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La Une CED

La Garçonnière, Hélène Grémillon

, le Jeudi, 19 Mars 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

J’ai découvert Hélène Grémillon avec ce roman, qui est en fait son second. Comme souvent lorsque je choisis un livre, je tente d’imaginer à travers le titre et la couverture de quoi il peut s’agir. Or, si l’on s’en fie au Robert, une garçonnière est soit une fille aux allures de garçon, soit un petit appartement de célibataire servant de lieu de rendez-vous amoureux.

Je pense donc entrer dans une histoire d’amour, d’autant que la couverture représente une femme dans les bras d’un homme, sans doute dansant le tango. Surprise ! Rien de tout cela ! En réalité, nous sommes face à une enquête policière, loin du polar traditionnel…

En l’espèce, une femme est retrouvée morte, défenestrée. De suite, tous les soupçons se portent sur le mari, Vittorio Puig, psychanalyste de son état. Seulement, si tout l’accuse, une de ses patientes, Eva Maria, ne peut se résigner à l’accepter. Elle va donc mener elle-même l’enquête pour prouver son innocence.

Le Jardin de derrière (16) Où l’Association montre ses crocs et ses muscles

Ecrit par Ivanne Rialland , le Mercredi, 18 Mars 2015. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

Le début du mois de juin avait été brûlant. Georges avait fini de repeindre de frais toute la maison. Il s’était ensuite attaqué à l’aménagement de la grange et depuis quelques jours, son fils disposait d’une sorte de studio insonorisé sur trois côtés, le quatrième ouvert sur le reste de la grange, où s’entasseraient bientôt les vélos auprès des outils et des meubles de jardin. À droite un renfoncement permettait de garer la voiture. Au-dessus, Georges avait renforcé le plancher avec l’aide de Kevin et Julien, et ils avaient monté un vieux canapé et une table basse que Georges avait achetée à l’Association. Les enfants étaient venus deux week-end de suite, Pierre chaque fois chargé de boîtes à œufs pour l’insonorisation, et Hélène avait passé là une semaine, meublant la maison avec un certain enthousiasme. Ils avaient sillonné la ZAC à la recherche de rideaux et d’abat-jour, se sentant, sur ces allées goudronnées, le long de ces murs de tôle peinte, revenus aux premiers temps de leur mariage.

Georges n’avait plus touché au bief, ni rampé dans les souterrains.

Contre les « caricatures » et pas contre Daech ?

Ecrit par Kamel Daoud , le Mardi, 17 Mars 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières, Côté actualité

 

Qui a vu la vidéo du pilote jordanien brûlé vif dans une cage ? Peu. Beaucoup. A peine quelques secondes. Intolérables images. A quelle limite va s’arrêter l’horreur voulue et élaborée de Daech ? Mais l’autre question est : pourquoi tant de gens se mobilisent quand l’Occident est accusé de porter atteinte à l’islam et que l’on ne fait rien contre Daech qui massacre cette religion, son sens, les siens et son sang ?

Pourquoi « je suis Charlie » semble plus choquant pour certains que la vidéo de ce pilote brûlé vif ? Pourquoi on pense que l’Occident menace l’islam et les musulmans plus que ces monstres avec leur drapeau noir et leurs méthodes de barbares ? Pourquoi une caricature semble porter atteinte à l’islam aux yeux de certains et pas un « Savant » pédophile en Arabie Saoudite, un vendeur d’esclaves femmes kurdes chez Daech ou un revendeur d’écolières à 20 dollars au profit de Boko harem ?

On connaît tous la réponse du côté Sud du turban : l’occident est un complexe dans nos âmes et sa haine explique nos replis et masque nos lâchetés. Ce n’est pas l’islam qu’il s’agit de défendre pour beaucoup d’entre nous, mais nos détestations et nos infériorités. Sinon, rien n’explique pourquoi vendre des fillettes par Boko harem provoque moins d’émeutes, de manifestations et d’hystérie que des caricatures ou qu’un pasteur américain fou qui brûle une page du Coran.

Chemin de bois près des cabanes - Trois variations sur une plage

Ecrit par Clément G. Second , le Mardi, 17 Mars 2015. , dans La Une CED, Ecriture, Nouvelles

À Olivier Rouquette, pour sa photo

Chemin de bois près des cabanes

Trois variations sur une plage

Mini-nouvelles de 150 mots

 

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La nuit est tombée sur la plage. C’est le début de l’automne, il fait à peine frais. Le long des cabanes closes le chemin de planches est désert. Il a plu ; la lune qui joue avec les nuages projette ses reflets changeants sur le bois. Une silhouette frêle mais décidée s’approche. Une adolescente. S’étant assurée d’être seule, elle se déchausse et danse sur les planches. Danse on ne sait quoi. Elle danse de tout son corps, de tous ses gestes, de toute sa joie. Elle semble faire offrande du mouvement qui l’anime. La mer un peu plus loin, en ressac au pied des galets, rêve tout bas. La jeune fille danse. Le vent se rapproche, veut l’entourer ; elle s’en dégage. Elle danse. Aux balcons du ciel, des étoiles penchées lui lancent des clignotements. Elle danse encore longtemps, longtemps. À la fin, sa révérence rencontre l’assentiment recueilli du silence.

Polar algérien vous avez dit ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 11 Mars 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

Nous sommes une société où on parle beaucoup et de tout, sans tradition de l’écrit. Pas de trace. Sommes-nous encore dans les temps de l’oralité ? Nous avons toutes les sauces pour en faire le roman noir, mais nous n’avons pas d’écrivains de polar ! Nous vivons dans une société violente. Toutes les violences imaginables et inimaginables ; dans les langues, dans les gesticules, et même sur les traits des visages… font le quotidien des Algériens.

L’Algérien ne sait pas comment sourire !

Nous disposons de beaucoup de policiers, des centaines de milliers, tous genres de policiers, ceux en tenue officielle et ceux qui sont sans tenue officielle !! Tous grades. Toutes appellations possibles, et nous n’avons pas d’écrivains de polar ! Yasmina Khadra, tu me dis, une hirondelle ne fait pas le printemps. Et sa trilogie du commissaire Llob ne couvre pas tout ce paysage absurde.

Nous avons la corruption, tous genres de corruptions, économique, politique scientifique et culturelle. Nous avons des prisons remplies, surchargées. Toutes les couleurs de crimes. Du crime d’honneur jusqu’au crime de religion. Et nous n’avons pas d’écrivains de polar capables de dénicher les abeilles et les mouches, les éléphants et les singes !