Identification

La Une CED

Nécessité de lire la poésie contemporaine ... (4/5)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 17 Décembre 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

Ou de l’importance des sites Internet la faisant exister

 

 

La poésie contemporaine ne présente pas le quotidien tel qu’il peut survenir tout au long de la vie humaine avec ses thèmes invariables mais la jonction profonde entre l’homme et celui-ci (ou plutôt la dénaturation de cette jonction qui est seule jonction possible, autrement dit une anti-jonction qui est seule jonction possiblement exprimée en accord avec une sincérité profonde de l’homme plongé au sein de l’Histoire – de tout homme en somme – et ne se tenant pas dans une posture d’aveuglement), au travers de ses interrogations, de ses inquiétudes, de sa quête angoissée de sens, lesquelles trouvent la forme d’une interrogation constante sur la langue et la forme, la langue et la forme devenant véritablement cette interrogation, son cours, ses méandres, ses frémissements, cette interrogation qui se poursuit inlassablement, cherchant à se figer sous une posture qui lui permettrait d’être dans la vérité d’une apparition : d’une apparition, c’est-à-dire d’un apparaître qui soit constant et structuré.

Du style tardif, Edward Wadie Saïd

Ecrit par Nadia Agsous , le Lundi, 17 Décembre 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

Du style tardif, Edward Wadie Saïd, essai traduit de l’américain par Michelle Viviane Tran Van Khal, éditions Actes Sud, Hors collection, septembre 2012, 320 pages, 25 €

Titre original : On late style, éditeur original Panthéon Books/Random House, Inc., New York, 2006

 

« Je considère le silence comme un aspect du style »

 

C’est vers la fin des années 1980 qu’Edward Wadie Saïd (1935-2003), intellectuel palestinien, théoricien et critique littéraire, s’est intéressé aux œuvres tardives de musiciens et d’écrivains. C’est ainsi qu’il consacra au thème du style tardif une série d’articles. Il donna également quelques conférences dans des universités et anima un séminaire en 1990. Il projetait d’exploiter ces matériaux dans un ouvrage. Cependant, en raison de sa disparition en 2003, le projet demeura inachevé. Quelques années plus tard, il fut confié au critique américain, Richard Poirier, qui supervisa le livre, et à Michael Wood qui orchestra le tout. L’ouvrage posthume fut publié pour la première fois en 2006.

Art de consommer - 17

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 17 Décembre 2012. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

Jeannot sonne à l’interphone. Octave présente Lise à Pierre. Pierre salue Jeannot. Jeannot dit qu’il se charge de faire les présentations. Il y a plein de monde, dis donc. Quelle popularité. Lise interrompt Jeannot pour dire qu’elle trouve l’appart immense. Allez, suivez-moi…

 

Près du vase noir effilé d’une hauteur avoisinant le mètre, placé à gauche de l’écran plat de 94 cm de diamètre, contenant un processeur Aquos Pixel System II contrôlant automatiquement le rétro éclairage en fonction de la luminosité ambiante, il faudra penser à changer les orchidées, Jean-Marc.

Il avait été classé un temps 1/6 au tennis, se contentait maintenant de regarder les matchs sur Euronews en buvant des Bloody Mary du fauteuil Voltaire qui était un cadeau de son oncle à sa mère, et en deuxième instance un cadeau de sa mère pour son emménagement.

Non, ce n’était pas trop chiant à préparer, 4 cl de vodka, 12 cl de jus de tomates, un trait de jus de citrons, 1 cuillère à café de sauce worcestershire (ail, sauce soja, écorce de tamarin, mélasse, citron vert, vinaigre, épices, et autres ingrédients dont il avait oublié le nom), 2 gouttes de tabasco, du sel de céleri, du sel et du poivre, et pour ne pas s’embêter, il multipliait les doses, conservait au frigidaire ce qu’il ne buvait pas dans l’instant.

Nécessité de lire la poésie contemporaine ... (3/5)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 14 Décembre 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

Ou de l’importance des sites Internet la faisant exister

 

Tous les faisceaux de voix extrêmement différentes les unes des autres présentes dans Poezibao, Recours au poème, Sitaudis, Terre à ciel…, convergent vers le quotidien, ou plus exactement s’élaborent en résonnances profondes avec le quotidien, le donnant à voir, à ressentir, et même plus qu’à ressentir. Toutes les écritures poétiques (ou les écritures prosodiques fictionnelles, du reste, quand le travail opéré sur la forme, en ce qui les concerne, confine aux exigences du poème) présentent la substance du quotidien (le sédiment du courant du quotidien, son hypostase, ce terme devant être pris, comme cela a été évoqué en ouverture, dans le sens médical) telle qu’elle est visible lorsqu’elle a été passée au crible de la théorie prenant en charge l’Histoire et le corps comme outils structurels d’analyse concernant la matière brute drainée par le langage (le réel qui n’est jamais tout à fait soluble dans le dire) et l’émotion que l’auteur cherche à (res)susciter dans la tension qui s’élabore entre lui et cette matière par l’utilisation notamment, savante, des images poétiques. En somme telle qu’elle est visible alors que le courant du quotidien a été véritablement asséché.

Jim Harrison, la Terre des hommes

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 13 Décembre 2012. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

Quelle alchimie opaque fabrique le lien secret et indélébile qui se tisse entre un lecteur et l’œuvre d’un écrivain ? Faut-il la chercher dans les espaces de la ressemblance, dans les échos plus ou moins muets qui s’établissent entre les deux êtres qui sont à chaque bout de l’écriture ? Y a-t-il vraiment un statut du « ah imbécile qui crois que je ne suis pas toi ! » de Victor Hugo dans la rencontre parfois vitale d’un lecteur et d’un livre ? Il y a peu je posais la question ici de « qui écrit ? » à propos de Guy De Maupassant. La question consubstantielle en est « Qui lit ? »

 

Il ne faut pas tenter de répondre à cette interrogation troublante. Il n’y en a sûrement pas, ou trop. Peut-être qu’adolescent, j’ai entendu les terreurs et les dégoûts de Baudelaire parce que j’en éprouvais une part. Peut-être que j’ai avalé London parce qu’il portait une part de mes idéaux. Sûrement ai-je mythifié Fante parce qu’il parle, à chaque ligne, de mes douleurs et de mes joies.