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La Une CED

Journal liberté Alger - La liberté pour « Liberté » - Cette chronique sera-t-elle la dernière ? (par Amin Zaoui)

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 12 Avril 2022. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

1/ Je suis triste ! Révolté.

Le pays va mal ! Moi aussi.

2/ En avril 2009, j’ai publié ma chronique Souffles dans les colonnes du quotidien Liberté. Avril 2022, treize ans plus tard, jour pour jour, le journal Liberté est mis à mort ! L’Algérie sans doute aussi !

3/ Les souffles de liberté sont étouffés.

Treize ans durant, j’ai reçu des milliers de messages de la part de lectrices et de lecteurs, celles et ceux qui partagent mes idées, celles et ceux qui adhèrent à ma vision du monde, et celles et ceux qui ne les partagent pas. Mais dans les deux cas, c’était une belle aventure !

4/ Aujourd’hui, le journal Liberté est mis à mort ! Ce n’est pas le journal Liberté qui est assassiné, mais c’est la liberté qui est menacée, écrasée. La liberté est l’âme de toute nation qui rêve d’un avenir radieux.

Le vide notre demeure, Brigitte Gyr (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 11 Avril 2022. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, Poésie

Le vide notre demeure, Brigitte Gyr, éditions La Rumeur libre, 2017, 77 pages, 15 €

Un éclairage sur la maison d’éditions La Rumeur libre

 

Signes

Les signes ne pullulent pas dans ce petit recueil. Au contraire ils sont rares et denses, comme le vide en général qui procure un effet d’absorption, de dilatation, comme dirait Michaux, une espèce d’être à envahir. Signes humbles qui ouvrent l’huis de l’intériorité. Ils signalent le vide physique dans lequel se débat la parole poétique. Ils sont en relation avec la maison du néant chère à Heidegger.

La poésie de Brigitte Gyr agit en désignant ce qui manque. En pointant du doigt les bords de la nuit, du jour, des passages, des retenues. On oscille donc très bien dans certains travaux plastiques de Christian Boltanski, où sans doute la lutte la plus âpre reste celle de la mémoire, de la mort qu’il est impossible d’assumer. Et que cela soit une accumulation de paletots ou de drap dans les combles d’un château, le signe ne peut se produire que comme souffle intérieur, voix, nomination des morts.

Hastings, 14 Octobre 1066, Pierre Bouet (par Vincent Robin)

Ecrit par Vincent Robin , le Jeudi, 07 Avril 2022. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, Histoire

Hastings, 14 Octobre 1066, Pierre Bouet, Tallandier Texto, mars 2021, 190 pages, 8,50 €

 

La mémoire du passé conserve parfois avec résonnance ces évènements survenus dans l’Histoire de manière plutôt inopinée, dont l’incidence ne se vit toutefois pas rétrospectivement réduite à de simples bouleversements conjoncturels ou temporaires. Généralement conduites dans la durée, rarement les plus marquantes conquêtes territoriales tentées à travers le monde ne furent autrefois résolues au terme d’une seule journée. Avec sa portée institutionnelle au long court et son influence culturelle non moins durable sur l’Angleterre du cœur moyenâgeux, la bataille dite « d’Hastings » en l’an 1066 compta de la sorte parmi ces inflexions imposées à tout un peuple en moins de vingt-quatre heures. Aujourd’hui fort jaloux de la marque universelle de leur prospérité économique et culturelle, assise sur une monarchie longuement préservée au fil des siècles, nos voisins Britanniques oublient ainsi, quelquefois sournoisement, qu’ils furent eux aussi occasionnellement secoués par un sort subit qu’ils n’avaient pas choisi. En outre restent-ils le plus souvent convaincus que la barrière insulaire s’inscrivit dans le temps comme un allié naturel qui les protégea virtuellement de toute invasion.

Il n’y a pas de grand remplacement, Hervé Le Bras (par Martine L. Petauton)

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 06 Avril 2022. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, Essais, Grasset

Il n’y a pas de grand remplacement, Hervé Le Bras, Grasset (essai), mars 2022, 128 pages, 14 €


Hervé Le Bras est un de nos plus notables démographes, un des plus doués, qui plus est, pour expliquer sa science à tout un chacun dans articles et autres médias, la mettre à notre portée, ce qui honore l’enseignant qu’il est. C’est la même démarche – fondamentale – qui semble avoir motivé cet opus où tout est dit, expliqué, démonté, puis reconstruit, pour aboutir à ce petit moteur démocratique qui marche tout ce qu’il y a de mieux.

« Ce ne sont pas les migrations qui mènent au “grand remplacement”, mais ce dernier qui permet aux politiques de propulser la question migratoire sur le devant de la scène… en un édifice fantasmatique ». Constat de départ.

Ainsi parle le mur, Pascal Commère (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 05 Avril 2022. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, Poésie

Ainsi parle le mur, Pascal Commère, éditions Le temps qu’il fait, février 2022, 216 pages, 22 €


Le nouveau livre du poète Pascal Commère qui nous offre ici un roman publié aux éditions Le temps qu’il fait, est à lui seul un mur porteur. Il supporte en effet la charpente d’une œuvre déjà remarquable, comme la structure/texture de planchers solides et typiques à savoir le socle d’une bibliothèque vivante enracinée solidement dans notre paysage littéraire. Pascal Commère est un écrivain de la terre (davantage qu’un auteur du terroir) et Ainsi parle le mur porte les saveurs de cette expérience et ce caractère marqués, à l’instar de ces mains du narrateur lorsqu’enfant une voix sèche l’accueillait au retour de ses échappées buissonnières en lui reprochant de rentrer les mains pleines de terre : « Qu’est-ce que tu peux bien faire pour avoir des mains de la sorte ? ». Reproche réitéré (« Et ça recommençait »), jusqu’à ce que le jeune garçon en ait honte :