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Allmen et les libellules, Martin Suter

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas 17.07.11 dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Polars, Langue allemande, Christian Bourgois

Allmen et les libellules, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, 2011, 166 p. 17 €.

Ecrivain(s): Martin Suter Edition: Christian Bourgois

Allmen et les libellules, Martin Suter

Un gentleman collectionneur désargenté, un majordome guatémaltèque mystérieux, une héritière déjantée et sexy, des coupes art déco très précieuses, de l’élégance, de la séduction, des rebondissements cocasses, quelques méchants très méchants, un soupçon de roman noir, voilà les ingrédients du dernier Martin Suter, premier d’une série policière consacrée au personnage éponyme, Johann Friedrich von Allmen ; tout un programme.

Les ficelles ne sont pas nouvelles, mais elles fonctionnent. Les talents d’enquêteur d’Allmen ne valent pas ceux d’un Sherlock Holmes, ni même ceux d’un Rouletabille ; ses compétences en matière de cambriolage feraient probablement sourire Arsène Lupin. Pourtant, Allmen et son acolyte Carlos emportent l’adhésion du lecteur. Car ce personnage de dilettante qui aime « sécher la vie », il faut le reconnaître, nous est immédiatement sympathique. Il occupe sa riche demeure qui ne lui appartient plus, fréquente des endroits surannés et se plonge avec délectation dans ses livres, en « toxicomane de la lecture » pour « échapper à la réalité ». En guise de subsides, il revend les œuvres d’art qu’il avait autrefois dérobées. Jusqu’au jour où un dernier larcin entraîne une série de  désagréments des plus malencontreux l’obligeant à mener sa propre investigation.

« Il tenta de penser à autre chose à l’aide du commissaire Maigret, une recette qui fonctionnait à coup sûr en temps normal. Mais la trame policière de l’histoire lui rappela trop sa propre affaire ».

Carlos, aussi indispensable à son maître qu’Alfred à Batman, gère d’une main experte, le quotidien de notre héros et bien plus encore. Son talent de cireur de chaussures intransigeant et son fameux « Cómo no, Don John » deviendront légendaires.

Martin Suter déploie une écriture charmeuse, qui fait mouche à chaque fois, se plaisant à alterner ironie, humour et légèreté. Tout comme son personnage, il semble avancer dans son intrigue sans y toucher, virevoltant au-dessus de la cohue, mais il sait nous surprendre et faire surgir les aspects sombres de cette Zurich artiste et cossue. On attend avec impatience la suite des aventures de ce nouveau duo insolite de la littérature policière.


Myriam Bendhif-Syllas


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A propos de l'écrivain

Martin Suter

Martin Suter est un écrivain suisse alémanique né le 29 février 1948 à Zurich, d'expression allemande.

 


A propos du rédacteur

Myriam Bendhif-Syllas

 

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Rédactrice

Responsable de la section "littérature jeunesse"

Domaines de prédilection : littérature jeunesse, littérature francophone, documentaires.

Genres : récits, documentaires et albums jeunesse, BD, romans sur l'enfance et l'adolescence, la marginalité.

Maisons d'édition les plus fréquentes : Talents Hauts, Seuil Jeunesse, Sarbacane, Gulfstream, La Boîte à Bulles... Seuil.