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La Une CED

Léon Bloy : Exégèse des lieux communs (2/3)

, le Lundi, 11 Février 2013. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

À ce point, on peut se demander quel est le sens d’une exégèse des lieux communs puisque, réducteurs par essence, ils résistent au symbole comme à l’allégorie et ne délivrent tous qu’un même simpliste message.

En fait, l’exégèse des lieux communs doit mettre à jour non un sens second implicitement compris dans l’expression, mais bien le Sens en tant qu’occulté par le ressassement. Ce que cette vulgate donne à voir dans son inanité même, c’est l’Autre en tant que perpétuellement bafoué, comme dans « un sombre miroir plein de la Face renversée de ce même Dieu quand il se penche sur les eaux où gît la mort ». Si bien que c’est dans l’insignifiance, la bassesse et l’ordure qu’il faut à ce moment de corruption de la parole chercher quelque révélation. Si l’on pose comme Bloy que les hommes parlent la langue que Dieu a parlée, quelque chose du Verbe même infiniment assourdi doit s’y faire entendre, fût-ce sous la forme de ce qui fait défaut. La vérité déniée dans ces propos fait nécessairement retour comme une sorte de symptôme que l’exégèse se donne comme tâche d’interpréter « des mots plus qu’humains [qui] rôdent comme des loups autour de ceux qui en abusèrent. Ils sont dans la nécessité invincible d’exprimer n’importe comment et à quelque prix que ce soit une réalité indiscutable ».

Art de consommer - 24

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 11 Février 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

 

Une autre.

Son livre avait été publié il y a deux ans.

Elle vivait avec un chien, qui l’attendait à la fenêtre quand elle rentrait le soir à 17 heures 55 (elle travaillait à cinquante-quatre kilomètres du lieu où elle habitait ; elle était enseignante en français et latin, l’année prochaine enseignerait aussi l’histoire – ayant accepté la proposition de trivalence qui lui avait été faite par le principal en début d’année), posant ses deux pattes de devant sur le rebord, derrière ses rideaux à frange.

Elle avait acheté l’intégrale de la série Lost qui s’empilait à droite de son petit téléviseur. Elle attendait de s’installer avec quelqu’un avant d’investir dans du matériel, de remplacer ses « vieux trucs ».

52.dimanche (IV)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 09 Février 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

ce dimanche 22 janvier 2012

 

une petite lettre aujourd’hui

écrire vers l’absent

en vérité c’est difficile d’expliquer comment on se projette ailleurs, depuis la page

il faudrait tenter de dire que c’est une façon de s’échapper, se soustraire à soi-même

or, ce message dominical a des allures de correspondance, exactement de là où on écrit à autrui en son absence, où l’autre vient clore la lettre en la faisant exister par sa lecture

Un critique littéraire singulier à l'aurore du XXème siècle : Alfred Jarry (3/3)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 08 Février 2013. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

Cependant, il faut également remarquer que Jarry déforme de nombreux passages des textes chroniqués, par l’hyperbole notamment (42), en remplaçant un rapport de succession par un rapport de cause à effet (43), en modifiant certains noms propres (44) ou termes étrangers (45), en opérant un montage de plusieurs passages distincts qu’il synthétise en une seule formulation (46), ou en allant jusqu’à forcer le sens de tel passage jusqu’au contre-sens (47). Tout cela est-il le fruit de souvenirs de lectures quelque peu distanciés (et l’on sait comme Jarry avait une immense mémoire) ? Cela ne semble pas possible car Jarry, sauf exception, rendait compte des livres qu’il lisait juste après les avoir lus. De plus, il s’y reporte très précisément, pour y puiser, à la virgule près, ses citations (directes ou indirectes), lesquelles sont le plus souvent voisines dans le cours du texte chroniqué. Et même quand Jarry ne déforme pas le propos du livre, il transforme un détail en totalité, ce qui est une autre forme de déformation : il rend compte de certains aspects seulement d’un ouvrage mais sans jamais le spécifier comme si au travers de ces aspects l’on pouvait saisir la totalité de l’ouvrage, développant ainsi la synecdoque comme si elle se confondait avec la synthèse (48) (et c’est du reste l’un de ses grands principes esthétiques). Jarry ne conserve du texte source que des éléments à ce point réduits qu’ils ne font à la limite plus écho aux propos de l’auteur.

Carnets d'un Fou - XX

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 07 Février 2013. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

 

Le 3 février 2013

 

Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité

 

« Ce n’est plus le temps où l’on s’étendait sous un arbre à regarder le ciel entre deux orteils, mais le temps où l’on produit ».

Robert Musil