Identification

La Une CED

"Je suis un homme écrit" - La beauté de vivre de Jean-Paul Dadelsen

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 21 Mai 2013. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

Petite discussion sur La Beauté de vivre de Jean-Paul de Dadelsen

 

Pour tout dire, cette petite étude est écrite sous la dictée morale d’une intention et d’un goût personnels, que ce livre de Jean-Paul Dadelsen est venu raviver et éclairer avec franchise. Car, grâce à la lecture du livre hybride de cet auteur alsacien que certains connaissent, j’ai retrouvé en moi de difficiles interrogations qui méritent peut-être d’être écrites aujourd’hui. Le poète voit le jour en 1913, et ce livre sort en librairie pour la célébration du centenaire de la naissance de l’auteur. Ce n’est pas à proprement parler un recueil de poèmes, ni un livre de correspondances, ni encore un livre de souvenirs, et l’éditeur a choisi un angle d’attaque très original au regard de ce projet de célébration de l’anniversaire du poète, et a réuni des lettres, poèmes et témoignages qui retracent les tout premiers pas littéraires du poète, en regardant ce que celui-ci produisait autour de sa relation affectueuse et tendre avec son oncle Eric. Un poète était en train de naître, et on le voit s’épanouir en ses années de jeunesse, au milieu de cette relation étroite qui de 1929 à 1936 liera les deux hommes, entre Strasbourg et Paris notamment.

52.dimanche (XVII)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 18 Mai 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

le dimanche 22 avril 2012

 

politique/poétique

la position esthétique, qui est aussi un moment éthique, n’est pas indifférente à la cité et à la vie de la cité

disons que la couleur d’une lampe par exemple, pour un poète, est rouge comme le sang, ou jaune soleil, ou vert-de-gris, et cette couleur n’est pas sans conséquence sur l’univers immédiat et les interattractions probables avec le milieu où le poète se trouve

sachant que glisser sur cette couleur, parfois bleue comme celle des républicains en notre révolution de 89, rouge cerise ou blanche comme l’hermine, c’est déjà une poétique, un afflux de significations, que la simple lampe ornée d’un drapeau est tout de suite plus épaisse, et en ce sens politique, dirais-je

De la métaphysique pour reposer du politique

Ecrit par Kamel Daoud , le Vendredi, 17 Mai 2013. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

… Ce qui me bouleverse ce n’est pas ma mort : elle est mienne. Ce qui me chavire, me donne le vertige, me remplit d’extase et abîme ma pensée c’est ma naissance. Ma venue au monde. Comment cet immense vide qui me précède a fini par se concentrer dans l’infinie probabilité du hasard et l’extrême précision de la nécessité, pour m’engendrer moi, mes pensées, mon identité ? Qu’est-ce qui a obligé le vide à se remplir par ma présence. En quoi suis-je une nécessité et comment un être que rien n’attend finit par venir au monde comme une personne que rien ne remplace ?

Ce n’est pas ma tombe qui me fascine, mais le vide auquel je m’adosse. Le grand cosmos qui précède mon prénom est plus inquiétant et plus inexplicable que la pierre tombale qui va seulement essayer d’un peu me retenir.

Ce n’est pas la disparition qui est un drame, mais la naissance. Que je retourne au vide n’est que pente naturelle, mais que je remplace le vide par ma personne voilà le grand mystère, la formidable inquiétude qui devrait tous nous faire tourner la tête vers les commencements et occuper notre réflexion.

Le traître de sa mère !

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 14 Mai 2013. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

Mais par un jour, j’ai constaté que la langue de Yemma n’est pas tout le ciel d’Allah ! Le transistor radio allumé, diffusant le journal d’informations et autres choses obscures ! j’écoutais, et je ne comprenais rien ! Mon frère aîné, le nez dans un livre, m’a poussé vers une autre envie d’évasion. Jeté dans une école, j’ai appris une autre chose. Une autre langue, que ma mère ne comprenait point ! Ne déchiffrait rien. Dans mes cahiers, mes livres, je me sens tout seul ! Sans ma mère ! Je commence une évasion dont ma mère n’est pas l’actrice, ni l’observatrice, ni la contrôleuse ! Malika, elle aussi s’éloigne !

J’avance d’un pas dans la langue des cahiers, la langue arabe classique, pour reculer de deux dans la langue de ma mère. Je perds l’écoute ! Je perds le conte ! Je perds ma mère ! Je perds Malika ! Je lisais les livres dans une langue étrange pour moi et étrangère à ma mère !

La route des épices :

Puis, un jour, un autre jour, le nez dans les Mouallakat (la poésie antéislamique) ou diwan El-Mutanabbi, mon père pointa à ma tête, sur un ton impérial, m’adressa l’expression suivante : arrête cet arabe. Il ne te servira à rien.

Insurrections arabes et impensé démocratique (II), Smaïn Laacher

Ecrit par Nadia Agsous , le Mercredi, 08 Mai 2013. , dans La Une CED, Les Dossiers, Entretiens

 

Suite de l'entretien de Nadia Agsous avec Smaïn Laacher

 

L’Algérie se caractérise par une difficulté de s’unir autour de mots d’ordre nationaux consensuels. A quoi attribuez-vous cet état de fait ?

 

Je pense que ce problème s’enracine très profondément dans l’histoire de l’Algérie. Il suffit d’observer le mouvement nationaliste. Ce dernier a été traversé par des divisions qui ont toujours été meurtrières. Les Algériens sont dans une incapacité absolument complète d’aborder les contradictions et de les résoudre pacifiquement. Il y a une incapacité quasi-congénitale chez les Algériens de s’unifier autour d’une cause nationale. Ceci est également profondément lié au nationalisme et probablement au mode d’enfantement de la nation et du désir de vouloir cette nation : une volonté dominée par la force et la tendance à écraser dans le sang toute parole qui s’évertuerait à proposer le contraire.