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Les Chroniques

Gérard de Cortanze, Le goût des arbres ET François Bott, Un amour à Waterloo (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mardi, 25 Février 2020. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

 

Gérard de Cortanze, Le goût des arbres, Mercure de France, Le petit mercure, 2019, 128p., 8,20€.

 

La collection « Le goût de » regorge de petites merveilles. Chaque fois, un écrivain recueille des textes d'écrivains autour d'un thème célébré.

L'anthologie, introduite par un auteur qui s'est souvenu des « érables sycomores », propose de fouiller dans la littérature « des arbres ».

S'ils sont, ces arbres, de « la famille » d'un Jules Renard, dont le regard est aussi acéré que certains troncs, ils parsèment les champs littéraires, même si , comme chez Flaubert « ils n'ont plus de feuilles » lors d'une promenade d'automne.

La Styx Croisières Cie - 1 - Janvier 2020 - par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Lundi, 24 Février 2020. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

ÈRE VINCENT LAMBERT,  AN  II.

Humain, citoyen le plus vulnérable, la République française, la médecine, la banque et la magistrature réunies, t’ayant baptisé Légume, te tueront.

 

« La plupart des homme qui vivent dans le monde, y vivent si étourdiment, pensent si peu, qu’ils ne connaissent pas ce monde qu’ils ont toujours sous les yeux. "Ils ne le connaissent pas, disait plaisamment M. de B., par la raison qui fait que les hannetons ne savent pas l’histoire naturelle." » Chamfort (1745 – 1793)  -  Produits de la civilisation perfectionnée

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La porte sans entrée, Approche du zen, Antoine Arsan (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 13 Février 2020. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

La porte sans entrée, Approche du zen, Antoine Arsan, Gallimard, avril 2019, 144 pages, 14,50 €

Ce livre de la collection Hors série Connaissance chez Gallimard semble être l’émanation, le parfum d’une citation de La Semaison du poète Philippe Jaccottet, comme si un essai pouvait être un parfum et une citation une fleur : « L’attachement à soi – écrit Jaccottet – augmente l’opacité de la vie. Un moment de vrai oubli, et tous les écrans les uns derrière les autres deviennent transparents, de sorte qu’on voit la clarté jusqu’au fond, aussi loin que la vue porte ; et du même coup plus rien ne pèse. Ainsi l’âme est vraiment changée en oiseau ».

« Un jour ou l’autre, remarque Antoine Arsan, dans un moment de silence et de paix – devant la profondeur d’un paysage –, nous avons tous fait l’expérience inopinée qu’un courant serein nous saisit, qu’il nous emporte dans un sentiment vague où se devine un peu de l’infini. Il semble qu’un vieux lien qu’on croyait disparu vibre encore, nous parviennent son écho assourdi, irrépressible et entêtant, et l’intuition qu’en nous quelque chose de souterrain répond soudain à l’universalité du monde. Et voilà justement qu’il nous appelle à lui, nous entraîne, ou bien nous nous figurons le rejoindre – nous ne nous appartenons plus : enlevés à nous-mêmes, nous voilà confondus, absorbés dans le Beau, comme s’impose une évidence, ou peut-être une vérité. Intime parousie où nous voulons déceler le divin ».

La femme-Maytio, Béatrice Castaner (par Sandrine Ferron-Veillard)

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Mercredi, 12 Février 2020. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

La femme-Maytio, Béatrice Castaner, Serge Safran Ed., JANVIER 2020, 160 pages

 

Lire « La Femme-Maÿtio », c’est reculer, avancer, se placer trente-mille ans avant le temps présent (A.P : avant le temps présent, unité de temps utilisée en archéologie pour désigner les âges exprimés en nombre d’années passées, avant l’année de référence 1950). Leurs plaies, leurs peurs, leurs souffrances à l’échelle d’une seconde. Nos Ancêtres Néandertaliens avaient un animal totem, en eux le monde complet, et réciproquement.

« Ils ne se rappellent déjà plus qui était cette jeune femme qu’ils ont violée tour à tour, pourquoi l’ont-ils épargnée après avoir fendu la chair de tous les autres hommes, femmes, enfants, nouveau-nés de son clan. Pourquoi, ne laissant derrière eux qu’un entrelacs d’une vingtaine de corps éventrés, les cœurs sortis des poitrines et rassemblés en un monticule sanguinolent devant l’abri sous roche où le clan dormait, l’ont-ils emmenée trois jours avec eux pour en faire leur esclave. (…) faire disparaître de la surface de la terre ces Autres humains qui n’étaient pas comme eux. Lorsque l’abri n’a plus été qu’un charnier, ils ont fendu le crâne des derniers nés et ont mangé leur cervelle, crue. »

Les moments forts (41) La Belle au bois dormant de Noureev à Bastille (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 11 Février 2020. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Elle n’eust pas plutost pris le fuseau, que, comme elle estoit fort vive, un peu estourdie, & que d’ailleurs l’Arrest des Fées l’ordonnoit ainsi, elle s’en perça la main & tomba évanouie. La bonne vieille, bien embarrassée, crie au secours : on vient de tous costez ; on jette de l’eau au visage de la princesse, on la délasse, on luy frappe dans les mains, on luy frotte les tempes avec de l’eau de la Reine de Hongrie ; mais rien ne la faisoit revenir. Alors le Roy, qui estoit monté au bruit, se souvint de la prédiction des fées, et, jugeant bien qu’il falloit que cela arrivast, puisque les Fées l’avoient dit, fit mettre la Princesse dans le plus bel appartement du Palais, sur un lit en broderie d’or & d’argent. On eût dit d’un Ange, tant elle estoit belle : car son évanouissement n’avoit pas osté les couleurs vives de son teint : ses joues estoient incarnates, & ses levres comme du corail ; elle avoit seulement les yeux fermez, mais on l’entendoit respirer doucement : ce qui faisoit voir qu’elle n’estoit pas morte. Le Roi ordonna qu’on la laissast dormir en repos, jusqu’à ce que son heure de se réveiller fust venue.