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Ce qu’on vaut de poussière, Felip Costaglioli

Ecrit par Estelle Fenzy 02.07.18 dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie

Ce qu’on vaut de poussière, éd. La Boucherie Littéraire, coll. La Feuille et le Fusil, juin 2018, 86 pages, 18 €

Ecrivain(s): Felip Costaglioli

Ce qu’on vaut de poussière, Felip Costaglioli

 

Entrer dans le dernier recueil de Felip Costaglioli, c’est entrer dans une maison de poèmes, peuplée de « chambres fraîches de l’absence » et de « chaussures d’enfants perdus ». Modestie comme maître mot : chaque texte s’égrène sur la page, « cailloux », « billes » et « poussières ». Une simplicité de matériau pour une recherche infinie : apprendre « le métier d’être ». Sa conscience aussi : « N’est-ce pas cela aussi s’appartenir ? ». Une quête dont la noblesse n’a d’égale que l’humilité : « Je ne fais pas le poids », « C’est toujours bien de garder quelques preuves / de l’oubli joyeux de soi ».

Avec une grâce d’elfe, une profondeur joyeuse, Felip Costaglioli construit son domaine de mots : « arche », « fondations », « murs ». Nous voici conviés à sa table, « hôte irrévocable » de son talent, et de sa sensualité pure et audacieuse : « Tu me caresses me parles et m’ouvres / et moi je veux que tu embrasses / embrasse ma vacance ! ».

Avec lui, le dérisoire de nos existences se change en « légende », la contemplation en « aventure ». Mais que l’on ne s’y trompe pas : les maisons de poèmes sont pleines de fantômes, peurs et pleurs. Felip les observe de loin mais ne les oublie pas, les garde « au fond de sa poche » : mieux colmater « creux », « trous » et « fissures » de notre « mosaïque » humaine ? Mieux convoquer les images du passé « celles surtout qui têtues / disparaissent / toujours plus vivantes » ?

Ponctué de magiques fulgurances, de formules d’enchanteur, ce livre nous invite à croire que toute poussière sait briller dans le soleil, que la simplicité du bonheur réside dans « la petite énigme de l’être et de l’autre ».

 

Estelle Fenzy

 


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A propos de l'écrivain

Felip Costaglioli

 

Felip Costaglioli né en 1964 à Alès dans le Gard, vit depuis 20 ans aux ÉtatsUnis dans la Minnesota.

Il enseigne le cinéma à saint Cloud State University, parallèlement à son travail de recherche sur la poésie contemporaine et le cinéma, il se consacre à la traduction de poètes catalans, américains et français.

Il poursuit aussi son propre travail d’écriture, poésie et nouvelles, dans les trois langues.

Depuis plusieurs années il collabore avec de nombreux artistes, peintres et musiciens, cinéastes et photographes, alliant poésie, images, et musiques au sein de divers spectacles et performances poétiques.

Il est publié notamment à l’Arrière-pays (France), Alabatre (Barcelone), Éditions de la Margeride, Robert Lobet (France), Les carnets d’Eucharis, Serge Chamchinov.

 

A propos du rédacteur

Estelle Fenzy

 

Née en 1969, Estelle Fenzy a vécu à Lille, puis à Brest. Aujourd’hui, elle habite Arles où elle enseigne. Elle écrit depuis 2013, est l’auteure d’une dizaine de livres de poésie, parmi lesquels Rouge Vive (Al Manar, 2016), L’Entaille et la Couture (Henry, 2016), Mère, Prix René Leynaud 2018 (La Boucherie Littéraire, 2017), Par là et Poèmes Western, (LansKine, 2018).