Identification

La Une CED

Claudine Bohi et Adrienne Arth - À tâtons dans le siècle (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Vendredi, 16 Janvier 2026. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, Arts

Claudine BOHI et Adrienne ARTH - À tâtons dans le siècle - préface de Béatrice Bonhomme, Collection duo, Les Lieux-Dits , 96 pages, 2025, 20 €

 


Un livre d'artiste pas comme les autres, car épais et constamment problématique - qui oppose (et conjoint, comme de force) deux dames décisives dans leur art respectif (la poésie, la photographie). Une sorte de combat entre elles, pour le sens. Combat, parce que si c'est Claudine Bohi la poète qui commente la photographe Adrienne Arth - et pas du tout l'inverse - chacune garde son monde, irréductible, intraductible, indéductible. Chacune reste ici farouchement dans son art : la photographe dans ses clichés, qui, comme toutes les pures images, arrivent d'emblée à leur existence complète, et sont leur propre présence, et, comme spécifiquement les photos, enregistrent le monde, reflètent, qu'elles le veuillent ou non, le sérieux et la consistance préalables des choses et des êtres, vivent de leur contact avec ce qu'elles ont enregistré : la complétude et le contact, donc, voilà exactement ce qui ne peut se trouver dans aucun poème, qui, par principe, a l'inachèvement de la voix et la distance des mots.

Zapp & Zipp, Christian Prigent (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Jeudi, 15 Janvier 2026. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques

Christian Prigent, Zapp & Zipp 2019-2024, POL, 717 pp, 29 €


Oser !

Comment oser écrire une critique et la consacrer au briochin le plus discret et à l’écrivain le moins titré et donc le meilleur d’entre tous ?

Celui dont les titres chez POL prennent une page à l’entrée du livre et deux à la sortie !

Pour ce qui concerne Saint-Brieuc, nous fêterons une prochaine fois les quatre-vingts ans de la parution du Sang noir de Louis Guilloux. Pour l’heure, c’est du contemporain ! Du post-écrit comme il y a la post-modernité et le post-érieur !

Attention, c’est du beau, du grand, de la poésie à la puissance dix et surtout c’est à une longue histoire si proche et si lointaine de la littérature qu’il est rendu hommage. Qui est-on pour oser ?

Pour parler de Zapp & zipp.

Pour s’inviter humblement chez Christian Prigent.

Philip Roth, Romans (1993-2007) en La Pléiade (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mardi, 13 Janvier 2026. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, La Pléiade Gallimard

Philip Roth, Romans (1993-2007), édition publiée sous la direction de Philippe Jaworski, avec la collaboration de Nicolas Cavaillès, Aurélie Guillain et Paule Lévy, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », septembre 2025, L + 1610 pages, 76 €.

En janvier 1988, Philip Roth reçut dans sa chambre d’hôtel new-yorkaise l’appel téléphonique d’un de ses cousins en Israël, lui reprochant à demi-mot de ne pas être venu le voir, alors qu’il se trouvait en ce moment à Jérusalem, comme l’avaient rapporté les médias locaux. À peine remis de sa surprise, le romancier américain répondit à un autre coup de fil, cette fois de son confrère Aharon Appelfeld, lui demandant pourquoi, avant de se rendre en Israël, il était passé par Gdansk et pour quelle raison il avait éprouvé le besoin d’y rencontrer Lech Wałęsa, rencontre dont un journal israélien s’est fait l’écho. Comme il suivait à ce moment de son existence un puissant traitement anti-dépresseur (dont on connaît les redoutables effets secondaires), Philip Roth se demanda s’il n’était pas victime d’hallucinations aussi élaborées que vicieuses (« C’est Zuckerman, me dis-je, espérant follement et bêtement m’en tirer par une pirouette, c’est Kepesh, c’est Tarnopol et Portnoy – ils ne font plus qu’un, ils sont sortis des livres et, pour se moquer, ils se sont incarnés en un fac-similé caricatural de moi-même ») et, depuis son hôtel de New York, il se décida à appeler Philip Roth dans son hôtel à Jérusalem.

Retour au nous végétal, Dominique Sampiero (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 12 Janvier 2026. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, Poésie

Retour au nous végétal, Dominique Sampiero, gravures, Dominique Kermène, éd. de Corlevour, 110p., 2025, 18€

Monde agreste

 

Tout d’abord le recueil, dès son premier acte, nous parle de Dasein ; d’un « être-là » au monde, une habitation de poète dans le monde. Ici, le monde est agreste, campagnard, végétal et villageois. C’est le livre de la coexistence de la poésie et du paysage, lequel n’est pas conçu comme un tableau, mais comme une entité vivante, meuble, qui naît au sein du langage, dans l’intériorité du poète. Cette campagne n’a rien d’extérieur, elle s’arc-boute dans une langue légèrement lyrique, ce qui veut dire qu’elle agrandit le domaine de l’être, lui donne une ouverture plus grande vers l’abîme intérieur.

Les jours de grand froid, le corps rode en pensée dans le labyrinthe pur-argent des longues marches, le dos cassé sous le poids du silence dans l’ici, chair fendue par les courbatures d’une solitude casanière, vertèbres soudées à la pierre de touche de notre amour.

Le Maître caché, par Jean-Michel Mathonière (présentation de Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 07 Janvier 2026. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques

 

 

Jean-Michel Mathonière est un spécialiste des « compagnons passants tailleurs de pierre ». Il fait partie de la société savante avignonnaise l’Académie de Vaucluse. Il est un modeste éditeur, où il publie de petits livres dans sa collection baptisée « Les Carnets de Bourbonnais l’Ami des Arts » (Aux Arts et Sciences réunis : les compagnons et le Trait / À propos du Tarot), et auteur notamment de « Règle des cinq ordres de l’architecture de Vignole », fac-similé de l’édition française de 1632 (Editions Dervy), « Le Tarot des tailleurs de pierre », en collaboration avec Hugues Gartner (Editions Guy Trédaniel). Nous reprenons un texte publié dans le numéro 227 du Magazine Littéraire (février 1986).

Il nous explique l’histoire de ce texte.