m'enjambe pour aller boire, à l'autre bout du monde, son eau et revenir. C'est comme ça que je peux décrire les choses qui se passent dans ma tête. Car dehors, pour ceux qui me voient de dehors, il ne se passe rien. Je suis penché sur un gros cahier plein de ratures, devant un micro, en train de tabasser un clavier et j'écris sans cesse, sans cesse et toujours. Un scribe dans un journal où je suis payé au mois pour faire semblant d'être courageux.

La mère Michel a lu (14) - La Comédie, Dante Alighieri

Ecrit par Michel Host , le Mercredi, 09 Janvier 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« La Mère Michel n’a jamais perdu son chat. Elle le tient attaché, ne le lâche pas de l’œil. Le félin est un livre, il n’a pas d’âge. D’hier, d’aujourd’hui, de toujours, il miaule derrière la porte ».

 

La Comédie (Enfer - Purgatoire - Paradis) de Dante Alighieri, Édition bilingue, présentation & traduction de Jean-Charles Vegliante, Nrf Poésie / Gallimard, 1280 pp., Coll. n°480 / 17 €

Le poème de la chrétienté

 

« Les intuitions des poètes sont les aventures oubliées de Dieu ».

Elias Canetti, Le Territoire de l’homme

Enquête littéraire du côté du Lac Taï (Wuxi, Chine)

Ecrit par Claire Teysserre-Orion , le Mercredi, 09 Janvier 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« Seriez-vous un incorrigible touriste romantique ? »

Parce qu’un écrivain amène son lecteur dans des paysages et des villes ignorés des guides touristiques, je me suis dis que la littérature étrangère serait de bon conseil dans mon périple. Cette fois-ci, Qiu Xialong exauce mon vœu en m’invitant à prendre des vacances avec son célèbre inspecteur Chen à Wuxi, ville ignorée du Lonely Planet, la pesante bible des backpackers.

 

« Une présentation non-touristique du Lac Taï »

 

L’inspecteur est envoyé en vacances par son supérieur dans le luxueux Centre de détente pour cadres du Parti à Wuxi, une « petite Shanghai » qui a fleuri sur les bords du lac Taï. Il lui plaît de pouvoir oublier un instant ses préoccupations habituelles et de trouver le temps de réfléchir à celui qu’il est :