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Recensions

Échappées, Pierre Péju (par Stéphane Bret)

Ecrit par Stéphane Bret , le Vendredi, 28 Novembre 2025. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Gallimard

Échappées, Pierre Péju, Gallimard, 273 p. 21 € . Ecrivain(s): Pierre Péju

 

Comment évoquer la Résistance, l’Occupation, les attitudes du peuple français, sans risque de retomber dans une description manichéenne et unilatérale de cette sombre période de l’histoire de France ? Pierre Péju, dans son dernier roman Échappées, parvient à éviter cet écueil et à renouveler quelque peu le genre.

Nous sommes à Lyon, en octobre 1942. Une entreprise, Au déménagement moderne, réalise très ordinairement un déménagement, et aussi la cache de biens de Juifs en fuite car son patron s’est engagé dans la Résistance. Au cours de ce déménagement, son personnel découvre une enfant, Stella Wirst, cachée dans une mallette ; elle s’est dissimulée dans cette dernière après l’arrestation de ses parents, Juifs alsaciens originaires de Strasbourg.

Ce patron a engagé Aimée comme secrétaire, en raison de sa maîtrise de la technique de la sténodactylographie.

Punk altitude, Petit traité de spiritualité destroy, Bertrand Pavlik (par Marjorie Rafécas-Poeydomenge)

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Mercredi, 26 Novembre 2025. , dans Recensions, Les Livres, Essais, La Une Livres

Punk altitude, Petit traité de spiritualité destroy, Bertrand Pavlik octobre 2024, 126 pages, 7 € Editeur : Dandelion

Punk altitude, à l’image d’une distorsion de guitare, nous convie dans une réflexion philosophique sur le punk, le rock, mais aussi sur la musique en général. La musique aurait-elle la magie de nous faire philosopher à notre insu ? On a longtemps dénié une spiritualité au rock, à cause de son agitation, ses révoltes désaccordées et ses cris chaotiques, mais toute musique est le miroir d’une partie cachée du « Cosmos ». Si l’on reprend la célèbre dichotomie de Nietzsche et de la mythologie grecque, la musique peut tout autant refléter l’harmonie d’Apollon, que notre ombre avec Dionysos dans un délire extatique. Etymologiquement « extase » signifie en grec, sortir de soi. Comme le suggère Bertrand Pavlik, le rock a ce pouvoir transformateur, de nous faire dépasser nos limites, tout en nous redonnant une place dans le monde.

« Et maintenant ? », Bruno Mabille (par Parme Ceriset)

Ecrit par Parme Ceriset , le Vendredi, 21 Novembre 2025. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres

« Et maintenant ? », Bruno Mabille, juin 2025, 260 pages, 22 euros Ed. Jacques-Marie Laffont

 

Il arrive qu’un deuil, une séparation, le départ d’un parent, et la conjonction de plusieurs événements, bouleversent les repères et remettent en cause l’équilibre interne d’un être, qui avait mis des années à s’installer.

C’est ce qui se produit pour le narrateur de ce roman, dont l’auteur, Bruno Mabille, précise d’emblée qu’il ne s’agit pas de lui, même si « ça aurait pu … », sous-entendant peut-être qu’il partage avec le personnage principal quelques traits de personnalité. On relève en effet dès les premières pages une passion commune pour la poésie et une analogue quête de sens.

Un sentiment de profonde désorientation pousse le héros du récit à embarquer pour Dakar, à bord du « Pourquoi pas ? », à se laisser guider là où l’existence voudra bien le mener.

Les Moucherons, Thierry Clech (par Claire Fourier)

Ecrit par Claire Fourier , le Mardi, 18 Novembre 2025. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Récits, Tinbad

Les Moucherons, Thierry Clech, Éditions Tinbad, septembre 2025 Edition: Tinbad

 

Voici, menées au pas de course alternant avec la sinuosité d’un fleuve pas très tranquille, les mésaventures d’un photographe qui a marié le cancer et une invasion de moucherons chez lui, au moment où sévissait le covid.

Quatre mots-clés donc : photographe, moucherons, covid, cancer. Plus le temps, toujours le temps.

 

Photographe, car c’est avec l’œil précis d’un Leica et la recherche du meilleur angle qu’est analysée une ribambelle de misères, les unes dérisoires, les autres en passe d’être mortelles ;

le souci de la qualité de la prise l’emportant sur l’accablement, ce qui réjouit le lecteur, lequel, cruel, demande toujours à un auteur de traiter avec humour les malheurs qu’il a lui-même quelque jour endurés, les traumatismes qu’il subit, ne permettant pas au livre d’en rajouter.

Où seul chasse le vent, Michel Bourçon (par Philippe Leuckx)

, le Lundi, 17 Novembre 2025. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Poésie

Où seul chasse le vent, Michel Bourçon, Al Manar, 2025, 88p., 20 euros, photographies de l'auteur.

 

Pour le suivre depuis longtemps, je peux dire que Bourçon est un poète singulier, prolifique et égal - ce qui est rare quand la poésie est abondante. Une hyperconscience de ce qui l'entoure anime l'écriture, nourrit les poèmes, amplifie les thématiques.

On reconnaît vite un poème de son cru, parce qu'il densifie le sens des réalités intérieures, la découverte du monde (des arbres, du ciel), et la perception intime, unique des ombres au coeur et dans l'espace.

Il faut attendre la page 67 pour bien comprendre le sens et la portée du titre : "le passé/ où seul chasse le vent".

L'être traqué, torturé, tremble d'être cette conscience agissante qui repère "les éboulis", le peu de savoir (nombre de "je ne sais pas, on ne sait guère"), les pertes, et le profil angoissant de la mort et de celle de la mémoire du monde.