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Critiques

Dernier rendez-vous avec la Lady, Mateo Garcia Elizondo (par Patryck Froissart)

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 19 Octobre 2023. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Amérique Latine, Roman, Editions Maurice Nadeau

Dernier rendez-vous avec la Lady, Mateo Garcia Elizondo, Editions Maurice Nadeau, Les Lettres Nouvelles, août 2023, trad. espagnol (Mexique), Julia Chardavoine, 192 pages, 21 € Edition: Editions Maurice Nadeau

 

Voilà un roman puissant, pesant, attrapeur, un de ceux qui laissent chez le lecteur la prégnante impression, faite à la fois de malaise et de jouissance, d’avoir été, pendant la lecture et bien après fermeture du livre, littéralement, littérairement, magistralement « baladé ». Gageons que ce premier texte d’un auteur mexicain prendra place parmi les œuvres remarquables de la littérature mondiale.

Le personnage, narrateur à la première personne, met en scène ce qui semble être la fin sordide de sa vie de vagabond drogué. Le schéma narratif apparent transporte et « agit » le « héros » dans un village apocalyptique perdu nulle part, la seule potentialité de son éventuelle réalité géographique étant qu’il pourrait se trouver évasivement vers le Mexique, en bordure d’une hypothétique jungle qui tend à l’avaler : ZAPOTAL.

Le lecteur curieux interroge internet :

Construire un feu (To Build a Fire, 1902), Jack London (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 17 Octobre 2023. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, En Vitrine, Libretto, Cette semaine

Construire un feu (To Build a Fire, 1902), Jack London, éditions Libretto, trad. américain, Paul Gruyer, 176 pages . Ecrivain(s): Jack London Edition: Libretto

 

Le cadre de l’histoire, dans le froid extrême d’un Yukon en grande partie inhabité, établit d’entrée le rôle principal de la nouvelle : la Nature. On est loin de celle des romantiques qui communique avec l’âme des hommes. La Nature de ce récit est impassible, d’une cruauté tranquille dans son indifférence. A sa manière, Jack London rejoint dans ce texte sublime, le chant des grands panthéistes que furent avant lui Spinoza et Thoreau. Mais en déifiant le monde naturel, London en fait un Dieu terrible, dénué de tout affect, de toute attention, à mille lieues du Dieu bienveillant des Chrétiens. Le Dieu de Spinoza est plus proche, il est la Nature et ne connaît donc ni compassion, ni amour, ni cruauté, il est, simplement, englobant le Grand Tout.

Le ciel est vide, blanc comme un linceul, immense comme l’éternité. La terre est à l’unisson, infinie, immaculée, déserte. L’homme de cette nouvelle est seul au monde et n’a d’autre compagnon que son chien dans ce paysage spectral.

D’un monde qui n’est plus, Israël Joshua Singer (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mercredi, 11 Octobre 2023. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Les Belles Lettres

D’un monde qui n’est plus, Israël Joshua Singer, Les Belles-Lettres, janvier 2023, trad. yiddish, Henri Lewi, 326 pages, 15,50 € Edition: Les Belles Lettres

 

 

À partir de 1935 et jusqu’au début de la guerre, un photographe d’origine russe, Roman Vishniac (1897-1990) entreprit, dans des conditions difficiles, de photographier la vie des ghettos et villages juifs d’Europe orientale. Dissimulant son appareil, il prit des milliers de clichés – seize mille – dont il ne put sauver qu’une fraction, les négatifs ayant été cousus dans ses vêtements lorsqu’il s’exila aux Etats-Unis, ou cachés en France. Il en résulta un livre magnifique, un des plus beaux ouvrages de photographie, A Vanished World, d’autant plus émouvant que le monde décrit avait disparu à jamais, fondu dans les flammes de la Shoah, et que la plupart des personnages figurant sur les photographies avaient été massacrés par l’Allemagne.

Le Diamant orphelin, William Irish (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 10 Octobre 2023. , dans Critiques, Les Livres, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Folio (Gallimard)

Le Diamant orphelin, William Irish, Folio, mai 2023, trad. anglais (USA) Laurette Brunius, 288 pages, 8,10 € Edition: Folio (Gallimard)

 

Paru originellement en 1985, Le Diamant orphelin est un recueil de huit nouvelles publiées entre 1935 et 1942, durant l’âge d’or du « hard boiled » américain, par l’auteur new-yorkais William Irish. À l’époque, les éditeurs ne veulent plus entendre parler de ses romans (qui ont pourtant rencontré un certain succès durant les années vingt ; ils le connaîtront à nouveau à partir de 1940 et du fabuleux La Mariée était en noir), et il écrit des nouvelles pour des « pulps », dont le célèbre Black Mask, sous différents pseudonymes. Une édition critique de ces nouvelles, environ trois-cent-cinquante, pourrait faire l’objet d’un projet éditorial, mais cela risquerait d’avoir le même intérêt que ces intégrales d’enregistrements blues ou jazz effectués à la même époque : ce sont des chansons enregistrées pour être écoutées sur un soixante-dix-huit tours, cinq minutes à la fois maximum, pas pour être écoutées en collection de plus d’une heure à la fois. Ou alors, sous forme d’une bonne compilation destinée à montrer la diversité stylistique de l’artiste musical. Il en va de même pour les nouvelles policières écrites à la chaîne par un William Irish : un recueil à la fois, un florilège, ça convient à leur donner du relief et offrir le plaisir de la lecture.

Ces messieurs du rugby, Anthologie, Collectif, Edition de Marie Boizet (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 05 Octobre 2023. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Anthologie, La Table Ronde - La Petite Vermillon

Ces messieurs du rugby, Anthologie, Collectif, Edition de Marie Boizet, La Petite Vermillon, septembre 2023, 250 pages, 8,90 € Edition: La Table Ronde - La Petite Vermillon

 

« Véritable arbre généalogique, ces portraits de champions ou d’anonymes, parfois oubliés, composent la grande famille du rugby qui circule de village en village, de club en club, de génération en génération depuis que le ballon ovale a atterri sur le sol français » (Marie Boizet).

« Il provoquait l’enthousiasme et justifiait cette affirmation de Montesquieu qu’on peut être amoureux de l’Amitié. Son frère et lui formaient un couple de princes raciniens qui drainait tous les cœurs avec soi » (Antoine Blondin, Guy, c’était Fanfan (sur Guy Boniface).

« Les prouesses de Roques, Quaglio, Lacaze “le papillon”, et Danos “le pianiste”, cultivaient mes terres en friche. La bravoure de Jean Barthe, que seuls les vainqueurs de l’Himalaya ou du cap Horn pouvaient égaler, devient pour moi la référence, le mètre étalon » (Daniel Herrero, Le combat des combats).