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La Une CED

Le Corps du Christ (Dé)voilé, déchiré, glorifié, Alberto Fabio Ambrosio (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 11 Mai 2026. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques

Le Corps du Christ (Dé)voilé, déchiré, glorifié, Alberto Fabio Ambrosio, éd. Hermann, 2026, 186 p., 15€


Nudité

Ce petit livre, en volume, consacré à la nudité du Christ en Croix, propose des entrées multiples. Alberto Fabio Ambrosio examine un système théologique, partant du cœur catholique de l’auteur, en abordant plusieurs thèmes contemporains. Du reste il questionne beaucoup et ne ressasse pas d’évidences. Il sonde chaque lecteur personnellement et c’est en palpitant à chaque page que j’ai retrouvé de grandes interrogations et une certaine clairvoyance dans une langue très nette et nullement amphigourique.  Ce Corps du Christ questionne la Croix, se glisse dans le for intérieur du liseur éclairant le croyant, le laissant pénétré de lumière. Car le Christ mort en Croix est le point de non-retour du christianisme. Avec cette mort, Dieu nous découvre sa puissance de consolation, de la passion de son fils - un modèle de vérité et de compassion.

Alberto Fabio Ambrosio utilise très vite dans sa dissertation, la métaphore du corps et du linge. Le corps sacralisé. Le corps vêtu simplement du périzonium. Un corps nu qui parle la langue de la révélation.

Donald & le canon. Quand dire, c’est faire, Saint-Victor-de-Morestel, Éric Fauquet (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mercredi, 29 Avril 2026. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques

Donald & le canon. Quand dire, c’est faire, Saint-Victor-de-Morestel, Éric Fauquet, Les Provinciales, janvier 2026, 64 pages, 12 €

 

Au sujet des élections américaines en général et, en particulier, du premier (2017-2021) et du second mandat (2025-2029) de Donald J. Trump, deux remarques au moins peuvent être formulées. La première est qu’on avait l’impression que ce processus électoral concernait au premier chef la France et que les Français, ou au moins leurs journalistes, eussent pu en influencer le résultat par ce qui aurait ressemblé à de la pensée magique. On peut être sûr qu’à l’époque où la France entretenait un empire colonial, aucun Annamite ni aucun Sénégalais ne s’était à ce point pris goûlument de passion pour les méandres de la vie politique métropolitaine. La France, en cela comme en d’autres aspects, est devenue une colonie mentale, un dominion des États-Unis, et rien ne l’illustre mieux que cette situation grotesque où les journalistes donnaient l’impression que la campagne électorale américaine se déroulait en France. La seconde remarque est que, alors que de toute manière le gouvernement américain, qu’il soit républicain ou démocrate, ne se souciera que de son propre pays et nullement de cette

D’après Mathieu Terence, dans La littérature d’ameublement (par Laurent LD Bonnet)

Ecrit par Laurent LD Bonnet , le Mardi, 28 Avril 2026. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques

La littérature d’ameublement (Éditions du cerf, 2026, 94 pages).


La fable du bâton de poisson et de L’Esprit Fulgurant.


En total accord avec Mathieu Terence, que je lis avec un certain trouble, parce qu’il me rappelle le personnage du roman le dernier Ulysse (“Ô Mauvalant sort de ce corps !”) Tous deux tiraillés entre les paradigmes contradictoires de l’écriture : le succès et le don.

Terence vient à point jalonner, en l’actualisant, le chemin pamphlétaire fondé par Gracq en 1950 (La littérature à l’estomac), puis densément pérennisé par Jourde en 2002 (La littérature sans estomac). Cinquante ans entre ces deux-là… Vingt-cinq pour que le texte de Terence fasse date… Ne doutons pas d’un brillant essai avant 2030, dont le titre serait La littérature du collapse.

Verres progressifs (par Sandrine-Jeanne Ferron)

Ecrit par Jeanne Ferron-Veillard , le Mardi, 28 Avril 2026. , dans La Une CED, Ecriture, Nouvelles

 

J’ai dû faire refaire mes lunettes.

Un problème de vue qui baisse, c’est moi qui décline. Lire en réduisant ou augmentant l’espace entre l’objet et mon visage, c’est éprouvant, c’est embarrassant en public. Trop longs ou trop courts, comment savoir, mes deux yeux focalisent la lumière avant ou après, jamais tamisée directement sur la rétine. De loin, de près, sur les côtés. Je vois de moins en moins net. Cent-soixante-quinze dollars sans les taxes pour une nouvelle prescription. Nouvelle paire de lunettes et aux États-Unis, ça coûte un bras.

Choisir ladite monture, je prends toujours celle en noir, quitte à porter des lunettes, autant que ça se voit. Deux semaines de délai. Et la déception à la réception. Comme lorsque tu sors de chez le coiffeur. Mes précédentes lunettes me garantissaient, à défaut d’une correction adaptée, la pénombre. Des verres légèrement ambrés en intérieur comme en extérieur. C’est terminé. Le flou. Désormais le verre sera clair inside, foncé outside, pas d’entre-deux. Je vois mieux, c’est merveilleux, les autres aussi, ils voient mes cernes. Le violet comme couleur.

Coups de griffes 30 (par Alain Faurieux)

Ecrit par Alain Faurieux , le Lundi, 27 Avril 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Corps à cœur, l'intégrale. Jessie Auryann. Auto-édition 2025. Indisponible.

Addition de 2 volumes (2023 et 2024), qualifié d’intégrale. Pourquoi l’avoir ouvert ? Début 2026 le buzz s'en est saisit. Amazon l’a retiré de son catalogue, une ministre l’a qualifié (sur lecture d’extraits) d’apologie de la pédophilie, un député LFI l’a appuyée, des pétitions l’ont dénoncé, des voix se sont élevées pour défendre la Dark romance, comme si un ouvrage définissait un genre, et inversement. Bref, il y a eu du bruit. Alors que vais-je en dire ? Visiblement bien mieux écrit que …Sarah Rivens par exemple. Les personnages sont différenciés, de vrais décors sont plantés, l’écriture maîtrisée, lexicalement riche et moins passe-partout que le menu habituel...Et je n’ai pas lu jusqu’au bout. Le premier volume est simplement pornographique, version maso hard. Très graphique, avec (on est tenté de dire bien sûr) un personnage central féminin humiliée, battue, torturée, mais manipulatrice et meurtrière, ce n’est pas illégal d’en faire un roman. Hypocritement et avec grande facilité de l’auteure il existe une “explication” psychologique-presque une justification- à sa noirceur. Nous pouvons donc apprécier sans remords avilissement et emprise.