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Arts

Mû, Hugo Pratt

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 13 Juin 2013. , dans Arts, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Italie, Casterman

Mû, édition anniversaire en couleurs, 511 pages, 29 € . Ecrivain(s): Hugo Pratt Edition: Casterman

 

Magnifique édition anniversaire en couleurs de , qui nous permet d’apprécier à sa juste valeur l’univers de Corto Maltese, qui a des affinités tellement profondes avec la littérature, et pas uniquement du fait de l’emprise toujours discrète mais constante qu’a la figure de Rimbaud sur ce héros sauvage et d’une exquise politesse, amoureux des voyages au long cours au cours desquels il s’agit pour lui, en perdant ses habitudes, de se retrouver lui-même.

L'art de Tim Burton, Leah Gallo

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 20 Mars 2013. , dans Arts, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA

L’Art de Tim Burton, illustrations de Tim Burton, texte de Leah Gallo, mise en page de Holly C. Kempf, relecture de Derek Frey, Leah Gallo et Holly C. Kempf, Los Angeles (USA), Steeles Publishing Inc., 2009, 434 p. . Ecrivain(s): Leah Gallo

 

Le premier intérêt de cet ouvrage pour les amoureux de Tim Burton tient au fait qu’il regroupe des témoignages de personnes le connaissant très bien, alors même qu’il est réputé être très secret (cette connaissance intuitive se faisant souvent par-delà le langage), à savoir Allison Abbate, Colleen Atwood, John August, Rick Baker, Helena Bonham Carter, Felicity (Liccy) Dahl, Johnny Depp, Danny DeVito, Danny Elfman, Carlos Grangel, Ray Harryhausen, Rick Heinrichs, Martin Landau, Christopher Lee, Lindsay Macgowan, Ian MacKinnon, Shane Mahan, Alex McDowell, Victoria Price, Ken Ralston, Paul Reubens, Deep Roy, Winona Ryder et Richard Zanuck.

Ce recueil de témoignages rend ce livre précieux pour toute personne désirant mieux connaître et la personnalité du cinéaste et l’intense féérie de ses créations. Comme s’il était possible de suivre, grâce à L’Art de Tim Burton, peu à peu du regard les contours de cette féérie qui n’a pourtant pas d’autre matière réelle que notre émerveillement et notre stupeur, notre horreur parfois aussi, à mesure qu’elle se déplie sous nos yeux, faisant de notre silence intérieur une anémone. Fleurie en un instant.

Venise, Jean-Paul Bota et David Hébert

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 17 Janvier 2013. , dans Arts, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Venise, « été-hiver 2009-été 2010, automne 2011-printemps 2012 », texte Jean-Paul Bota, dessins David Hébert, Éditions des Vanneaux, Carnets nomades, 2012, 48-[48] p. 15 € . Ecrivain(s): Jean-Paul Bota et David Hébert

 

Une Venise musicale

 

Ce très beau petit livre est le premier né de la nouvelle collection Carnets nomades aux éditions des Vanneaux. Cette collection consiste en l’irruption du tracé de l’écriture sensible, qui donne à la pensée sa voix, d’un écrivain, en un lieu singulier, une ville à chaque fois différente. Avec comme compagnon de route, au trait frémissant, David Hébert.

Ce premier volume est une vraie réussite. Destination Venise donc. Et c’est un bonheur pour le lecteur, qui se découvre à son tour voyageur par les mots, par les traits conduits qui sont autant de façons de donner au visible, à son cours, tout le noir et le blanc qu’il recelait en lui-même. Il s’agit de donner au visible qui était comme ignorant de lui-même sa vraie musicalité. Contenue, mais perceptible à chaque pas qu’il fait dans la lumière, ou dans la nuit, quand les yeux sont vraiment là pour être ce qui, en étant chevillé à l’émotion, est chevillé au plus intime de soi.

Françoise Sagan, ma mère, Denis Westhoff

Ecrit par Arnaud Genon , le Lundi, 03 Décembre 2012. , dans Arts, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Flammarion

Françoise Sagan, ma mère, novembre 2012, 224 p. 35 € . Ecrivain(s): Denis Westhoff Edition: Flammarion

De Quoirez à Sagan : des images au-delà des clichés

 

La vie et l’œuvre de Françoise Sagan ont souvent, trop souvent été réduits à des clichés. Alcool, drogue, voitures, vitesse, jeux, argent, amis… Bien sûr, s’ils ont la peau dure, c’est que l’écrivain les a elle-même nourris, malgré elle, parfois. Les stéréotypes saganesques ont cela de fascinant qu’ils sont tout à la fois ceux auxquels on l’a réduite et contre lesquels elle ne s’est jamais véritablement défendue, ou de manière timide, amusée, légèrement agacée, au pire.

Les clichés photographiques ici donnés à voir, à lire ne démentiront pas cette image. Françoise Sagan a en effet eu cette enfance bourgeoise non dénuée cependant d’une certaine originalité due notamment à la figure paternelle. Les liens familiaux étaient solides et l’intimité qu’elle noua avec son frère Jacques ne fut jamais démentie. Elle a très tôt été happée par la littérature. Stendhal, Proust, Camus ou Sartre furent ceux pour lesquels elle voua une véritable admiration. Elle connut la gloire à vingt ans mais la vécut sans jamais la prendre au sérieux, avec un certain détachement, une ironie qu’incarnent si bien certains de ses personnages. Oui, elle aima les voitures et ce, dès son plus jeune âge, comme prédisposée…