Identification

Essais

Qui n’est pas raciste, ici ?, Akli Tadjer (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mercredi, 10 Avril 2019. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jean-Claude Lattès

Qui n’est pas raciste, ici ?, mars 2019, 96 pages, 6,90 € . Ecrivain(s): Akli Tadjer Edition: Jean-Claude Lattès

 

Hommage à l’Autre

Après le roman La vérité attendra l’aurore (1), Akli Tadjer publie un court essai, Qui n’est pas raciste, ici ?

Ce récit est le fruit de l’affaire qui a eu lieu récemment à cause de son roman Le porteur de cartable. L’écrivain était invité par une professeure de lycée pour parler de ce roman face aux élèves. Quelques jours avant la rencontre, l’enseignante révèle par mail (2) au romancier que ses élèves ont refusé de le voir parce qu’il n’est pas Français ; il y a même un lycéen qui a refusé de lire un extrait à cause du nom du personnage jugé non-Français (Messaoud). L’affaire a secoué la toile et les différents médias français et internationaux. Ainsi est né ce livre.

Sollers en peinture, Olivier Rachet (par Jean-Paul Gavard-Perret)

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Mercredi, 03 Avril 2019. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Tinbad

Sollers en peinture, mars 2019, 220 pages, 21 € . Ecrivain(s): Olivier Rachet Edition: Tinbad

Olivier Rachet : « dialogue » avec Sollers.

Olivier Rachet donne au Sollers, critique d’art, esthète, écrivain (forcément) et homme de « goût » (mot clé pour le sujet et pour l’auteur de Paradis lui-même), le premier essai consacré à la peinture dans son œuvre.

L’analyste ne s’est pas contenté des multiples articles en revue (les siennes, Tel Quel, L’infini, ou celles des autres, et dans la presse dont Le Monde entre autres) : il s’est frotté tout autant aux textes de « fiction » dans un texte où tout est dit des partis-pris jouissifs comme des « crucifixions » de Sollers qui au besoin pourrait se déguiser en soldat roman face à certains crétins.

Par ailleurs, il propose parfois une forme de dialogue à la fois critique et autocritique dans lequel il s’amuse. L’auteur et son modèle s’interpellent : page 184, par exemple, l’un reproche à l’autre d’être allé « baiser la mule du pape Jean-Paul II ». Et l’accusé de répondre de manière apocryphe : « que l’on puisse sortir indemne de l’enfer et de la damnation en rayonnant en peinture, vous agacez terriblement ».

Physique de l’esprit Empirisme, médecine et cerveau (XVIIe-XIXe siècles), Céline Cherici, Jean-Claude Dupont, Charles T. Wolfe (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mardi, 02 Avril 2019. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Hermann

Physique de l’esprit Empirisme, médecine et cerveau (XVIIe-XIXe siècles), Céline Cherici, Jean-Claude Dupont, Charles T. Wolfe, janvier 2018, 248 pages, 24 € Edition: Hermann

 

« Poe avait un front vaste, dominateur, où certaines protubérances trahissaient les facultés débordantes qu’elles sont chargées de représenter – construction, comparaison, causalité –, et où trônait dans un orgueil calme le sens de l’idéalité, le sens esthétique par excellence ». Cette remarque de Baudelaire au sujet de l’écrivain américain dont il se fit l’intercesseur empressé, est inintelligible si l’on néglige son arrière-plan médical. Le poète convoque ici ce que nous regardons comme une « fausse science », qui connut toutefois un succès durable au XIXe siècle : la phrénologie ou étude des bosses du crâne, élaborée par le médecin allemand Franz Joseph Gall (1758-1828). Son idée était assez simple pour qu’elle fût séduisante : toutes les facultés de l’esprit devraient avoir une manifestation, une transcription anatomique, dans la forme du crâne et particulièrement dans la présence, à certains endroits, de certains reliefs (un crâne humain est rarement aussi lisse qu’on œuf ou un galet). Gall élabora une véritable cartographie de l’occiput.

Cachées par la forêt, Éric Dussert (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mardi, 02 Avril 2019. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, La Table Ronde

Cachées par la forêt, octobre 2018, 576 pages, 22 € . Ecrivain(s): Éric Dussert Edition: La Table Ronde

 

Ce livre qui rend hommage à des écrivaines oubliées par le monde des lettres ou introuvables en librairie prend la forme d’un véritable dictionnaire chronologique de ces femmes talentueuses que de nombreuses circonstances ont « cachées » du parcours régulier, à l’ombre de grands noms ou de personnalités qui se sont mises en avant.

De Ono No Komachi (825-900) à Emma Dante (1967), l’essayiste dresse un beau bilan de noms à sauver de l’oubli même si la sentence qui clôt nombre de notices s’intitule « Aucun livre de * n’est disponible ».

Beaucoup de découvertes, et aussi plusieurs noms qui sonnent leur reconnaissance, je n’en veux pour preuves que ceux d’Inès Cagnati, de Grazia Deledda, de Marguerite Audoux, de Christiane Rochefort. Les auteures du Jour de congé ou des Petits enfants du siècle sont de nouveau éclairées et ce n’est que justice.

Que faire des cons ? Pour ne pas en rester un soi-même, Maxime Rovere (par Didier Bazy)

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 01 Avril 2019. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Flammarion

Que faire des cons ? Pour ne pas en rester un soi-même, janvier 2019, 200 pages, 12 € . Ecrivain(s): Maxime Rovere Edition: Flammarion

 

Le sujet est si universel que l’aborder oblige à s’impliquer. Maxime Rovere prend la question avec les faits. Chacun est le con de quelqu’un – a minima. Faut faire avec. Mais comment s’en sortir sans juger ? Le philosophe sonde les rapports pas les personnes. Le philosophe marche dans les pas des géants. Spinoza-Nietzsche-Deleuze. Une trinité très concrète.

Maxime Rovere, authentique Guéroult-Goldschmidt de Spinoza, après nous avoir éblouis avec Le Clan Spinoza et transmis un Spinoza en situation, porte ici notre attention sur la connerie.

On est attiré par le sous-titre en italiques. Un bréviaire, un manuel de casuiste, pour m’éviter d’être trop con, de passer un tout petit peu moins pour un gros con ou un petit con. Une nécessité vitale : aurais-je des chances – après avoir goûté la thériaque roverienne – d’aller mieux ? C’est pas gagné. C’est pas la faute au philosophe mais bien plutôt au critique crasse qui s’auto-victimise connement.