Identification

La Une CED

L’œuvre de Marguerite Duras

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 13 Novembre 2013. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

Entrez, entrez encore une fois dans l’œuvre de Marguerite Duras.

Par n’importe quelle porte.

Entrez-y.

Maintenant je vous laisse.

Vous ne voulez pas ?

Alors je vais parler. Non, pas parler : murmurer. Inventorier ce que je touche dans l’œuvre au fur et à mesure que mes mains le touchent. Inventorier comme un enfant compte avant de partir chercher celui qui s’est caché ; comme nous comptons dans la vie avant de vérifier que les êtres que nous aimons sont toujours là, et, quand ils ne sont plus là, avant de les débusquer dans leur silence comme s’ils se tenaient, immobiles et avec leur taille et corpulence d’enfant, derrière un arbre pour jouer ; mais ce n’est pas pour jouer et nous le comprenons tout de suite et ça nous fait peur vraiment peur.

La mère Michel a lu (17)

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 12 Novembre 2013. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

La Mère Michel n’a jamais perdu son chat. Elle le tient attaché, ne le lâche pas de l’œil. Le félin est un livre, il n’a pas d’âge. D’hier, d’aujourd’hui, de toujours, il miaule derrière la porte.

 

L’Esprit des Lettres, recueil d’articles, vol. I (1948-1952), vol. II (1952-1965), Jacques Laurent, Éditions de Fallois, préfaces de Christophe Mercier, respectivement 415 et 390 pp., 22 € chaque volume

 

L’intelligence et le rire du temps de Jacques Laurent

« J’ai l’orgueil de penser qu’une partie de mon œuvre, si notre civilisation dure, passera le cap des décennies et peut-être des siècles. Si j’ai très peu de vanité dans ma vie terrestre – je n’en ai aucune –, j’ai un orgueil non pas pour moi, mais pour mon œuvre. J’aime ce que je fais. Mon œuvre est un ami, auquel je souhaite une vie éternelle », Jacques Laurent, Entretien (vers 1970)

52.dimanche (XXXVI)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 09 Novembre 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

le clair et l’obscur

obscurité, pensée ici comme ce qui disparaît, ce qui est retiré, ce qui n’est pas la partie claire, la partie visible, la densité de la littérature

cela, d’ailleurs, revient à modifier sa propre personne, car c’est en cherchant dans l’épaisseur – donc dans l’obscurité – que l’on trouve quoi dire – et qu’on laisse là sa personne, sa dépouille parfois

donc, le clair, l’apparent, le visible, le su

l’obscur, la profondeur, l’ambiguïté, la peur, l’angoisse

écrire se formule entre ces deux extrémités, car la lumière n’existe pas sans l’ombre, et il faut dire clairement l’ombre pour ce qu’elle est, et taire parfois ce que l’on comprend de la lumière ; d’où cette double nature

Ode à Clovis Trouille

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mercredi, 06 Novembre 2013. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

« J’ai choisi des sujets qui m’impressionnaient, la guillotine, des masques tragiques d’assassins ayant un caractère mystérieux avec ectoplasmes, une femme aux mains érotiques et branlantes comme des dents, venant de poignarder l’hostie sur la planche devant le trou de la guillotine », Clovis Trouille, Quiberon, 13 août 59.

 

I.

Un carnaval érotique

 

L’œuvre de Clovis Trouille (1889-1975) est largement présente dans le grand et beau livre consacré à son sujet, paru chez Actes Sud en 2003 (réédité), préfacé par Jean-Hubert Martin, avec un texte de Bernard Marcadé, et le tout dirigé par Clovis Prévost qui réunit des correspondances, des textes d’écrivains et de penseurs de renom comme Pierre Reverdy, René Crevel ou Ghérasim Luca.

52.dimanche (XXXV)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 26 Octobre 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

la substance

ce beau mot de « substance » me vient d’une lecture d’un traité de peinture du 17ème siècle

on y apprend Cora, la première peintre de l’antiquité, et d’autres figures, et ici ou là, il y a vraiment des merveilles

permettez-moi ainsi de prendre le train de sa dissertation sur la question de la couleur, qui semble, en son livre, être une limite, la limite où aboutit la substance

d’ailleurs, les couleurs me préoccupent beaucoup personnellement

par exemple le sang, cette humeur humide, prend la couleur rouge à l’instant où il quitte la peau et vient éclairer la pâleur de l’épiderme ou sa noirceur, par son éclat purpurin et violent