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Les Chroniques

« Pétersbourg » d'Andreï Biely (par Alix Lerman Enriquez)

Ecrit par Alix Lerman Enriquez , le Lundi, 02 Mars 2026. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED, Russie

Pétersbourg, Andreï Biely, éditions des Syrtes poche

 

Je viens de refermer ce livre d’Andrei Biely contemporain d’Alexandre Blok, avec l'impression de tenir entre mes mains un véritable chef-d'œuvre. Une profusion d'images et de couleurs affleure encore à ma conscience avec cette conviction que des années après avoir lu ce livre, je me souviendrai encore de cette fresque grandiose.

Je ne sais par où commencer pour décrire cette odyssée russe qui, tout comme Ulysse de James Joyce, ne dure que vingt- quatre heures. Vingt- quatre heures intenses et endiablées de la vie d’Apollon Apollonovitch et de son fils Nicolaï.

Apollon Apollonovitch Ableoukhov, sénateur conservateur, glacial et compassé, à la fois ridicule et sûr de son importance, est, contrairement à ce que son prénom le laisse supposer, d’une laideur incomparable.  Muni d’oreilles vertes immenses, il semble être justement le parfait contrepoint d'un apollon. C’est que dans ce drame, le comique n’est jamais loin et la dérision sauve ce roman d’une noirceur profonde, rend par certains légère et drôle cette œuvre tragi-comique.

Nous qui nous révoltons, Claude McKay (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 02 Mars 2026. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED, USA, Poésie

Nous qui nous révoltons, Claude McKay, trad. (créole jamaïcain) Karine Guerre, trad. (Anglais États-Unis) Gaëlle Cogan, Michaëla Cogan, préf. Diaty Diallo, dir. Matthieu Verdeil, 2026, 208p., 18 €

 

Le poème comme arme

Le travail poétique de Claude McKay est de l’ordre de la novation : à la fois parce que, historiquement, il suit les années de l’après Première Guerre mondiale, et comme précurseur de la lutte des droits civiques et de la fin de l’apartheid aux USA. On y trouve aussi en germe, comme le rappelle le poète Léopold Sédar Senghor, le concept de « négritude » ; c’est dire l’importance de ce livre où Claude McKay, depuis les poèmes de jeunesse jusqu’aux années 30, développe sa prosodie, chant de lutte, chant du combat Noir.

Il faut parler tout de suite de la question de la haine : haine de l’oppresseur blanc ; haine de l’esclavage des Noirs américains ; puis force de progrès pour l’égalité des Américains et des Africains-Américains. Cette haine est une essence, un combustible, et le poète sait qu’il ne faut pas céder à la brutalité, que sa lutte est celle de la profondeur pour l’égalité humaine, et pas simplement dirigée vers le KKK, pitoyables clowns tristes et inhumains.

Julie Brafman, Yann dans la nuit (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Lundi, 02 Mars 2026. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

Julie Brafman, Yann dans la nuit, éd Flammarion312 pp, 21€


Vivre Duras. Penser Duras. Écrire Duras. Marguerite Duras ! En un mot comme en cent, aimer Duras !

Et, pour ce faire, on le peut aujourd’hui, passer par la bande, prendre le périphérique, les biographies nombreuses ou lire le dernier livre de Julie Brafman, bien connue des lecteurs de Libé, et auteure de son premier livre Yann dans la nuit.

La périphérie est le centre, par moment, dont Yann Andréa serait la jonction.

Une créature ? Un personnage ? Un homme en chair et en os ? Qui ?

Yann Andréa est le sujet à part entière de Julie Brafman.

Un peu par hasard, elle le dit dans ce livre subtil où elle nous dit d’elle aussi, de son approche journalistique et littéraire, de ses tâtonnements dans la nuit de Yann, de lui, ce breton exilé en Normandie, cet amoureux fou des lettres. Des lettres à et de Duras.

Faulkner encore et toujours … (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 18 Février 2026. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

 

William Faulkner est le plus grand romancier de tous les temps. Cela, sous ma plume, n'est pas une opinion, pas même une assertion, encore moins une proposition, c'est un axiome - il ne se discute pas, ne se démontre pas, ne s'explique pas. Il s'applique en source de tout regard sur la littérature.

Je veux ici vous dire combien ce méta-romancier, qui a porté le genre jusqu'aux limites du possible - ou de l'impossible - était capable de glisser dans un ouvrage une plaisanterie de potache à l'adresse du « pôv » lecteur. J'ai commencé hier la lecture du seul Faulkner que je n'ai jamais lu, Descends, Moïse (Go Down, Moses). L'incipit est à mourir de rire (quand on connaît Faulkner) ou à décourager totalement de la lecture du livre (quand on ne le connaît pas). Je prends le temps de vous le retranscrire ici :

Chemins de liberté. L'année poétique : 121 poètes d'aujourd'hui. Anthologie réunie et présentée par Jean-Yves Reuzeau (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Mercredi, 18 Février 2026. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED, Poésie

Chemins de liberté. L'année poétique : 121 poètes d'aujourd'hui. Anthologie réunie et présentée par Jean-Yves Reuzeau. Editions Seghers (Printemps des poètes), 400 pages, janvier 2026, 20€

 

"... Droit devant, comme un mur noir,

les hordes de miliciens,

à une bonne distance pour toute exécution.

(On dit dans nos casernes que

les miliciens sont proches du peuple,

seul le bouclier les sépare.)

Les tanks TR 580 ne sont pas encore arrivés.