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La Une CED

Dominique Preschez, 1954-2021 (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 06 Mai 2021. , dans La Une CED, Les Chroniques

(Dessin/portrait de Jacques Cauda)


Disparition du musicien, compositeur et écrivain Dominique Preschez.

Il avait une première fois traversé la mort, frappé d’une mort clinique en 1992, suivie heureusement d’une résurrection à la vie, à l’écriture, à la musique.

« Les chemins de la nuit ont retrouvé les premiers jours de ta vie, s’il t’a semblé renaître chaque fois différent ; de sorte que s’accomplit alors, le retour à l’origine qui t’a remis à la disposition du Bien… » (Parlando).

Il publie son premier livre en 1979 aux Editions Seghers, un récit, A nouveau, les oiseaux ; puis il y aura des poèmes, des essais, des récits, et un livre d’aphorismes. Un nouveau livre est annoncé pour le mois de septembre chez Sinbad.

Il travaillait ses livres comme l’on s’applique à affûter une partition.

Sa musique était une résurrection, vivante, vivifiante, et d’une grande beauté.

Musicien/écrivain à l’immense culture, il semblait traverser les siècles de partitions et de livres/manuscrits, une oreille tendue comme un arc, une main agile qui battait la mesure, quand il écrivait.

http://dominiquepreschez.com/

Alain Damasio : Quatre romans de SF (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Mercredi, 05 Mai 2021. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, Science-fiction, En Vitrine, Cette semaine

 

La Zone du dehors, Gallimard/Folio, février 2021, 656 pages, 11,50 €

La Horde du Contrevent, Gallimard/Folio, février 2021, 736 pages, 11,50 €

Aucun souvenir assez solide, Gallimard/Folio, février 2021, 400 pages, 8,60 €

Scarlett et Novak, éditions Rageot, mars 2021, 64 pages, 4,99 €

 

À l’occasion de la réédition au format poche du troisième roman d’Alain Damasio, Les Furtifs, la collection Folio propose à nouveau ses deux romans précédents, La Zone du dehors (1999 ; nouvelle version en 2007, celle ici proposée) et La Horde du Contrevent (2004), ainsi que son unique recueil de nouvelles, Aucun souvenir assez solide (2012). Ces rééditions, sous une intéressante maquette typographique unique, qui rappelle certains graphismes des années soixante-dix tout en évoquant la fluidité du style de Damasio, sont une pure incitation à se replonger dans ces livres, envie déjà générée par la lecture des Furtifs, roman extraordinaire mais dont on se rend aisément compte qu’il est le fruit d’un long cheminement, tant philosophique et spirituel que littéraire au sens de la recherche d’un style pour dire.

La Styx Croisières Cie-III Mars 2021 (par Michel Host)

Ecrit par Michel Host , le Mercredi, 05 Mai 2021. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

Ère Vincent Lambert, An III

Humain, citoyen le plus vulnérable, la République française, la médecine, la banque et la magistrature réunies, t’ayant baptisé Légume, te tueront.

 

Ère Samuel Paty. An II

Tu veux expliquer aux enfants la pensée et le dire libres. Alors « La religion » te saisira au cou et te décapitera sur un trottoir. Citoyen libre, sache à quoi t’attendre !

 

À la cime des arbres le vent ne cesse pas

Le feuillage marmonne

À croire qu’un ruisseau coule au-dessus de nous

Philippe Jaccottet, Ivre de livres (mars 2014)

Glose, Juan José Saer (par Cyrille Godefroy)

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mardi, 04 Mai 2021. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, Amérique Latine, Le Tripode

Glose, Juan José Saer, Le Tripode, 2019, trad. espagnol (argentin) Laure Bataillon, 266 pages, 11 €

 

À rebours des gargarismes grandiloquents et récurrents d’enthousiastes critiques ou lecteurs déclarant à qui mieux mieux, comme transcendés par l’extase consubstantielle à une illumination, à une révélation ou à la vision de la sainte vierge, qu’un livre a changé leur vie ou leur façon de voir le monde, et nonobstant la déclaration univoque du préfacier de Glose : « car attention, lecteur ou lectrice, l’objet qui est à présent entre tes mains appartient à cette infime minorité de livres capables, une fois qu’on les a lus, non seulement d’influer sur la suite de notre existence, mais de modifier rétrospectivement ce qu’on pensait avoir vécu avant de les avoir lus. Jusqu’alors, peu de lectures avaient eu sur moi cet effet, et aucune avec cette force », ce roman de l’écrivain argentin Juan José Saer (1937-2005) ne bouleversera guère, comme nul autre du reste, le cours de mon existence dont l’extrême linéarité est le versant visible d’une accumulation sédimentaire constante et quotidienne d’expériences, de sentiments et d’émotions, de passion et d’inertie, à l’instar de « ces affiches qui, aux murs des villes, sous les couches successives de colle et de papier imprimé, forment une espèce de croûte dont on peut à peine feuilleter les bords épais et tourmentés, tout en sachant que sur chacune des strates subsiste, invisible, une image ».

Hormis la joie, Pierre Andreani (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 03 Mai 2021. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, Poésie

Hormis la joie, Pierre Andreani, éd. Sous le Sceau du Tabellion, février 2021, 96 pages, 13 €

 

Fouillement

Mon travail critique a le mérite de me faire ressentir de la joie et bien souvent de la curiosité pour des textes nouveaux qui me parviennent. C’est le cas ici avec ce livre de Pierre Andreani, où la difficulté non pas de trouver une clé dans ce mystère, mais un surcroît d’intensité en découvrant la personne, le poète derrière ses lignes, est devenue au cours de ma lecture justement cette clef-là que je cherchais. Ainsi, je crois avoir compris où la signification rationnelle venait buter, grâce à une expérience de la langue profonde et énigmatique. Cette double compréhension – moi lisant un texte feuilleté par un divorce entre l’épithète et son explication – s’est révélée une gymnastique dans laquelle ce qui est intervallaire a plus de poids que la réalité des sens, que la teneur intellectuelle des définitions et des sèmes.