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La Une CED

Editorial : Un an déjà !

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 08 Mars 2012. , dans La Une CED, Les Chroniques, Editoriaux


Un an. Aujourd’hui.

Un an que La Cause Littéraire a vu le jour et s’est installée sur le Net. C’est peu. C’est beaucoup : pendant ces quelques mois notre Cause s’est imposée tranquillement, et avec un dynamisme qui étonne tous nos observateurs – en vérité qui nous étonne un peu nous-mêmes ! -  dans le paysage de la critique littéraire. Par sa densité (près de 2000 articles déjà !), la qualité constante de sa production, la richesse et la diversité croissante de son équipe rédactionnelle, la Cause s’est fait une place, naturellement. 80 rédactrices et rédacteurs, dans la plus grande dispersion géographique, dans la plus grande variété de sensibilités, de goûts, de passions, de méthodes d’analyse. Le pari relève de l’acrobatie mais il est gagné, ou en train de l’être. Nous avons tenu promesse : La littérature, les littératures, sans chapelle, sans sectarisme, avec comme seules exigences la liberté des regards, la rigueur des approches, le refus des dogmes, et l’absence de complaisance envers les logorrhées écrites qui nous envahissent – sous le nom de littérature. La littérature n’est pas mondanité même si les mondanités l’ont souvent, plus ou moins, accompagnée !

Ce jour fut-il ...

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 06 Mars 2012. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique


Ipagination est un site original, qui propose des écrits d’auteurs divers – souvent inconnus - s’essayant à la poésie, à la micro-nouvelle, au récit. La Cause Littéraire se propose, de temps en temps, de publier un texte issu de ce site « d’auteurs pour les auteurs » comme ils se décrivent eux-mêmes. Ce sera une des formes de notre contribution à l’éclosion de talents nouveaux. Ce sera aussi le coup de pouce de notre magazine à ce site plein de dynamisme.

Nous publions aujourd’hui le premier texte choisi dans Ipagination


La Rédaction


La mère Michel a lu (8), le captif de Mabrouka d'El Hassane Aït Moh

Ecrit par Michel Host , le Lundi, 05 Mars 2012. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

LE CAPTIF DE MABROUKA, roman, 150 pp., éditions de L’Harmattan, collection Lettres du monde arabe, 2010. 14,50 €.

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De deux nouvelles, la bonne et la moins bonne, les héros des séries policières souvent choisissent de révéler la seconde en premier lieu, réservant la première pour après. Héroïquement, imitons-les.

Il n’est pas bon qu’un éditeur quel qu’il soit «fabrique »  - c’est le terme consacré -  des livres dans lesquels l’inexistant travail de relecture place le lecteur dans de pénibles perplexités : coquilles en nombre suffisant pour être remarquées, orthographe ici ou là aléatoire, modes et aspects des verbes sujets à variations mal explicables et au manque de cohérence… tout cela diminue l’agrément de la lecture, c’est-à-dire sa facilité. Son mouvement naturel vers l’avant en est freiné et tout le monde en pâtit, le lecteur bien entendu, l’auteur qui s’en trouve desservi, l’éditeur enfin dont le sérieux est mis en doute. Pour en finir avec le sujet, ceci : tous ceux qui actuellement traînent leurs guêtres chez les éditeurs savent que le travail très délicat et spécialisé du correcteur d’édition n’est plus qu’exceptionnellement confié à de véritables professionnels, mais la plupart du temps à des stagiaires, à des novices par conséquent, que l’on paye à peine ou pas du tout. C’est d’ailleurs la raison.

Entretiens avec Jean-Paul Michel. Premier entretien (2)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 27 Février 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers, Entretiens

« Les livres sont le pain des vivants et des morts »

Matthieu Gosztola : – Vous écrivez dans Bonté seconde, « Coup de dés » (cahier dirigé par Tristan Hordé, Joseph K., 2002) : « La rencontre a lieu quand elle est devenue inévitable, quand attendre encore serait se dérober ». Pouvez-vous être plus précis ? Quand percevez-vous la nécessité de revenir à ce qui a été écrit, et, avant même cela, d’écrire sur ce qui est advenu ? Est-ce une nécessité intérieure, dont vous pourriez donner ici quelques indices, au travers de la restitution d’anecdotes, de faits ?


JPM : – La nécessité d’écrire touchant ce qui est advenu, l’écriture l’emporte avec soi dans son acte, sous le coup de la commotion qui nous enjoint de « répondre » à l’événement, lequel réclame avec force ce contrepoids de signes. Si je ne me méprends pas, les « circonstances » qui ont appelé un poème sont lisibles, le plus souvent de façon littérale, dans le poème lui-même, toujours aussi le prolongement, la résonnance, la rémanence de l’événement. Tous les registres de l’expérience émotionnelle sont en puissance d’appeler un poème comme cette « réponse » que l’événement réclame, sa contrepartie la plus nécessaire. Que, pour une raison ou une autre, ce poème n’ait pu s’écrire, et le monde en aura été diminué, condamné à être moins, et moins bien, ce qu’il était en puissance d’être.

L'écriture du désert

Ecrit par Zoe Tisset , le Jeudi, 23 Février 2012. , dans La Une CED, Ecriture

C’est elle qui m’apaise lorsque je suis en colère. Triturer les mots, mettre les mains à la pâte, sculpter des figurines qui me ressemblent, m’assemblent et qui jamais ne m’enferment. J’aime ce silence qui irradie alors de mon corps, mots aux frontières incertaines, balbutiements de l’enfant martyrisé, de la femme oubliée et de l’homme disparu. Le temps de l’écriture n’est pas différée, il déplace pour mieux suivre le rythme d’une vie qui est toujours là. Grand éclat de rire, pleurs incertains, la vie se glisse dans l’interstice des volées grammaticales. Les mots sont là, le texte est écrit, mais il n’est jamais achevé. Emprunté de l’autre, des rencontres nouvelles s’offrent à lui. Il n’a pas déshabillé son « auteur » , il ne l’a pas abandonné, il est ailleurs comme chacun est ici.

Circonvolutions, volutes épaisses d’une fumée intérieure qui s’alourdit du souffle des phrases. Densité d’un texte qui se dit en s’échappant. Que reste-t-il alors ? L’effacement d’une béance et l’ordonnance d’une vie continuée. L’écriture n’est pas une chirurgie esthétique, elle ne répare pas, elle creuse et élargit les sillons d’une chair déjà éventrée par la vie. Point de supplice et de sang éparpillé, mais plutôt « une part maudite » déposée dans l’écrin d’une parole. Ecrire, c’est accepter de perdre et d’oublier sans savoir ce qui restera. Travail d’une mémoire déjà entamée par un corps dont les limites rejoignent l’immensité du dire.