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Recensions

Ghostfather, Éric Calatraba (par Alix Lerman Enriquez)

Ecrit par Alix Lerman Enriquez , le Mardi, 02 Juin 2026. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman

Ghostfather, Éric Calatraba, Ed. Melmac Noir

 

Si Los muertos, le précédent roman policier d'Éric Calatraba, se déroulant dans le sud de la France et en Espagne, était solaire et méridional, son deuxième ouvrage Ghostfather, est plongé dans une tout autre atmosphère, au cœur- même de la grisaille parisienne ou d’une ambiance pluvieuse et britannique.

Clément, un jeune guitariste français, un musicien prodige d'une vingtaine d’années va connaître un succès inespéré et va croiser sur sa route une chanteuse et parolière de talent : la jolie Isabel Ortega. À eux deux, ils forment un couple romantique et attachant.

Et aux côtés de ce jeune couple flamboyant, surgit un insolite protagoniste : la guitare de Clément, actrice omnisciente de ce roman musical, empreinte de grande sagesse et de tendresse à l'égard de Clément et de sa charmante Isabel :

Le tour de magie le plus incroyable du monde, Beatriz Martín Vidal (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 29 Mai 2026. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Grasset, Jeunesse

Le tour de magie le plus incroyable du monde, Beatriz Martín Vidal, éd. Grasset Jeunesse, 48 p., avril 2026, 19,90 € Edition: Grasset

 

Prestidigitation

Beatriz Martín Vidal a étudié à l'université de Salamanque avant de se spécialiser dans l'illustration à l'école d'art de Valladolid. Auteure d'albums illustrés, elle exerce depuis dix ans, principalement en illustration éditoriale. Son nouvel album jeunesse au format portrait (36,7 x 23,6 cm) est un beau livre de collection.

Le gibus est l’élément distinctif de la narration, qui annonce le tour de magie. Et nous voilà entraînés à assister à un mystérieux spectacle ! Le décor alentour se met alors à changer, comme au théâtre, des personnages fabuleux surdimensionnés apparaissent comme par un coup de baguette magique. Et c’est un univers imaginaire qui supplante l’environnement des rues, du jardin public, traversant l’espace. Le haut-de-forme possède des vertus fantastiques, surnaturelles, d’où jaillit un monde onirique.

Le choix de la folie, poème à dire et à crier, Alain Marc (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 26 Mai 2026. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Poésie, Editions Douro

Le choix de la folie, poème à dire et à crier, Alain Marc, Z4 Editions - Éditions Douro . Ecrivain(s): Alain Marc Edition: Editions Douro

Dans son intitulé même, Le choix de la folie engage une position décisive : la folie n’y est pas subie, mais assumée, presque revendiquée comme un acte de libre arbitre. Deuxième mouvement du vaste ensemble Le Grand Cycle de la vie ou l’odyssée humaine, ce poème s’inscrit dans une architecture monumentale — quatorze sections déployées sur des milliers de pages — où l’écriture excède largement le livre pour devenir expérience totale. Pensé pour la voix, accompagné d’enregistrements sonores et prolongé sur scène par un dispositif visuel (notamment avec les œuvres du peintre Lawrence), le texte affirme d’emblée sa dimension performative : il est fait pour être dit, crié, murmuré, traversé.

Au cœur de cette entreprise, il y a une nécessité : arracher la parole à l’étouffement. Le poème déploie une existence prise dans « l’aire d’une cage », métaphore d’un enfermement psychique et existentiel dont l’écriture tenterait de briser les barreaux. Le souffle y est menacé, entravé par les débris du deuil, de l’échec ou de la dépression — états qui surgissent parfois « sans aucune cause apparente », comme des effondrements sans origine assignable.

Père, ne vois-tu pas, la tête à l'envers, Jacqueline Persini (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Lundi, 18 Mai 2026. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Poésie

Père, ne vois-tu pas, Ed. la tête à l'envers, Jacqueline Persini, 2026, 84 p., 17 euros.

 

Quand la quête du père prend la forme d'une restitution mémorielle, le poème gagne en authenticité, en densité. Voilà, à l'âge adulte, une poète recourir à l'enfance comme bouée à la mer. Un jour, le père est parti, est resté dans la chambre comme un fantôme insaisissable.

Toute l'histoire d'une enfance amoindrie par l'absence : rien qu'un nom alors que tout le rappelle en silence.

Longtemps après, couche après couche, le personnage revient hanter les jours de la petite. Entourée d'une mère, de son beau-père, la petite fille culpabilise, imagine en poèmes tendus cette vie, cet amour perdu, la séparation, la maison, "nos branches disjointes/ rassemblent leurs forces".

L'amertume, les cris, "les murs de la chambre (qui) se cassent", "toute mon encre noire" : le poème libère-t-il de tant de blessures?

L’ivresse de la violence, Gabor Zoltan (par Guy Donikian)

Ecrit par Guy Donikian , le Lundi, 04 Mai 2026. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Pays de l'Est, Roman, Belfond

L’ivresse de la violence, Gabor Zoltan, Editions Belfond, parution 8 janvier 2026, 363 pages, 23 euros, traduit du hongrois par Thomas Sulmon Edition: Belfond


C’est là un premier roman qui nous plonge dans Budapest des années 40, plus précisément en 1944. Budapest est alors occupée par les nazis, et le chaos qui règne dans la capitale hongroise est exploité par les Croix-Fléchées et leurs miliciens qui vont faire régner la terreur dans la capitale.

Gabor Zoltan écrit ici son premier roman qui, et le titre est explicite, narre les exactions de ces miliciens qui semblent s’étourdir de violence gratuite et féroce ; une spirale qui voue celui qui s’y adonne à commettre le pire sans en prendre conscience. Et c’est la force des pages du roman que de nous donner à lire le pire commis par les Croix-Fléchées, une violence sans limite à l’égard des Juifs qui sont traqués dans la capitale, violences quotidiennes, évidemment gratuites, humiliantes, sans retenue aucune.

Les miliciens des Croix-Fléchées ont les coudées franches, les nazis leur ayant laissé le champ libre dans la capitale. Ces hommes, assoiffés de violence, de pouvoir, jurent de rendre la Hongrie aux Hongrois, et ils mettent leur cruauté au service de cette volonté qui n’est pas sans nous rappeler notre actualité.