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Les Livres

Les petits sabots de Loguivy, Elisabeth Lotrian (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Mercredi, 19 Novembre 2025. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Les petits sabots de Loguivy, Elisabeth Lotrian, éd BoD, 173 pp, 15 €

 

La chanson de Roland

Il est des contes pour enfants. Il est des adultes qui racontent.

Le brave bossu est récompensé, la malheureuse orpheline, sauvée, le méchant, cruellement puni, et les sœurs généreuses épousent de bons princes

Par ces lignes et ces trois points de suspension, se clôt le beau récit initiatique d’Elisabeth Lotrian.

Un livre de Bretagne.

Un livre des Bretagnes. De douleurs et de douceurs, de deuil et de seuil.

Les Moucherons, Thierry Clech (par Claire Fourier)

Ecrit par Claire Fourier , le Mardi, 18 Novembre 2025. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, Tinbad

Les Moucherons, Thierry Clech, Éditions Tinbad, septembre 2025 Edition: Tinbad

 

Voici, menées au pas de course alternant avec la sinuosité d’un fleuve pas très tranquille, les mésaventures d’un photographe qui a marié le cancer et une invasion de moucherons chez lui, au moment où sévissait le covid.

Quatre mots-clés donc : photographe, moucherons, covid, cancer. Plus le temps, toujours le temps.

 

Photographe, car c’est avec l’œil précis d’un Leica et la recherche du meilleur angle qu’est analysée une ribambelle de misères, les unes dérisoires, les autres en passe d’être mortelles ;

le souci de la qualité de la prise l’emportant sur l’accablement, ce qui réjouit le lecteur, lequel, cruel, demande toujours à un auteur de traiter avec humour les malheurs qu’il a lui-même quelque jour endurés, les traumatismes qu’il subit, ne permettant pas au livre d’en rajouter.

Griffes 25 (par Alain Faurieux)

Ecrit par Alain Faurieux , le Mardi, 18 Novembre 2025. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

 

La Maison Vide, Laurent Mauvignier. 2025. Les éditions de Minuit, 752 p. 25€

Avouons-le, ce très gros pavé est du sur mesure pour le jury Goncourt. Et les lecteurs des gros volumes qui ont eu le prix Goncourt, et les acheteurs de cadeaux sans risque grâce au prix Goncourt. Pour ma part, il m’est tombé des mains plusieurs fois, pas en raison du poids mais d’un ennui considérable. Le pacte de lecture lecteur/auteur est resté lettre morte. Pourtant tout est fait pour nous vendre la saga : l’histoire familiale étirée sur quatre générations, la France des campagnes dont on parle trop peu (mon œil Laurent), les secrets de famille, le poids des non-dits sur l’auteur lui-même, le respect d’une tradition littéraire. Relirais-je aujourd’hui avec le même plaisir Les semailles et les Moissons d’Henry Troyat ? Je ne sais pas du tout. Bref, nous avons des portraits savoureux de paysans rugueux, de propriétaires âpres au gain, de vendeuses lubriques et de notaires grisâtres.

L’Alephebet – Didier Ben Loulou (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Lundi, 17 Novembre 2025. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Israël

L’Alephebet – Didier Ben Loulou – Arnaud Bizalion Éditeur – 96 p. – 25 euros – 23/09/25. . Ecrivain(s): Didier Ben Loulou

 

« Les lettres, gouttes de semence, deviennent ainsi la trace d’une réalité supérieure. Les écrire, les lire sont une manière de remonter à la source première. Elles véhiculent une énergie divine qui dépasse le simple message. Les photographies ont une façon de poursuivre l’acte créateur de Celui qui a tout créé à partir d’elles. »

 

L’Alephebet est l’alphabet en hébreu, comptant vingt-deux lettres, et selon la tradition kabbalistique, Dieu aurait créé le monde en agençant ces vingt-deux caractères qui composent l’Alephebet. Des lettres carrées  qui vont fonder une langue et plus encore. Ces lettres aux résonances inouïes, au graphisme à aucun autre semblable ; le photographe écrivain les découvre, comme l’on découvre une source miraculeuse, il sait que le temps lui appartient, alors il prend son temps pour les voir, les photographier, les laisser s’imprimer en sa mémoire et dans sa chair.

Où seul chasse le vent, Michel Bourçon (par Philippe Leuckx)

, le Lundi, 17 Novembre 2025. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Où seul chasse le vent, Michel Bourçon, Al Manar, 2025, 88p., 20 euros, photographies de l'auteur.

 

Pour le suivre depuis longtemps, je peux dire que Bourçon est un poète singulier, prolifique et égal - ce qui est rare quand la poésie est abondante. Une hyperconscience de ce qui l'entoure anime l'écriture, nourrit les poèmes, amplifie les thématiques.

On reconnaît vite un poème de son cru, parce qu'il densifie le sens des réalités intérieures, la découverte du monde (des arbres, du ciel), et la perception intime, unique des ombres au coeur et dans l'espace.

Il faut attendre la page 67 pour bien comprendre le sens et la portée du titre : "le passé/ où seul chasse le vent".

L'être traqué, torturé, tremble d'être cette conscience agissante qui repère "les éboulis", le peu de savoir (nombre de "je ne sais pas, on ne sait guère"), les pertes, et le profil angoissant de la mort et de celle de la mémoire du monde.