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Blood song, Cat Adams

Ecrit par Laetitia Steinbach 26.03.12 dans La Une Livres, La Martinière Jeunesse, Recensions, Les Livres, Fantastique, USA

Blood Song, La Martinière Jeunesse, février 2012, 317 pages, 14,50 €

Ecrivain(s): Cat Adams Edition: La Martinière Jeunesse

Blood song, Cat Adams


Célia Grave, jeune californienne séduisante et fortunée, n’a pas de chance. Garde du corps engagée par un mystérieux prince oriental pour assurer sa sécurité, elle échoue lamentablement à remplir sa mission. Si l’héritier du trône de Rusland est sauf, Célia se retrouve agressée par une bande de vampires, mordue par l’un d’entre eux, et perd son coéquipier : vidé de son sang par une créature de l’autre-monde et désintégré par-dessus le marché. Mais ce n’est pas tout, car Célia se voit transformée du fait de sa morsure en un être dangereux : une Abomination, créature mi- humaine et mi- vampire, dont la préoccupation majeure est d’éviter de sauter sur la moindre carotide qui palpite trop près de ses yeux. Mise au ban de la société, harcelée par la police (et le FBI et deux clans de vampires et des médiums à la solde des intégristes Ruslandais…), traquée par des assassins démoniaques, trahie par une mère alcoolique, enfermée par un médecin corrompu, notre « bodyguard » se retrouve en moins de douze heures dans des ennuis surnaturels et mortels.

Blood Song est ce qu’on appelle de la Fantasy Urbaine, genre qui depuis le succès de la saga Twilightfait tache d’huile et mêle allègrement tous les poncifs sur les bas-fonds des grandes villes américaines aux représentations de toutes les créatures infernales des mythologies indo-européennes. Ainsi, l’auteur Cat Adams (en réalité la double plume de C.T. Adams et de Cathy Clamp) n’hésite pas à empiler les personnages les plus stéréotypés aux moments clés du roman. Les vampires sont par conséquent TRES méchants, sans pitié, agressifs, et l’on ne s’en débarrasse qu’au moyen d’un processus TRES long, TRES complexe et TRES gore. (Allez trouver un incinérateur rapidement juste après avoir décapité votre vampire, triez ses cendres – la tête doit être loin du cœur- et dispersez ses cendres dans des eaux différentes…). Les prêtres sont de puissants guerriers à la foi inébranlable, ils sont bien sûr italiens, petits et très bruns et brandissent de grandes croix blanches et lumineuses ; ils combattent vaillamment tous les anathèmes à l’aide d’imprécations terrifiantes (« Amen » en est une) et de pistolets à eau (bénite cela va de soi). N’oublions pas de parler de fantômes, de mages, de médiums et d’Amour. Car au milieu de cette débauche de péripéties il y a une romance ! Et même deux romances : Célia se voit dotée de précieux et sexy auxiliaires, Kévin l’ardent loup-garou à la musculature avantageuse et aux desseins troubles et Bruno le séduisant mage (dont le moindre des talents est de souvent se retrouver dévêtu). L’ennemi, ultime croit-on dans les dernières pages, est un démon vêtu de rouge, un vrai tentateur à la voix de miel et aux yeux de braises, qui a plus l’air d’un Brad Pitt énervé que d’une incarnation de l’Enfer.

Mais comme on n’est plus à une invraisemblance près, le véritable danger ne résiderait-il pas dans Célia elle-même ? Car non content d’être mi- humaine et mi- vampire, d’avoir à lutter contre des pulsions proches de celles d’un alcoolique dans un bar, Célia est aussi par son grand-père un peu sirène ! Ce qui explique pourquoi tous les hommes des environs arrivent systématiquement à sa rescousse, pourquoi elle n’a aucune amie femme (sauf une « lesbienne » et une « ménopausée ») et qu’en plus elle se soit mise à dos la reine des sirènes qui la provoque « en duel à mort ». On en frémit d’horreur.

Difficile de ne pas être déçue par Blood Song, qui en dépit d’un synopsis alléchant et prometteur, reste désespérément plat et confus. Les personnages secondaires sont en surnombre, le rythme est chaotique et les heureuses coïncidences trop fréquentes. Là où l’on attendait de l’action, il n’y a que des tergiversations ; là où il fallait du sentiment on trouve des considérations sans fin ; et pour couronner le tout, on se pose sans cesse la question de la finalité de cette énième péripétie qui vient s’empiler sur la précédente. Le roman passe tristement à côté de son sujet.

Le deuxième volet, Siren Song, sera-t-il plus réussi ?

A réserver aux fans absolus du genre.


A partir de 14 ans.


Laetitia Steinbach


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A propos de l'écrivain

Cat Adams

Cat Adams est le nom de plume de deux auteurs qui se réunissent régulièrement pour écrire des romans à quatre mains : Cathy Clamp et C.T. Adams. Elles se dédient plus particulièrement au genre de la romance sentimentale et à la fantasy. Il s’agit de leur premier livre traduit en français. Pour les anglophones, on trouve toute la saga de Célia (Blood Song, Siren Song, Demon Song) ou celle de Sazi (Serpent Moon, Howling Moon, Captive Moon, Moon’s fury…)

 


A propos du rédacteur

Laetitia Steinbach

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Rédactrice

 

Laetitia Steinbach est professeur de lettres modernes dans le secondaire. Elle s’intéresse particulièrement aux albums et romans graphiques et à la littérature de jeunesse contemporaine. Elle travaille actuellement à la rédaction d’une thèse portant sur l’homosexualité dans le roman pour adolescents et l’édition jeunesse.