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Recensions

Polaroïds, Marie Richeux

Ecrit par Grégoire Meschia , le Samedi, 09 Novembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Poésie, Récits, Sabine Wespieser

Polaroïds, octobre 2013, 158 pages, 17 € . Ecrivain(s): Marie Richeux Edition: Sabine Wespieser

 

Les Polaroïds, ce sont d’abord des chroniques radiophoniques de Marie Richeux. Des morceaux de vie qu’elle raconte de sa douce voix dans Pas la peine de crier, l’émission qu’elle présente et produit sur France Culture dans le creux de l’après-midi. L’exercice est déjà poétique. Il s’agit en fait de raconter une image, de voir ce qu’une photographie peut dire. Comme des ekphraseis, des descriptions qui bougent autour d’un foyer lumineux.

Pourquoi des polaroïds ? En bon préfacier, Georges Didi-Huberman tente une théorisation de la pratique en revenant sur la racine du mot « polaroïd » qu’il rattache au verbe « polariser » :

« Polaroïds, donc : “se polariser” sur la texture des choses. S’approcher, se pencher, donner sa place au minuscule. Mais aussi, “polariser” les rapports que chaque chose entretient avec ses voisines : se déplacer, faire changer l’incidence de la lumière, donner sa place à l’intervalle ».

Sens interdits, collectif Ipagination

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 17 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Nouvelles, Ipagination

Sens interdits, novembre 2012, 120 pages, édition brochée 12,66 €, édition numérique 7,49 € Edition: Ipagination

 

Dix auteurs pour dix nouvelles, et autant de variations sur un même thème : le recueil qu’offre cette jeune et dynamique maison d’édition sous le label Ipagination constitue un éventail remarquable de créativité narrative à partir des multiples éléments que peut contenir le vaste champ sémantique du mot « sens ».

Proposer à des nouvellistes de concourir sur tous les sens du terme relevait, d’entrée de jeu, de la malice littéraire.

Les dix textes de ce recueil, sélectionnés par un comité de lecture au sens critique reconnu, réuni pour la circonstance par Ipagination Editions-Nouvelles, constituent un bouquet littéraire qui part dans tous les sens sans être pour autant un pot-pourri assemblé en dépit du bon sens. Au contraire, le sens de chaque pièce s’ajoutant à celui de toutes les autres, il se dégage de l’ensemble un sens global évident : le mot « sens », comme de multiples lexèmes, contient en son cœur sémantique une infinité de sens possibles.

Les Pissenlits, Yasunari Kawabata

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 14 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Albin Michel, Japon

Les Pissenlits, traduit du Japonais par Hélène Morita, 2012, 246 pages, 18 € . Ecrivain(s): Yasunari Kawabata Edition: Albin Michel

 

Les ancolies japonaises


Les pissenlits est un roman qui démontre l’apogée de l’art narratif kawabatien. En effet, le lecteur assidu de cet auteur connaît  trop bien la beauté suggestive de sa prose qui est tantôt elliptique tantôt impressionniste. Ici, Yasunari Kawabata nous montre sa parfaite maîtrise du dialogue car Les pissenlits est une ode aux dialogues imprévisibles et en apparences insolites.

Publié dans la version française, ce roman est écrit sur le tard. Il est resté inachevé. Il relate les événements contenus dans une journée d’hiver où une mère et sa fille, Inéko, accompagnée de son amant, Hisano, se rendent à la toute petite ville aux allures vieillottes de Ikuta. Voici ce que l’auteur dit de cette ville dès la première page :

Quand nous étions révolutionnaires, Roberto Ampuero

Ecrit par Stéphane Bret , le Samedi, 14 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Amérique Latine, Roman, Jean-Claude Lattès, La rentrée littéraire

Quand nous étions révolutionnaires, Traduit de l’espagnol (Chili) par Anne Plantagenet, 4 septembre 2013, 492 pages, 22,90 € . Ecrivain(s): Roberto Ampuero Edition: Jean-Claude Lattès

 

Voilà un roman qui ne manquera pas de surprendre : le récit à peine romancé de la vie d’un jeune militant chilien ébloui dans sa jeunesse par l’idéal révolutionnaire, qui est nommé le Chilien tout au long du roman, ou camarade, amigo, selon les interlocuteurs. Nous sommes dans les années 70, peu après le putsch du 11 septembre qui a provoqué le renversement du Président Salvador Allende, leader de l’Unité Populaire au Chili.

Le Chilien quitte son pays, en proie à une répression cruelle et s’installe en Allemagne de l’Est où il rencontre Margarita Cienfuegos, jeune étudiante. L’idylle serait parfaite si le Chilien n’apprenait, au hasard de ses contacts et entrevues dans les milieux diplomatiques et militants, que cette jeune femme est la fille d’un des caciques du régime castriste et qu’il traîne derrière lui un passé très chargé : il a été procureur de la République à Cuba, a fait condamner et fusiller à ce titre beaucoup de « contre-révolutionnaires ».

Arsène Lupin, gentleman cambrioleur, Maurice Leblanc

Ecrit par Ivanne Rialland , le Vendredi, 13 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Folio (Gallimard)

Arsène Lupin, Gentleman cambrioleur, texte intégral et dossier par Étienne Leterrier, lecture d’image par Pierre Favory, juin 2013, 279 pages . Ecrivain(s): Maurice Leblanc Edition: Folio (Gallimard)

 

Alors que les éditions Rivages invitaient en avril les familiers du gentleman cambrioleur à découvrir un roman moins connu de Maurice Leblanc, L’Éclat d’obus, les éditions Gallimard proposent aux collégiens la lecture de ses premières aventures, Arsène Lupin, gentleman cambrioleur.

Le volume de la collection « Folioplus classiques » accompagne le recueil de nouvelles d’un dossier composé par Étienne Leterrier, agrégé de lettres et doctorant, qui offre successivement aux élèves – et à leur professeur – un éclairage historique sur la belle époque, un commentaire des caractéristiques d’Arsène Lupin, deux groupements de textes (sur la naissance du personnage de détective et sur les scènes criminelles), une biographie de Maurice Leblanc et des questions devant guider l’établissement d’une fiche de lecture par l’élève. S’ajoute à cela l’analyse par Pierre Favory, agrégé, docteur en arts plastiques et professeur dans le secondaire, de la photographie ornant la couverture : Automobile Delage, Grand Prix de l’ACF, juin 1912, de Jacques-Henri Lartigue. Quelques notes viennent également éclairer le texte : vocabulaire, allusions culturelles ou historiques.