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La Une Livres

La douceur rouge des étoiles – Laurent Fassin – Peintures de Benoît De Roux (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 19 Février 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Arts, L'Atelier Contemporain

La douceur rouge des étoiles – Laurent Fassin – Peintures de Benoît De Roux – L’Atelier Contemporain – 152 p. – 25 euros – 03/10/25. Edition: L'Atelier Contemporain

 

 

Le gris-bleu par la fenêtre ouverte – l’entend-elle

Le gris-bleu a tourmenté nos voix – les sent-elle

Les moucherons en chiffon aimantent – les hirondelles – les touche-t-elle

Laisse sa langue aux sons (les vois—tu)

Ô vieille demoiselle jusqu’aux étoiles qui luisent nous parlons des silences

chemisiers de dentelles que vous portiez – naguère…

Par la fenêtre ouverte I

Emma et le jardin secret, Beatrice Masini (par François Baillon)

Ecrit par François Baillon , le Jeudi, 19 Février 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Jeunesse

Emma et le jardin secret, Beatrice Masini Traduction de l’italien : Sophie Gallo-Selva Les Petites Moustaches Éditions – Juin 2013 156 pages – 12 €

 

Les enfants ne sont-ils pas les personnes les plus désignées pour percer les mystères, lever les secrets, braver les non-dits ? À l’image de cette enfance intrépide, volontaire et curieuse, Emma souhaite ardemment posséder, et surtout, entrer dans le jardin qui fait partie de son immeuble. Un immeuble somme toute spécial, puisqu’il s’agit d’un « noble petit palais datant de la Renaissance, situé dans une longue rue étroite au sein du centre historique de Milan. » (p. 3) Quant au jardin, seul le concierge, Monsieur Colnaghi, y a accès pour y effectuer ponctuellement un grand nettoyage de printemps. On sait aussi que l’immeuble et le jardin sont la propriété du comte Hercule Ricotti, un personnage-mystère qu’on n’a jamais croisé dans Milan. Contre toute attente, une circonstance exceptionnelle donne l’occasion à Emma de volatiliser la clef très ancienne qui ouvre le portail du jardin. Pourtant, c’est un événement encore plus fortuit et anodin qui lui permettra d’y entrer vraiment, d’y jouer régulièrement, d’y découvrir des arcades anciennes où se promenaient, cinq cents ans plus tôt, de hauts personnages moyenâgeux, ainsi qu’une fontaine asséchée au fond de laquelle est resté un message énigmatique en latin.

Petit traité de la vertu à l’usage de ceux qui ne sont pas sages, Marc Alpozzo (par Marjorie Rafécas Peydomenge)

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Lundi, 16 Février 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais

Petit traité de la vertu à l’usage de ceux qui ne sont pas sages, Marc Alpozzo, Ed. Guy Trédaniel Septembre 2025, 129 pages, 9,90 €

 

Qui croit encore en la vertu ? Mot hérité du temps des romains, la vertu semble ennuyer notre époque qui préfère ruminer la « moraline », pour reprendre cette expression nietzschéenne. C’est donc une gageure, de la part de Marc Alpozzo, d’avoir voulu la dépoussiérer et tenter de la hisser vers les devants de la scène.

Nous confondons à tort « vertu » et « morale ». Pourtant, André Comte-Sponville avait déjà tenté une réhabilitation ambitieuse de la vertu avec son Petit traité des grandes vertus en 1995. Contrairement à la vertu qui cherche à nous libérer, la morale est un système de contrôle et un moule « prêt-à-penser ».

Le jardinier et la mort, Guéorgui Gospodinov, (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Jeudi, 12 Février 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Pays de l'Est, Roman

Guéorgui Gospodinov, Le jardinier et la mort, Trad. du bulgare Marie Vrinat-Nikolov, 232 pp, 21,50 €

 

Soleil bulgare

Nous voilà dans le jardin le plus doux. Celui des quatre saisons et des gestes que les semaisons imposent. La mort du semeur y compris.

L’auteur, Guéorgui Gospodinov est bulgare et fils de son père, le jardinier qui est mort.

Il meurt en douceur. Au long d’un livre triste, mélancolique et joyeux comme des fleurs qui viennent au printemps, des fruits qu’on cueille à l’automne et l’odeur des terres, dans les mains, entre les ongles.

Gospodinov dit le deuil gai, le deuil doux, le deuil jardinier.

Énumération des maladies…. Mon père énumère ses maladies comme Homère les vaisseaux dans le Chant II de l’Iliade ou comme il décrit la fabrication du bouclier d’Achille au chant XVIII.

Méditations sur Don Quichotte, José Ortega y Gasset (par Charles Duttine)

Ecrit par Charles Duttine , le Mercredi, 11 Février 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Espagne, En Vitrine

Méditations sur Don Quichotte / José Ortega y Gasset / Traduction Mikaël Gómez Guthart / Editions Fario / novembre 2025 / 145 p / 17,50 €

 

Où il est question de sublime et de ridicule


La question « Qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ? » que l’on soumet volontiers - et à juste titre - aux apprentis philosophes, n’en finit pas de faire naître toutes sortes de méditations, d’interrogations et de réflexions. Qu’en est-il de la nature d’un chef-d’œuvre, de son intérêt et de la place qu’il joue dans nos vies ? Rien ne vaut se frotter presque quotidiennement à ces textes intemporels, quitte à délaisser nos contemporains, des fâcheux pour nombre d’entre eux. Et de continuer à lire les chefs-d’œuvre et les relire. Ils nourrissent notre imaginaire, brillent ainsi que des références et jouent comme des miroirs de nous-mêmes au point qu’il nous est impossible de nous en passer. Ainsi de « Madame Bovary », ou encore de « L’ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche ».