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La Une CED

BHL se trompe de guerre !

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 17 Avril 2014. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

BHL me pose un problème essentiel. Philosophiquement essentiel, et donc qui relève de l’essence.

D’abord, je tiens à dire que je suis toujours à deux doigts d’écrire une chronique pour prendre la défense de Bernard-Henri Lévy : le torrent d’attaques ignobles dont il est l’objet régulièrement me soulève le cœur. « Libération » a dû clore les « réactions » de lecteurs tant les vannes de l’injure et de l’antisémitisme étaient largement ouvertes lors de « l’affaire Botul » naguère. Et c’est souvent comme ça dès qu’on parle de BHL. Les attaques ad hominem prennent vite le pas sur l’argumentaire. On a d’ailleurs même plus besoin d’argumentaire, les ricanements suffisent, les allusions aux chemises ouvertes ou à la fortune ou à la compagne etc. La couleur de la haine qu’il suscite est hélas trop souvent du même ton qu’une autre haine millénaire.

Mais bon. Ça n’empêche pas de dire quand le bonhomme perd complètement les pédales. Je parle d’un livre récent qu’il a signé. Je suis courageux de l’avoir lu, c’est un pavé. « Pièces d’identité ». Pour être encore plus précis et honnête, je n’ai lu que la partie (conséquente) intitulée « Le Génie du Judaïsme ». Plus de deux cent cinquante pages tout de même. Avec un titre alléchant, emprunté à Chateaubriand, véritable moment du romantisme français.

La fraîcheur de vivre

Ecrit par Sylvain Gau-Gervais , le Mercredi, 16 Avril 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

 

 

 

 

Mannequin idéal des idées romantiques,

Te voilà devant moi, qui mourais de n’avoir…

Te voilà fin bibelot à vertugadin ;

« Viens à moi ! » : tu viens, comme jamais tu m’aimes (sic !),

Tu ravis à mes yeux le sibyllin grimoire.

Un Batman dans ta tête de David Léon

Ecrit par Marie du Crest , le Vendredi, 11 Avril 2014. , dans La Une CED, Les Dossiers, Documents

 

La baignoire de Matthieu

Onzième

 

A Hélène Soulié

 

Il est entré, côté jardin, je l’ai vu passer près de moi, inconnu encore. Il est jeune homme en short, en tee-shirt et il marche pieds-nus comme s’il allait vers une plage du nord. Tout est noir comme chaque fois au théâtre mais une flaque sur le plateau s’anime des reflets rouges et jaunes d’un soleil, d’une lumière de projecteur. Hélène Soulié a fermé la porte de la salle.

Trois poèmes tirés de PÉRIPLE (suite de sept)

Ecrit par Clément G. Second , le Mardi, 08 Avril 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

 

 

1

 

Corps de poème au mauvais sang qui vire à l’encre

La mer partout la mer érodant à l’extrême

Sauf les yeux diamantins assidus aux percées

La brèche ici ailleurs déjà envisagée

Que l’attardé d’un front acquis aux déferlantes

Faisant place à celui ou cela qui s’en vient

Devienne en se défiant de trop pesants mélanges

Pour Farid Bessayeh

Ecrit par Kamel Daoud , le Lundi, 07 Avril 2014. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

« Je n’aime pas rendre hommage, me dit-il. C’est comme enterrer deux fois quelqu’un. Mais je ne sais pas que dire. Il était l’un des rares enseignants qui m’offrait la littérature en spectacle et donnait au mot l’émotion que l’université tuait en moi. Il aimait Julien Gracq, Ernest Jünger et d’autres qui avaient fait de l’attente un spectacle de la condition humaine et j’aimais cette vision qui n’était passivité mais défi. L’homme est-il au-delà ou en deçà de l’image que je me faisais de lui ? Je ne sais pas. Certains le trouvaient ridicule et d’autres un peu excessif ». Puis il se tut.

J’étais à côté, je ne disais rien, moi aussi. Le deuil des autres est une gêne.

Il y avait du vent sur la ville mais le ciel était si bleu qu’on se disait qu’il était vivant finalement. Tendu par le souffle retenu vers une sorte d’incandescence.

Il répétait « l’enfance est l’âge d’or des questions. Et c’est de réponses qu’on meurt ». Ce n’était pas de lui. Mais dans ma tête, il était l’auteur de cette sentence dramatique. Bon. « Que dire d’autre ? », m’interrogea-t-il.