Ce roman, au-delà des souffrances subies par ses héroïnes, est un chant de plainte, un lamento universel dédié aux femmes, aux douleurs que l’Histoire et les hommes leur font vivre et à la force inouïe qui les fait survivre et rester debout.
Il faut dire que l’Estonie, le pays de ce roman et (presque) celui de son auteure finlandaise (dont la mère est estonienne), a été longtemps une terre-martyre, occupée par l’URSS qui y a fait régner un régime de terreur dès 1940, avec une parenthèse nazie tout aussi terrible entre 1941 et 1944, et qu’en termes de lieu de douleur on ne peut hélas trouver d’écrin plus propice.
Purge va conjuguer, jusqu’à l’intolérable, les misères de l’Histoire et les misères de la vie de deux femmes qui semblent porter sur elles, à deux générations d’écart, tout ce que le ciel a pu imaginer de pire. Ce roman interroge la collaboration, la jalousie, la honte et la survie dans un pays occupé, en faisant de la mémoire féminine, celle d’Aliid et de Zara, un contre‑récit aux histoires officielles de la guerre.