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La Une CED

Reverdy, l’enchanteur…

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Jeudi, 08 Mai 2014. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

L’image, en poésie, occupe une place primordiale. Surgie de la confrontation d’éléments de la réalité éloignés les uns des autres, elle peut offrir et ouvrir des possibles créatifs, des perspectives de lecture et d’interprétation. Et transcender le regard. Et transcender la vie.

Ce rapprochement de deux mots ou de deux réalités éloignés crée l’image poétique d’où jaillit l’étonnement : choc visuel sur la page, intellectuel aussi et au-delà. A l’origine d’une véritable transmutation, cette image que Pierre Reverdy définit comme « un acte magique » dans cette émotion appelée Poésie, produit comme des miracles lorsqu’elle touche plus particulièrement l’esprit et la sensibilité de notre quotidien. Une fenêtre alors s’ouvre plus largement devant nous, ou un miroir se traverse, avec pour horizon tout un univers d’« appropriation du réel » par le poète et pour le lecteur, bien plus profonde qu’un simple reflet ou qu’une simple représentation. De même, la réalité que le poète exprime s’inscrit et s’écrit au cœur des choses plutôt qu’à leur surface. Le poème donne à voir sous un autre jour notre vie quotidienne, qui s’en trouve du coup grandie ; un cadre se dessine (car il en faut bien un), qui trace un paysage naturellement jailli au fil des mots.

Quatre livres des Éditions Rougerie, 2014

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 07 Mai 2014. , dans La Une CED, Les Dossiers, Documents

 

La Vie atteinte, Jean-François Mathé

Limons (variations), Laurence Breysse-Chanet

Au seuil de la nuit, Olivier Deschizeaux

La vie lointaine, Jean Maison

 

Lorsque je suis entré en possession des quatre derniers livres que publient les éditions Rougerie à Mortemart, je me suis dit que j’allais écrire quelque chose de cardinal. C’est donc avec cette pensée que j’ai organisé ma lecture et que je me suis penché sur les quatre recueils de poésie, appartenant en propre à la poésie contemporaine, domaine qui reste difficile d’accès, mais aisé si peu que l’on prenne l’habitude de se pencher sur cette dimension de la littérature d’aujourd’hui.

Poèmes V - VI & VII

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mercredi, 07 Mai 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

 

 

-V-

 

L’hiver se contracte, tapi

dans le ruissellement glacé des muscles

endormis

 

Foulées atones, marches obscures

autour du feu pelotonné

en chien de fusil

– l’âtre de l’attente veille –

L’intellectuel-berger, en Algérie

Ecrit par Amin Zaoui , le Lundi, 05 Mai 2014. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

Série "Souffles"...

 

« Ici, dans ce nulle part, derrière un troupeau de brebis comme celui-ci, par un jour d’été, mon oncle est venu m’annoncer la bonne nouvelle : Tu as eu ton bac. Et une autre vie a commencé, en ville ».

Ce paragraphe n’est que l’identification de la photo d’un jeune écrivain algérien postée sur un compte Facebook. Souriant et nostalgique, cet intellectuel pose derrière un troupeau de brebis et de moutons et autres belles créatures herbivores. Ce qui m’a frappé dans cette histoire, ce n’est ni la photo ni la nostalgie du lieu ou du troupeau, mais cette avalanche de commentaires venant de la part d’une dizaine d’autres écrivains, universitaires, journalistes et autres intellectuels, qui tous confirment que eux aussi ont vécu la même expérience. Ils sont nés institutionnellement derrière les brebis. Ils sont bergers. Je respecte cette appartenance sociale pastorale. Et j’adore les brebis, et les lieux reculés me fascinent. Mais au-delà de la nostalgie rurale qui peut être justifiée, cette situation de l’intellectuel-berger algérien m’interpelle.

Le chant des oiseaux de Christine Angot

Ecrit par Line Audin , le Vendredi, 02 Mai 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Récits

 

Ce billet m’a été inspiré par les propos de Christine Angot dans l’émission de Laurent Ruquier, On n’est pas couché du 22 mars 2014.


Vers une heure du matin, les yeux déjà passablement ensablés d’images, j’ai zappé machinalement sur la 2. Et là, médusée, j’ai assisté à une présentation des trois mondes, notre ARB revisité par un écrivain. Telle une extraterrestre débarquée sur une planète inconnue dont elle ne comprend ni les codes ni la langue, Christine Angot, que je ne connaissais pas, seule contre deux poseurs imbus de suffisance et de mauvaise foi, se livre à une démonstration en actes de ce que c’est qu’écrire, ce va-et-vient incessant entre la réalité, — celle que je vois mentalement, ma réalité — et la langue, qui me permet de reconstruire cette réalité pour tenter de la faire partager à mon interlocuteur.