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La Une CED

La chair du théâtre - Mettre en scène Perplexe de Marius von Mayenburg

Ecrit par Marie du Crest , le Samedi, 06 Avril 2013. , dans La Une CED, Les Dossiers

 

Peu de gens en vérité lisent du théâtre, cette lecture semble réservée à des pratiques scolaires puis universitaires. Musset a écrit, un peu par dépit, des pièces « dans un fauteuil », destinées selon lui à la lecture. La postérité lui donna tort. Le théâtre est texte et chair. Et c’est justement cette confrontation intellectuelle et sensible qui fait sa grandeur, son essence. Le théâtre contemporain pose souvent de manière aigüe le passage de l’un à l’autre. Que pourra être l’incarnation de ce texte sur un plateau ? Comment jouer ça ?

Perplexe est une œuvre dont la réalisation scénique est affaire de théâtre. Les personnages sont des comédiens en devenir. La pièce a été d’abord créée en Allemagne par l’auteur. Il s’appuyait sur un principe particulier, à savoir celui de donner aux personnages les noms véritables de ses comédiens : Eva, Judith, Robert et Sebastian. Les prénoms du réel et de la fiction théâtrale se superposent. G. Chavassieux, lors de la création française, reprend ce système. Jeanne et François ; Antoine et Sophie, sont bien les membres du collectif ILDI ! ELDI. Toutefois la traduction apporte quelque chose de différent à la version originale, un éloignement de la germanité avec ces prénoms français.

52.dimanche (XII)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 06 Avril 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

dimanche 18 mars 2012

 

épaisseur et transparence

1. opacité

oui, car écrire, en un sens, manque toujours son but, par son métier même qui est de faire valoir le réel

elle épaissit, par exemple, le moment de silence devant la fenêtre et le soleil de huit heures qui brille faiblement sur la ruelle humide

elle, l’écriture, rend épaisse cette ruelle, tout en la faisant exister, et me permet de déduire la beauté de ce moment, qui n’a de sens que par le destin complexe d’une phrase

Plein écran (2) - La grande bouffe, Marco Ferreri

Ecrit par Sophie Galabru , le Mercredi, 03 Avril 2013. , dans La Une CED, Les Dossiers, Côté écrans

Inscrit au titre de grand classique du cinéma français, ce film de Marco Ferreri séduit d’autant plus qu’il réunit quatre des plus grands acteurs du XXe siècle ; Michel Piccoli – Les choses de la vie, Vincent François Paul et les autres, Milou en mai – Marcello Mastroianni – Huit et demi, La dolce vita, Divorce à l’italienne –, Ugo Tognazzi – La tragédie d’un homme ridicule, La cage aux folles, L’amour à la ville Philippe Noiret – Le vieux fusil, Le juge et l’assassin, La vie et rien d’autre.

Le film n’a pas la prétention des grandes histoires : pas d’action principale, ni d’intrigue, ni de suspens : ces quatre amis se réunissent le temps weekend, ou plus si la jouissance de la mort l’exige, afin de se délecter sans limite de tout ce que la vie peut réserver de meilleur : sexe, amitié, luxe, rencontres impromptues, et surtout grande bouffe. L’idée n’est pas de jouir mais de mourir : s’empiffrer plus que déguster, mourir plus que bien vivre, se séparer plus que se réunir. C’est toute la problématique d’un film qu’on pourrait dire vouloir simplement choquer. Comment la vie dans son excès conduit à la mort ? Comment le trop plein du jouir n’est que l’autre versant du mourir ? Pourquoi vie et mort n’ont pas de frontière ? En quoi la surconsommation contemporaine, capitaliste, occidentale semble accompagner voire porter ce plaisir nihiliste et mortifère ? Ce qui choque n’est-ce pas davantage que le plaisir puisse dissimuler l’envie de mourir ? Que le plaisir ne soit pas la fin mais le moyen d’une fin plus ultime : la mort ?

Art de consommer - 31

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 01 Avril 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

« Il ne faut pas s’intéresser au passé. Et la vie n’accorde aucun temps mort qui nous permettrait de nous retourner sur nous-mêmes. Chaque instant est à lui seul une somme inépuisable de possibilités.

Il faut prendre la mesure de ce tourbillonnement de possibilités au centre duquel on se trouve, à chaque instant. Garder constamment la main tendue vers l’imprévisible. »
Note 69 (feuillet 51) du carnet (D48) de Jeannot Reveiri.

 

Un dimanche en fin d’après-midi.

- Oh, my god. Hello. What is your name ?

- Sabina.

52.dimanche (XI)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 30 Mars 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

le 11 mars 2012

 

le rassemblement, l’uni

pourquoi cette double épithète en en-tête ?

de fait, sans doute, parce que c’est une tâche impérieuse, comme celle d’un soin ou d’une réparation

on rassemble, au sens propre, la bonne famille du langage – quelques mots qui ont parfois le génie de « la table de dissection » d’Isidore Ducasse dit Lautréamont – pour construire une sorte d’arche, de pontil, et jeter là le sens qui prend vie, comme une petite rivière souterraine

rassembler l’idée et le dit de l’idée, sans préférence pour finir, pour une école ou une autre