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La Une CED

Art de consommer - 40

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 03 Juin 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

Maartje appelle Liesbeth pour lui demander si c’est elle qui a donné son nouveau numéro à Jeannot. Elle ne se montre pas énervée, bien qu’elle le soit au fond d’elle. Elle sait ce qui s’est passé. On ne peut pas être énervé contre quelqu’un à qui il vient d’arriver une chose pareille. On essaie juste d’être le plus naturel possible, de ne pas être trop gentil, trop attentionné, pour que la personne ne pense pas que l’on a pitié d’elle.

 

Elle ne sait pas que Liesbeth n’a pas envie de lui parler, qu’au moment où elle l’appelle elle est en train de recopier le journal intime de sa sœur.

Elle change les « je » en « elle », ajoute des passages qu’elle a lus dans son blog, des mots qu’elle a entendus dans sa bouche.

Elle ne veut pas le jeter sans qu’il en reste une trace.  Elle veut que cette trace ressemble à une fiction.

52.dimanche (XIX)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 01 Juin 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

le dimanche 6 mai 2012

 

je suis gêné de parler de mon engagement littéraire, alors que se joue aujourd’hui le sort politique de différents peuples

mais, je trouve que l’art de l’écrivain doit être capable de tenir devant, ou plutôt sous les ronces, comme j’appelle les affaires du monde

alors cela dit, il me reste à trouver et à réfléchir

hier soir, comme je cherchais quelque chose pour ce matin, j’ai pensé que je pouvais parler du discours lui-même

et puis ce matin, comme jugeant cette corbeille de fruits à dominante jaune cadmium, je me suis dit que cette relation du discours avait son importance

Art de consommer - 39

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 27 Mai 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

- Oui, le père de ma fille est très riche.

Il l’a eue tard. Il voulait un enfant. Ça n’avait pas été évident de faire redémarrer la machine à cinquante ans. Ils avaient dû s’y reprendre à deux fois.

Qu’est-ce qu’on prend cette fois ?

Ils avaient le choix entre des mignonnettes de Rhum vieux Agricole, de Rhum Vieux Clément, de Rhum Agricole Vieux Martinique (Cuvée Spéciale Homère Clément), de Rhum Agricole Blanc, d’Apéritif d’écorce d’orange, d’apéritif à la Châtaigne, d’Apéritif à la figue, d’Apéritif à la framboise, d’Apéritif aux noix, d’Apéritif de Bretagne BZH, d’Apéritif pêche, d’Apéritif aux prunes et aux pruneaux, d’Apéritif de Bretagne à la prêche blanche, d’Hydromel Chouchen, de Martini Bianco, de Martini Rosso, de Pineau des Charentes, de Pommeau de Normandie, de Porto Rozès, de Punch Corsaire, de Tequila Sauza, de Vulcain l’Auvergnat, de Vodka Absolut, de Vodka Wyborowa, de Cognac Bisquit, de Whisky Chivas Regal 12 ans, de punch Corsaire aux Citrons, de crème de cassis, de crème de mûres sauvages, de crème de framboises, de crème liqueur pistache, de crème liqueur saveur biscuit, de grand Marnier cuvée centenaire, de liqueur au caramel, de liqueur d’amande, de liqueur de café Kahlua, de liqueur de cerise, de liqueur de fraise de Plougastel, de liqueur de Génépi, de liqueur Orange Curaçao, de liqueur de melons.

52.dimanche (XVIII)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 25 Mai 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

le dimanche du 29 avril 2012

 

éthique

éthos (dans le sens anthropologique) : caractère commun à un groupe d’individus d’une même société

vous pardonnerez cette citation un peu technique, de ce qui va occuper en partie la lettre d’aujourd’hui, mais cette définition m’est venue ce matin comme pour amorcer ma communication d’aujourd’hui

éthique au principe d’écrire

par exemple dans le livre de 1941 de Jean-Paul Sartre, lequel écrivait son traité de phénoménologie quand la France vivait des heures sombres de son histoire, tout autant que la déambulation américaine de Kerouac, qui s’est arrêtée à mon avis sous l’effet de la reconnaissance publique, et l’assèchement de l’écrivain

"Je suis un homme écrit" - La beauté de vivre de Jean-Paul Dadelsen

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 21 Mai 2013. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

Petite discussion sur La Beauté de vivre de Jean-Paul de Dadelsen

 

Pour tout dire, cette petite étude est écrite sous la dictée morale d’une intention et d’un goût personnels, que ce livre de Jean-Paul Dadelsen est venu raviver et éclairer avec franchise. Car, grâce à la lecture du livre hybride de cet auteur alsacien que certains connaissent, j’ai retrouvé en moi de difficiles interrogations qui méritent peut-être d’être écrites aujourd’hui. Le poète voit le jour en 1913, et ce livre sort en librairie pour la célébration du centenaire de la naissance de l’auteur. Ce n’est pas à proprement parler un recueil de poèmes, ni un livre de correspondances, ni encore un livre de souvenirs, et l’éditeur a choisi un angle d’attaque très original au regard de ce projet de célébration de l’anniversaire du poète, et a réuni des lettres, poèmes et témoignages qui retracent les tout premiers pas littéraires du poète, en regardant ce que celui-ci produisait autour de sa relation affectueuse et tendre avec son oncle Eric. Un poète était en train de naître, et on le voit s’épanouir en ses années de jeunesse, au milieu de cette relation étroite qui de 1929 à 1936 liera les deux hommes, entre Strasbourg et Paris notamment.