Identification

La Une CED

Carnets d'un fou - XV

Ecrit par Michel Host , le Samedi, 18 Février 2012. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

Le 10 février 2012


Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité

__________________________________________________________________

 

"[...] le visage de l'imposteur, de celui qui, pour subsister, cherche à plaire à l'insignifiance."

Martin Melkonian, Le Clairparlant

 

________________________________________

Entretien avec Serge Scotto à propos de "Qui veut égorger Astrid la truie ?"

Ecrit par Nadia Agsous , le Vendredi, 17 Février 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Entretiens

Les mésaventures d’Astrid, la jeune, belle et naïve truie en quête d’émancipation et d’une vie pour soi. Monsieur Girafe, le fonctionnaire qui se retrouve entre les mains de l’ange de la vengeance. Jeanne d’Arc, « la Sainte guerrière, fille aînée de l’Eglise » qui offre aux spectateurs un magnifique numéro de résurrection. Et enfin, l’incroyable histoire du « pleurnicheur » qui devient Aldebert 1er.

Quatre histoires racontées sous un mode satirique, dans un style au langage riche en tournures qui suscitent le rire. Des personnages représentés par des hommes et des animaux décrits dans des situations comiques, drôles, insolites, incroyables, embarrassantes, déconcertantes. Un univers et des actions tournés en dérision.

Cette représentation satirique d’un monde mis à nu subtilement par Serge Scotto à travers son recueil de nouvelles, Qui veut égorger Astrid la truie, publié aux éditions du Littéraire, n’a pas de visée moralisatrice. Bien au contraire, elle doit être appréhendée comme une série de farces dont l’objectif est de procurer du plaisir et d’attirer la complicité des lecteurs/trices dans le but de les inciter à se questionner sur le monde dans lequel ils/elles vivent.

A travers l’entretien qui suit, Serge Scotto, l’auteur et l’illustrateur de Qui veut égorger Astrid la truienous propose de nous immerger dans l’univers parfois déluré voire pléthorique de ces quatre histoires qui captent notre attention, suscitent notre sympathie et éveillent nos consciences :

Entretien avec Pierre Vinclair (2). l'animal danse

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 14 Février 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Entretiens

Entretien avec Pierre Vinclair, à l’occasion de la parution de Kojiki (avec Yukako Matsui) au corridor bleu (240 p., 22 €), seconde partie


Matthieu Gosztola : Le « chamanisme pop » est une formule qui me semble correspondre particulièrement à ton travail poétique.


Pierre Vinclair : Oui, j’ai un côté Beach boys ! Plus sérieusement, je travaille en effet beaucoup le rythme, j’essaie de trouver dans les phrases des ritournelles d’où s’échappent les figures dont je parlais tout à l’heure – je cherche la transmission narcotique du sens. Musique pop : les « refrains niais » et les « rythmes naïfs » qu’a redécouvert Rimbaud, et qu’on retrouve au fond dans toutes les « poésies premières ». Mais aussi Pop art : de l’ironie, une forme de déconstruction critique de la « société de consommation du sens ». Enfin, en laissant cette fois à « pop » son sens de « populaire », ce qui m’intéresse dans l’épopée, c’est précisément cette articulation entre le sacré et la communauté que peut définir l’expression « chamanisme pop », ou pour le dire autrement, que le sacré soit précisément ce qui soit en partage, et en jeu dans le remaniement perpétuel des versions du même poème, par différents aèdes, en fonction de la communauté à laquelle ils s’adressent.

Entretien avec Pierre Vinclair (1) La ritournelle infinie ?

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 10 Février 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Entretiens



Entretien avec Pierre Vinclair, à l’occasion de la parution de Kojiki (avec Yukako Matsui) au corridor bleu (240 p., 22 €), première partie


Matthieu Gosztola : Tu pratiques la course à pied avec une intensité qui me laisse sans voix (pour la pratiquer moi-même, mais à un bien moindre niveau ; si je cours le marathon, mon temps personnel fait grise mine auprès du tien). Peux-tu nous parler des incidences que peut avoir ce mode d’existence qui n’est plus que pure existence, c’est-à-dire cette façon qu’a le corps dans la course de ne plus exister mais de s’exister si je puis risquer ce terme, sur ta vie, et donc, puisque l’un et l’autre ne sauraient ne pas être intimement mêlés, sur ton écriture ?

Quatre lettres dans une boîte postale scellée (1)

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 07 Février 2012. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

Première lettre


Dès que je pense à la place sociale, culturelle et politique qu’occupent les concepts suivants : diversité, identité, langue et religion, en Algérie et dans le Monde arabe d’aujourd’hui, quelque chose m’effraie. Certes, nous sommes fiers de notre diversité linguistique : nous étions, et nous sommes toujours, bercés dans au moins quatre langues : l’arabe algérien (la langue de ma mère), le berbère (langue des Algériens), l’arabe littéraire (langue d’école,  butin de l’islam) et le français (langue d’usage quotidien et butin de guerre contre le colonialisme). Nous sommes des êtres historiques aux quatre langues ! Et on a un beau soleil. Et une terre qui fait quatre fois la superficie de la France. Le plus grand pays africain. Et on a de bonnes dattes. Et un bon vin. Et on a un grand malaise. Certes, être le fils ou l’arrière-petit-fils littéraire et linguistique de Kateb Yacine (maître de Nedjma), ou de Cheikh Mohand Ou M’hand (Amokran Achchouara prince des poètes kabyles), ou de Moufdi Zakariya (maître de l’hymne national décédé en exil) ou d’Abdallah Ben-Kriyou (seigneur des poètes populaires), c’est un don du ciel et une fierté historique et intellectuelle. Linguistiquement parlant, nous sommes le Peuple élu ! On a tout ce qu’il faut, et un peu plus, on a la langue du lait maternel à la bouche, la langue du paradis dans le cœur et la langue du rêve algérien dans de beaux romans.