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Recensions

L'aube noire, Mario Falcone

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 29 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, La Table Ronde, Italie

L’aube noire (Alba nera), traduit de l’Italien par Carole Cavalera, février 2013, 416 pages, 22 € . Ecrivain(s): Mario Falcone Edition: La Table Ronde

C’est un « livre-catastrophe », comme il y a des films-catastrophes. Mêmes ressorts : une marche inexorable vers une fin annoncée ; on accompagne plusieurs personnes ou groupes qui font partie du voyage ; un peu de tout, quelques héros, quelques salauds ; entre les deux, des métamorphoses qui peuvent être inattendues. Comme les films – les bons, du moins –, on lit à grandes lampées ; le transfert fait fortune ; on tremble si délicieusement à l’abri de nos couettes… remarquable produit à trouver son public, donc.

Mais, ce livre-ci relève encore d’autres espèces. La catastrophe est un événement historique bien réel – le tremblement de terre de Messine en décembre 1908 ; ville quasiment rayée de la carte ; morts et disparus par milliers ; les derniers chapitres balayent ces heures terribles à la façon d’un documentaire réussi, quartier par quartier, heure par heure. Les images télévisuelles du récent séisme d’Haïti font, en nous, comme une mémoire parallèle époustouflante : « une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze… la première secousse, terrible, dure trente et une secondes. Une éternité, qui transforme une ville de presque cent vingt mille habitants en un immense cimetière à ciel ouvert »… Du Pline Le Jeune, décrivant à Tacite l’éruption fatale de 79, s’invite, par à-coups, à notre mémoire…

Parabole du failli, Lyonel Trouillot

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 28 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Actes Sud, La rentrée littéraire

Parabole du failli, 21 août 2013, 189 pages, 20 € . Ecrivain(s): Lyonel Trouillot Edition: Actes Sud

 

Ecrire sur l’absent


Jacques Pedro Lavenanette vient de se jeter du douzième étage d’un immeuble parisien alors qu’il était en tournée dans la capitale française. Mort accidentelle ou suicide ?

A sa mort, ses amis découvrent des œuvres posthumes laissées par cet ami insaisissable. Des fragments de poésie et une œuvre inachevée au titre étrange Parabole du failli, avec une dédicace. A qui s’adresse cet écrit ? C’est alors une occasion pour ses amis de se pencher sur l’homme et de lui écrire une oraison funèbre endiablée, saccadée, segmentée, violente, discontinue comme un sanglot qui monte à la gorge coupant le souffle et la pensée. Le narrateur, un rédacteur de journal, se charge de la tâche. Il relate l’amitié qui le lie à Jacques et à un professeur de lycée surnommé l’Estropié.

L'éclat d'obus, Maurice Leblanc

Ecrit par Ivanne Rialland , le Mercredi, 28 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Petite bibliothèque Payot

L’Éclat d’obus, préface de Jean-Luc Fidel, avril 2013, 316 pages, 8,65 € . Ecrivain(s): Maurice Leblanc Edition: Petite bibliothèque Payot

 

Été 1914. Paul Delroze et sa jeune épouse Élisabeth d’Andeville arrivent au château d’Ornequin, propriété de la famille de la jeune femme, mais laissée à l’abandon depuis la mort de sa mère. Dans ce château lorrain à deux pas de la frontière, au moment même où la guerre est déclarée, une soudaine révélation dresse brutalement l’un contre l’autre les deux amants. Paul, désespéré, se jette à corps perdu dans les combats. Mais très vite, l’affrontement avec l’Allemagne devient pour lui une quête personnelle de vérité – et le moyen d’assouvir sa vengeance.

Publiée en feuilleton dans Le Journal entre septembre et novembre 1915, puis paru en volume en 1916, L’Éclat d’obus est un roman patriotique où la représentation caricaturale des Allemands vient servir la légitimation des combats. Cependant, il ne s’agit pas là véritablement d’un roman de guerre. Ce n’est qu’en apparence que la haine de Paul pour une Allemande incarne la lutte des deux pays : la guerre n’est finalement qu’une toile de fond, riche en péripéties et en événements dramatiques, pour un roman de mystère et de vengeance, qui évoque de près les aventures d’Arsène Lupin.

La confrérie des chasseurs de livres, Raphaël Jérusalmy

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mardi, 27 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Actes Sud, La rentrée littéraire

La confrérie des chasseurs de livres, 21 août 2013, 320 pages, 21 € . Ecrivain(s): Raphaël Jérusalmy Edition: Actes Sud

 

Raphaël Jérusalmy, sur le site de son éditeur, livre au futur lecteur les clés de son ouvrage, ainsi :

« Je tombe sur ceci, à propos du poète François Villon, condamné à être pendu :

Le 5 janvier 1463, le Parlement casse le jugement et bannit Villon de Paris. Nul ne sait ce qu’il advint de lui par la suite.

Comment résister à une telle invite !

D’autant plus que Villon est le héros romanesque par excellence. Téméraire, attachant, tragique, rebelle. Mais aussi farceur, gredin, mystérieux. Parfait pour un récit d’aventures. Et puis Villon, c’est surtout un combat. Des comptes à régler avec le pouvoir, l’injustice, la souffrance humaine. Une épopée de l’esprit et de la lutte pour la liberté. Impossible de cantonner un tel personnage dans un seul lieu, un seul niveau de lecture, une seule intrigue. Enfin, il y a les livres. Autres héros de cette histoire. Et la poésie.

La voix impitoyable, Lilian Auzas

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mardi, 27 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Léo Scheer

La voix impitoyable, 28 août 2013, 129 pages, 17 € . Ecrivain(s): Lilian Auzas Edition: Léo Scheer

 

La voix impitoyable : impitoyable


La voix impitoyable, c’est celle de la propagande nazie. « Je me suis laissé séduire par cette voix (…) Je hurlais, je criais, je jubilais. J’étais atteinte de frénésie, j’étais grisée » confesse Hanja.

En 1979, Gautier, jeune photographe qui vit à Paris, a fait la connaissance de sa voisine Hanja Sauber, une dame âgée « femme à la fois douce aimable et ouverte d’esprit » qui a longtemps vécu à Berlin, ville à laquelle Gautier a consacré un album. Ils se lient. Gautier « avait aimé Hanja comme sa propre mère ».

Peu de temps après la mort de celle-ci, un quadragénaire un peu raide sonne chez Gautier : c’était le psychanalyste d’Hanja et il vient lui parler d’elle et lui remettre une cassette enregistrée lors de ses séances de psy, ainsi qu’une lettre qu’elle a laissée à l’intention du jeune homme.