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La Une CED

L'arbre aux secrets -7

Ecrit par Ivanne Rialland , le Jeudi, 30 Juin 2011. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis, Chroniques Ecritures Dossiers

Chapitre VIII

 

L’Arbre aux secrets, Chapitre VIII


— Comment as-tu fait, tout à l’heure ?

— Comment fait quoi ?

— Quand tu as transformé tes parents.

— Oh !… Je ne sais pas. C’est comme ça. C’est un don, on va dire.

— Ce n’était pas très réussi. Je n’y ai pas cru une seconde.

Victor eut un rire bref. « Menteuse ! »

Ils marchèrent ensuite en silence jusqu’à la clairière. Il était tard à présent. Il commençait à faire un peu frais. Rose eut un frisson. Elle se sentit tout d’un coup épuisée, et elle avait envie d’être seule. Arrivée à la clairière, elle salua Victor plutôt brusquement et commença à s’éloigner. Victor demanda : « Il faut vraiment que tu rentres ? »

Ma mère

Ecrit par Zoe Tisset , le Samedi, 25 Juin 2011. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis, Chroniques Ecritures Dossiers

Elle a donné la vie en sachant qu’elle niait la sienne.

L’enfant devait reprendre sa vie, là où elle l’avait laissé. Elle était défaillante, boiteuse et faible. Elle avait perdu l’estime de soi quelque part dans le regard cruel des autres qui pointaient sa différence déformante. Elle s’était usée au service des autres, elle avait fait la bonne.

L’homme qui l’aimait avait préféré aller vers plus de normalité et d’indifférence.

L’homme qui l’avait épousé s’était engouffré dans cette faille, jouant alors de son monopole affectif.

Elle était morte de l’intérieur, incapable d’être quelqu’un. Mais la vie s’échappait d’elle à travers ses enfants, elle la leur offrait en sacrifice.

Seulement cet amour était barré, il ne fallait surtout pas l’aimer, elle, qui ne savait pas marcher ni courir, elle qui offrait le triste spectacle de n’être qu’une surface tremblotante et souffreteuse.

L’injonction de grandir contre elle et sans elle était d’une souffrance infinie pour l’enfant et une posture inextricable. La plus merveilleuse, la plus belle, celle dont les bras sont toujours ouverts pour recueillir les peines et les pleurs était frappée d’interdit. Une fatwa était lancée contre elle par elle-même avec notre complicité innocente.

"Souffles" 4 : Premier livre, premier amour

Ecrit par Amin Zaoui , le Dimanche, 19 Juin 2011. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers

Chroniques "Souffles"

 

Dans la vie, on adore les premières choses. On ne les oublie jamais. Les premières expériences sont toujours belles et resteront tatouées sur l'âme. Ancrées dans la mémoire. La première bêtise commise en l'absence des parents : jeter une tête d'allumettes sur un amas de foin. Le premier grand succès : arriver à monter le dos d'âne des voisins qui se termine par une chute et une dent cassée. L'image de la première fille embrassée à la hâte au coucher du soleil, pas loin du seuil de la grande maison parentale. La cousine ! Une fille en bouche et en seins ! Une vraie, pas celle du rêve. La première bière bue en cachette, à l'insu des yeux du frère aîné. Le méchant ! La première peur, celle de la circoncision ! Les ciseaux ! Voir la mer pour la première fois : hallucination ! Le premier bus monté pour un premier voyage vers une ville ogresse. Le premier pipi chaut fait dans le pantalon par peur de sortir la nuit jusqu'au pissoir ! La première cigarette sifflée, plutôt le premier mégot ramassé d'un sol mouillé. Et le premier livre lu. Lu de bout en bout ! Des mots et des phrases qui font une histoire intégrale et géniale! Je me souviens de tout cela, certes, vous aussi ! Ces choses avec leurs détails sont mon miroir, moi ! Je ne suis rien sans ces choses qui vivent à perpétuité en moi. Vous aussi. La première lecture du premier livre fut un miracle pour moi! Je ne savais pas que les livres parlent. Comme nous les êtres humains, ils ont une langue magique. Et ils parlent beaucoup de langues ! Le livre parle pour nous dire cette vie qui resserre dans leurs tripes. Des vies en mots et en encre.

L'insoutenable

Ecrit par Zoe Tisset , le Samedi, 18 Juin 2011. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis, Chroniques Ecritures Dossiers


C’est une bête blessée au regard noir et servile. Elle cherche avec cette lame à transpercer celui qui l’humilie jour après jour. Mais tout cela n’est que minauderie, cirque d’une vie qui tourne autour de deux personnages : elle et lui.

Son courage consiste à ne l’avoir jamais fui, lui, celui qui l’a épousée à la différence de l’autre. L’autre il a écouté ses géniteurs, il n’a pas voulu d’une fille bancale.

Elle ne pensait pas alors qu’elle deviendrait ce lieu d’une souffrance sans odeur, ni couleur. Sa souffrance ne lui appartient pas, elle ne l’explique pas, ne s’y arrête pas.

Elle joue le rythme de cette danse avec lui, danse dangereuse de séduction qui brise le tabou pour devenir violence à deux. Elle vibre à l’intonation de sa voix grinçante, elle frémit à ses gestes qui la bousculent et la compriment.

Elle jouit « de ne plus savoir où elle en est » tellement il l’a déborde. Il provoque sa peur, elle s’enfonce en elle jusqu’à l’extrême. Elle ne sait plus alors qui elle est, où elle se trouve. Son corps est pris de soubresauts.

Carnets d'un fou - X

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 16 Juin 2011. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis, Chroniques Ecritures Dossiers


Michel Host

Le 4 juin 2011


Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité


« C’est si mystérieux la mort d’un petit chien! […] Ce n’est pas une voix qui se tait, c’est un silence vide qui succède au silence d’une perpétuelle présence. »

Julien Green, Journal, 13 oct. 1926


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