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La Une CED

Chien, chaîne

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 13 Mars 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

Quand je jappe au jasmin de ta jupe qui court,

Courte et vive, et que gonfle ta hanche ondulante,

Hallucinante enfant, sais-tu que je m’invente

La douce vie d’un chien qui garderait ta cour ?

 

Quand je lape au jardin le nectar délicieux

Des larmes que ton cil a semées sur la sente

Au pistil de la rose, advient-il que tu sentes

Que de tous tes chagrins tout mon être est anxieux ?

La présence et les machines

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 12 Mars 2013. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

À propos Des Laines qui éclairent de Pascal Commère, Obsidiane et Le temps qu’il fait, 2012, 28 €

 

« Visible dans le mot – invisible »

P. Commère

 

 

Pour la deuxième fois en peu de temps – avec un premier article pour la revue Décharge –, je suis à ma page pour explorer le livre substantiel que Pascal Commère a publié en 2012, et qui représente une partie importante de l’œuvre poétique de l’auteur.

Art de consommer - 28

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 11 Mars 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

Il y avait toutes celles avec qui ça aurait pu se faire, et avec qui ça ne s’était pas fait.

 

Une de celles-ci.

Elle lui avait conseillé, pendant qu’il feuilletait les nouveautés disposées en demi-cercle, de regarder « celui-ci », un roman d’un auteur dont il n’avait jamais entendu parler, le lui avait mis entre les mains, avant de lui tourner le dos et de s’en aller. Il avait observé le roulis des fesses sous la jupe : elle portait un string. Il n’avait pas été très surpris d’être abordé de cette façon par une femme qu’il ne se souvenait pas d’avoir vue avant. Il avait remarqué qu’elle l’avait remarqué. Il avait vu son sourire.

Il se doutait en ouvrant le livre qu’il tomberait sur un petit papier où il pourrait lire son numéro de téléphone et peut-être son prénom.

Le numéro était mal écrit, il avait hésité pour trois des chiffres. Il n’avait pas hésité longtemps. Le papier avait fini sa course dans la poubelle.

52.dimanche (VIII)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 09 Mars 2013. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

ce dimanche 19 février 2012

suspendre

une lettre de Didier Ayres

laissez-moi disserter encore un peu de l’activité d’écrire qui est, à mon sens, un moment spéculaire, une manière de réfléchir sur l’activité alors qu’elle est effective

et même si je suis pris par la belle lumière bleue qui éclate dans la ruelle ce matin, il ne m’est pas impossible de regarder par-devers moi, pour rédiger cette épître

oui, comme si c’était purement absolu

une activité dévolue à se reconnaître elle-même, pour elle-même, accompagnée, ici, d’une part de réel, comme est cette petite lueur matinale de la rue, comme la trace d’un objet physique autour duquel tournent l’esprit, la pensée et l’écriture de la pensée

Nos écrivains ont peur d'écrire leurs autobiographies

Ecrit par Amin Zaoui , le Jeudi, 07 Mars 2013. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

Souffles

 

Pourquoi est-ce que les écrivains algériens, maghrébins et arabes n’ont pas le courage d’écrire leurs autobiographies ? Pourquoi n’osent-ils pas écrire leurs miroirs ? N’osent-ils pas se regarder en face, fouiller dans la mémoire sans la trahir ? Ecrire son autobiographie, une autobiographie digne de cette appellation, exige un risque intellectuel et culturel exceptionnel.

Dans notre culture marquée par le poids du communautaire où l’auto, le moi, le un, l’individu ou l’individuel est banni ou mal-vu, l’écriture de l’autobiographie devient un défi ! Une provocation ! Y-a-t-il parmi ceux qui se prétendent écrivains et producteurs de sens et de la beauté quelqu’un qui a osé commettre un livre à l’image des confessions de Jean-Jacques Rousseau ? Pourquoi est-ce que les maîtres de la littérature maghrébine et arabe n’ont pas écrit leurs autobiographies ? Ni Moufdi Zakariya, ni Mohamed Dib, ni Kateb Yacine, ni Malek Haddad, ni Abdelhamid Benhadouga, ni Mouloud Mammeri, ni Mouloud Feraoun… aucun d’eux ne s’est aventuré dans les chemins labyrinthiques de son autobiographie.