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Seule la mer s’en souviendra, Isabelle Autissier (Par Sandrine-Jeanne Ferron)

Ecrit par Jeanne Ferron-Veillard , le Vendredi, 03 Juillet 2026. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques

Seule la mer s’en souviendra/Isabelle Autissier/Livre de Poche

1968. Le Golden Globe Challenge est le défi organisé par le journal le Sunday Times. Une idée de Sir Francis Chichester, un aviateur et un navigateur britannique, né soixante-sept ans plus tôt. Première course à la voile en solitaire et sans escale, au sextant et à la boussole, Robin Knox-Johnston remporte le trophée. Le premier homme à accomplir le tour du monde, le seul des neuf participants à terminer la course en trois-cent-treize jours. Les huit autres concurrents abandonnèrent la course, le monde, la vie.

Donald Crowhurst a trente-cinq ans en 1968. Il est un entrepreneur dynamique et un navigateur passionné, ces adjectifs suffisent-ils, cette course est l’occasion de sauver son entreprise de la faillite et de prouver au monde l’ingéniosité des équipements de navigation qu’il conçoit et commercialise. Il fait construire un trimaran, modèle peu utilisé en course, trop lent et impossible à redresser s’il chavire. Peu importe, il a le concept, l’expérience pas tellement, l’innovation qui fera la différence. Une famille, des amis, des partenaires. Mais il manque de temps, il faut partir le 31 octobre 1968 pour ne pas être disqualifié, tant pis pour ce qui ne sera pas embarqué, il terminera les branchements pendant la course. L’installation. Il faut d’abord y croire.

Ainsi parlait George Sand (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Jeudi, 02 Juillet 2026. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, Anthologie

Ainsi parlait George Sand - Dits et maximes de vie choisis et présentés par Pascale Auraix-Jonchière - Arfuyen, 192 pages, avril 2026, 14€

 

"Tout le monde a droit à la beauté et à la poésie de nos forêts, de celle-là particulièrement (la forêt de Fontainebleau), qui est une des plus belles choses du monde, et la détruire serait dans l'ordre moral une spoliation, un attentat vraiment sauvage à ce droit de propriété intellectuelle qui fait de celui qui n'a rien que la vue des belles choses, l'égal, quelquefois le supérieur de celui qui les possède" (fragment 395)

Quand elle évoque l'écrivain qu'elle est, George Sand place son talent et son style loin derrière son coeur et sa raison : "Le luxe des mots ne me touche pas comme la vérité des sentiments et la netteté des idées" (fr.217). Bref : elle n'écrit pas pour écrire. Alors pour quoi ? Sa réponse est si simple et forte qu'elle s'étonne de la question, et dit : pour rendre compte de la vie naturelle, et en instruire directement et incessamment notre liberté d'esprit, car :

"Toutes les fois qu'un cerveau humain sera le miroir de la nature, il n'y a pas de danger qu'il s'en acquitte comme une machine" (fr.223).

II. Lecture de sonnets issus du recueil intitulé Sonnets du petit pays entraîné vers le nord de Jean-Charles Vegliante, par Valérie Bravaccio

Ecrit par Valérie T. Bravaccio , le Mercredi, 01 Juillet 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Poésie

Sonnets du petit pays entraîné vers le nord de Jean-Charles Vegliante

Nous avons vu dans la première partie de l’article que le pouvoir de résurrection en langue française de la mémoire textuelle et auctoriale du père de la langue italienne, Dante Alighieri, ne résidait pas dans une intertextualité « classique » ou « traditionnelle » qui consiste à citer (et inévitablement à parodier).

Le rôle de la traduction est néanmoins très important pour la circulation des œuvres et des pensées. Nous savons que Dante Alighieri, Pétrarque et Boccace, c’est-à-dire les trois couronnes de la littérature italienne, ont été traduits en français de nombreuses fois. D’accord, c’est Dante le plus connu, parce qu’il a été traduit de nombreuses fois et par Vegliante en particulier[i]. Pétrarque est très connu lui aussi[ii]. Quant à Boccace, j’avoue qu’il est peut-être un tout petit peu moins connu à sa juste valeur.

Vegliante lui-même traduit de nombreux écrivains italiens en français mais ce n’est pas pour citer ensuite leurs vers dans ses compositions[iii]. Ses compositions renferment une autre sorte de mémoire textuelle, un archi-texte, qui se manifeste, comme nous l’avons vu avec DEORSUM, par la verticalité de l’Enfer de La Comédie de Dante.

I. Lecture de sonnets issus du recueil intitulé Sonnets du petit pays entraîné vers le nord de Jean-Charles Vegliante, par Valérie Bravaccio

Ecrit par Valérie T. Bravaccio , le Mercredi, 01 Juillet 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Poésie

Sonnets du petit pays entraîné vers le nord de Jean-Charles Vegliante,

 

Les Sonnets du petit pays entraîné vers le nord procurent un effet d’étrangeté dans le panorama de la poésie française. Afin de comprendre cet effet d’étrangeté, j’ai remarqué que trois stades de lecture étaient nécessaires. Tout d’abord, la lecture linéaire intrigue beaucoup puisque l’on ne comprend pas toujours le message poétique. Puis, la résurgence de la forme du sonnet étonne car privé de rimes traditionnelles. Enfin, les références (l’intertextualité, voire l’archi-texte) semblent inexistantes.

Mon expérience de lecture de trois d’entre eux, les sonnets intitulés Deorsum, Vacance, Fin de communale vont aider, je l’espère, à faire la lumière sur l’effet d’étrangeté que procure chaque composition de Vegliante.

Albert Camus d'une rive à l'autre, Collectif (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 30 Juin 2026. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques

Albert Camus d'une rive à l'autre, Direction littéraire : Marie-Claude San Juan, Éditions Unicité, 2026

Publié après trois années d'élaboration, Albert Camus d'une rive à l'autre réunit vingt-deux auteurs autour d'une même interrogation : que nous dit encore Camus aujourd'hui ? Plus de soixante ans après sa disparition tragique, sa pensée continue d'éclairer une humanité traversée par les crises identitaires, les conflits de mémoire et les déchirures politiques.

Dans sa préface, Camus : le juste milieu, le milieu juste, Karim Akouche rappelle qu'il existe des êtres dont la présence survit à leur mort. Citant un proverbe de sa terre natale : « Il est des vivants qui sont morts, et des disparus qui vivent plus que jamais », il affirme que Camus appartient à cette seconde catégorie. Ses romans, son théâtre, ses chroniques et ses carnets accompagnent toujours ceux qui cherchent un chemin entre justice et liberté, fidélité à soi et ouverture aux autres.

L'originalité de cet ouvrage tient au regard porté sur Camus par des auteurs aux parcours multiples : universitaires, journalistes, poètes, romanciers ou artistes. Tous entretiennent avec lui une relation intime. Ils ne voient pas seulement le Prix Nobel universellement reconnu, mais un proche, « un grand cousin, un vieux frère », un homme partagé entre deux rives.