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La Une CED

Le roman battra-t-il le livre religieux ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 24 Octobre 2012. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

Souffles... (In "Liberté")

 

Pourquoi est-ce que le lecteur algérien se réconcilie, de plus en plus, avec le roman ? Un nouveau vent souffle dans le ciel des amies et des amis des lettres.

Appuyé sur les restes de quelques traditions de la classe moyenne, le roman algérien en langue française a un certain lectorat. Ainsi, dans le milieu de ce groupe socioculturel, même modeste, le roman constitue une sorte d’attente littéraire, une curiosité intellectuelle. Mais ce qui est nouveau et remarquable, ces derniers temps, c’est ce bon accueil réservé au roman algérien de langue arabe. Cette lecture arabophone montante d’un côté, s’est vue suivie d’une chute de la lecture du livre religieux propagandiste de l’autre côté. Sociologiquement parlant ce comportement livresque est un phénomène historique. La vérité est dans le roman. La vérité littéraire est philosophique, si vérité y existe. Si la vérité mensongère du roman est libératrice pour l’imaginaire, la vérité historique est proportionnelle et moralisante. Parce que le livre historique proposé à nos lecteurs, dans nos écoles et dans nos universités, n’est que le miroir renvoyant l’image de l’idéologie dominante du système depuis cinquante ans, les Algériens se libèrent dans le roman. Se réfugient, de plus en plus, dans le bon roman.

Art de consommer - 9

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 22 Octobre 2012. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

Elle obtient le premier prix lors d’un concours de beauté. Est remarquée par une agence de mannequins, après avoir tourné un spot de pub pour une marque appartenant au groupe qui finançait, à hauteur de quarante pour cent, le concours de beauté. Quelques défilés plus tard, elle est auditionnée pour jouer un rôle dans une série télé produite par la chaîne qui est affiliée au groupe possédant la marque qu’elle a servi « par le passé » (ça ne fait que quelques mois, mais ça lui semble « si loin, maintenant »). En tout, quinze acteurs sont recherchés pour incarner les personnages de la série. Elle obtient un rôle. Elle doit incarner la sœur du majordome de Madame De Querimel, qui fait sept apparitions au cours de la première saison. Elle apprend que Marnika n’a pas été retenue. Elle apprend aussi qu’elle a été auditionnée deux jours après elle.

Suite à la diffusion de la série, qui survient en prime time dès le cinquième épisode, elle rencontre lors d’un dîner de gala le rédacteur en chef de Playboy, qui lui propose une double page dans le numéro d’août. Elle accepte.

Les propositions de films n’affluent pas encore mais Daniel Craig insiste auprès du réalisateur et du producteur pour qu’elle partage l’affiche avec lui lors du prochain James Bond. Elle prend des cours de théâtre deux semaines avant le début du tournage, à raison de plusieurs heures de cours chaque jour, excepté le dimanche. Le matin du début du tournage, elle se sent prête, bien que légèrement angoissée.

La poésie et les notes d'Antoine Émaz : au plus près (2/2)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 20 Octobre 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

C’est l’une des grandes forces des notes d’Émaz que d’articuler, avec beaucoup de nudité (mais nudité ne veut pas dire absence de pudeur), – en réservant quantité de marges, là où s’avance le dire –, la présence d’un être au monde.

Dans la souffrance de la peur qui tord les boyaux et donne envie de vomir sans qu’il soit possible de le faire comme dans l’atonie paisible d’un regard complètement fixe posé longtemps sur des fleurs qui, elles, ne le sont pas, tressautant légèrement dans le vent.

Dans l’immobilité pensive, parcourue par les traînées nuageuses éparses de la pensée, d’une conscience dans une cuisine, ciel surplombant une nappe.

Si Émaz s’affirme incontestablement comme un auteur majeur de ce siècle naissant, l’un des plus grands poètes, c’est parce qu’il ne triche jamais, ni avec le langage, ni avec lui-même.

L’on est ainsi, en tant que lecteur, face à des livres bruts (mais extraordinairement travaillés, jusque dans leur structure, dans le réseau de tensions qu’ils instaurent en leur sein ; l’un n’exclut pas l’autre) qui questionnent notre rapport au monde, et, en le questionnant, le réinventent.

Sinisgalli ou le poème panthéiste

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 15 Octobre 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

J’ai vu les Muses, Leonardo Sinisgalli, traduit de l’italien par Jean-Yves Masson, Editions Arfuyen, Paris-Orbey, 2007

 

Il est difficile d’écrire à partir de ce très beau livre, traduit de l’italien par Jean-Yves Masson, sans choisir un point de vue, une orientation. Car le poème lui-même, ou plutôt la possibilité du chant poétique, le parcours de la langue du poème – que le traducteur respecte de très près – résistent et, si je peux dire, vont vers la vérité de cette langue, vers la vérité qui se cache, comme le motif dans le tapis, dans l’essence de ce qu’est la parole poétique.

D’autre part, le livre recouvre dix années du travail du poète, de 1931 à 1942, avec une sorte de constance, de lyrisme où, ni l’effet de vers tels que : Le cœur émerveillé/ J’ai interrogé mon cœur émerveillé/ J’ai dit à mon cœur la merveille, qui sont comme une aigrette verbale, un salto, depuis quoi l’effet ne se dilapide pas, ni le mélange habile des affaires des jours et celles de la métaphysique, n’épuisent l’impression de ravissement de l’ouvrage. Il y a, si je puis dire, un peu, voire beaucoup de sens et signification accumulés et qui portent très haut le livre – qui d’ailleurs vont bien à J.-Y. Masson, me semble-t-il, à cause d’un soin identique pour sa propre poésie.

Art de consommer - 8

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 15 Octobre 2012. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE

DE PARIS

CABINET DE

M. KLEIN

Juge d’instruction

N° du Parquet : 09/78868

N° de l’Instruction : 978/00065

Procédure Criminelle


PROCES-VERBAL D’INTERROGATOIRE