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La Une CED

Entretien avec Khaled Al Khamissi à propos de son livre L'Arche de Noé

Ecrit par Nadia Agsous , le Samedi, 01 Décembre 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Entretiens

 

L’Arche de Noé, Khaled Al Khamissi, traduit de l’arabe (Egypte) par Soheir Fahmi, Sarah Siligaris, Editions Actes Sud, Collection Mondes arabes, octobre 2012, 400 pages, 22 €

Titre original Safinat Nouh, Dar El Shourouq, Le Caire

 

Entretien avec Khaled Al Khamissi, par Nadia Agsous

 

« Une Egypte plus humaine, plus juste et pourquoi pas gouvernée par une femme… »

Après Taxi, l’auteur égyptien, Khaled Al Khamissi, publie aux éditions Actes Sud L’Arche de Noé, roman qui raconte l’histoire d’un Rêve collectif qui s’écroule. Ce récit qui prend l’allure d’un conte met à nu les déceptions et la désillusion de tout un peuple qui cherche à embarquer sur l’Arche de Noé, ce lieu de sauvetage qui les mènera vers un ailleurs qu’ils/elles s’imaginent plus cléments.

Le 21 août 1944

Ecrit par Marie du Crest , le Vendredi, 30 Novembre 2012. , dans La Une CED, Ecriture

 

Un photographe a dans son viseur le visage d’une vieille dame allemande aux cheveux blancs, très fins, aux yeux ardents. La photo en noir et blanc date de 1991. Je regarde la vieille dame, Inge Müller, en train de tenir dans ses mains maigres et déformées de vieilles photos, celles de sa vie.

L’été, il fait parfois très chaud à Berlin, capitale de la Grande Allemagne. Mais cette ville devient comme une station balnéaire avec ses plages et ses Strandkörbe qui sont de jolies cabanes d’osier, à l’intérieur si intime pour se cacher un peu du monde si gai qui court vers le lac aux eaux fraîches. Le dimanche, 21 août 1944, Berlin étouffe ses habitants. Une photo sans photographe, plus mystérieuse, met en scène deux jeunes femmes, presque deux adolescentes qui, après une course en vélo, ont rejoint la Havelchaussee, du côté de la Grande-Fenêtre, pour croire aux vacances, à la douce liberté dominicale. Exposer son corps au soleil, sentir sa légèreté dans l’eau quand toute l’Europe se meurt dans la guerre, n’est-ce pas nécessaire ?

Nécessité de lire la poésie contemporaine ... (1/5)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 28 Novembre 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

ou De l’importance des sites Internet la faisant exister

 

 

La poésie contemporaine est l’hypostase du quotidien. Hypostase doit être pris ici dans le sens médical de « sédiment » contenu « dans un liquide organique », le courant du quotidien se confondant avec celui héraclitéen d’un liquide, mais au-dedans (devenant par là même « organique »), le quotidien étant le cours du temps et de l’espace (liquide impétueux) qui emporte l’homme plus ou moins loin au-dedans de lui (le mettant face à un soi tout à la fois nouveau et permanent dans le même mouvement, dans un mouvement qui est mouvement constant sans direction), le faisant résonner avec des parties de lui jusqu’ici entrevues seulement, mettant en présence des fragments jamais mis en présence, épousant des recoins qui pouvaient supposément ne pas exister, sans qu’il ait forcément à faire, du reste, le moindre mouvement. Ou peu s’en faut. Le quotidien n’est pas ce qui survient. Le quotidien est uniquement la façon qu’a le dedans d’accueillir.

C'est chiant Verlaine !

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mercredi, 28 Novembre 2012. , dans La Une CED, Ecriture

« Dans l'interminable

Ennui de la plaine

La neige incertaine

Luit comme du sable.


Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune.

On croirait voir vivre

Et mourir la lune... »


- C’est chiant Verlaine…

Art de consommer - 14

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 26 Novembre 2012. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

Alphonse est à son bureau. Les enfants dorment depuis une heure. Il a fallu batailler avec eux pour qu’ils aillent se coucher. Un peu plus encore que les autres soirs comme ils n’ont pas école demain. Ils ne comprennent pas pourquoi ils n’ont pas le droit de se coucher à onze heures, puisque Lucas, Solange, Brandon et même Dylan se couchent à onze heures. Voire encore plus tard.

- C’est comme ça. Il n’y a pas à discuter. Il faudra vous y habituer.

- Oh, c’est nul.

C’est le moment de la journée qu’il préfère. Celui où il reprend possession pleinement de lui-même, grâce aux bienfaits du silence. Il a prévenu son épouse, qu’il la rejoindrait un peu plus tard.

Tout à l’heure. Là, il avait du travail. Oui, il travaillait trop, mais c’était ce qui les faisait vivre. Elle s’était relevée pour l’embrasser. Relevée à moitié. Il s’était penché vers elle. Il avait posé ses lèvres sur les siennes.

- Dors.