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Arts

The Sick Bag Song, Nick Cave (par Guy Donikian)

Ecrit par Guy Donikian , le Mercredi, 17 Juin 2026. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, La Table Ronde

The Sick Bag Song, Nick Cave, Editions La Table Ronde, traduction de Serge Chauvin, parution 2 avril 2026, 188 pages, 20 euros. Edition: La Table Ronde


The sick bag song est tout d’abord un livre particulier, un objet littéraire devrait-on dire, puisqu’il s’articule en petits chapitres, chacun débutant par une photo de sac vomitoire, ce qui, à l’évidence ne peut que surprendre, mis à la disposition des voyageurs sur les lignes aériennes de l’Amérique du Nord. Ces sacs vomitoires ont servi au chanteur à écrire des textes durant les vols.

Nick Cave, avec les Bad Seeds qui l’accompagnent depuis toujours, est en tournée en Amérique du Nord. Nous sommes en 2014, la tournée durera plus de deux mois, conduisant le chanteur et le groupe de ville en ville. Et à chaque voyage, Nick Cave va griffonner sur ces fameux sacs des impressions, des textes de chansons, des notes parfois triviales comme d’autres seront plus lyriques, Ce sont aussi des visions qui seront écrites, dévastatrices, apocalyptiques, ou empreintes d’envolées extatiques.

L’automne d’André Derain – Michel Bernard (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 13 Mai 2026. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, En Vitrine, Cette semaine, Les Belles Lettres

L’automne d’André Derain – Michel Bernard – Les Belles Lettres – 180 p. – 21,50 euros – 03/04/26. . Ecrivain(s): Michel Bernard Edition: Les Belles Lettres

 

« Ce 25 février 1916, quand beaucoup se défilaient, il avait fait face, défié la mort, la mutilation. Il savait depuis que le courage ne lui manquait pas. Dans ce train qui l’emmène chez l’ennemi, il n’en est plus sûr. Il pousse la tête dehors, ferme les yeux, ouvre la bouche. »

L’automne d’André Derain est cet automne 41, ce vendredi 31 octobre 1941, où le peintre avec d’autres artistes, Vlaminck, Van Dongen, prend le train de nuit pour Munich à l’invitation de l’Allemagne nazie, qui rêve de s’afficher avec des peintres et des sculpteurs français, en échange de la libération d’artistes prisonniers, ce qu’oublieront les Allemands. Un voyage qui pour certains fut celui de la honte et de la trahison, mais Michel Bernard, n’est pas un procureur de la dernière heure, c’est un écrivain, un écrivain au talent éblouissant qui se saisit de ce voyage pour en faire un roman d’une force rare et profonde, comme il se saisit de la vie tumultueuse du peintre.Il ne donne pas de leçons d’histoire, il nous conte celle d’un peintre qui s’est laissé entraîner, sans enthousiasme, sans tomber dans les bras sanguinaires des nazis, vers l’Allemagne et ses musées.

La douceur rouge des étoiles – Laurent Fassin – Peintures de Benoît De Roux (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 19 Février 2026. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, L'Atelier Contemporain

La douceur rouge des étoiles – Laurent Fassin – Peintures de Benoît De Roux – L’Atelier Contemporain – 152 p. – 25 euros – 03/10/25. Edition: L'Atelier Contemporain

 

 

Le gris-bleu par la fenêtre ouverte – l’entend-elle

Le gris-bleu a tourmenté nos voix – les sent-elle

Les moucherons en chiffon aimantent – les hirondelles – les touche-t-elle

Laisse sa langue aux sons (les vois—tu)

Ô vieille demoiselle jusqu’aux étoiles qui luisent nous parlons des silences

chemisiers de dentelles que vous portiez – naguère…

Par la fenêtre ouverte I

Gerhard Richter. New York 2023 (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 23 Janvier 2026. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Gerhard Richter. New York 2023, préf. David Zwirner, texte Dieter Schwarz, éd. David Zwirner Books, 2023, 192 p., 132 illust., 75$/68,91€

 

Publié à l’occasion d’une exposition à la galerie David Zwirner de New York en 2023, ce beau catalogue est riche de reproductions photographiques de qualité de peintures récentes de l’artiste Gerhard Richter, ainsi que de dessins, dont certains inédits. Gerhard Richter, né en 1932 à Dresde, a étudié à la Hochschule für Bildende Künste de Dresde, et a entrepris un second cycle d’études à la Staatliche Kunstakademie de Düsseldorf. Il y a cofondé un mouvement nommé « réalisme capitaliste » avec Sigmar Polke, Manfred Kuttner, Konrad Fischer. Son travail a fait l’objet de nombreuses rétrospectives à travers le monde, ainsi que des expositions à la Documenta de Cassel. Ses œuvres sont très recherchées par les collectionneurs et les musées, considérées comme des pièces majeures de l’abstraction contemporaine. Des toiles similaires de cette série abstraite se sont vendues pour plusieurs dizaines de millions d’euros aux enchères. Dieter Schwarz, commissaire d’exposition, directeur du Kunstmuseum Winterthur a rédigé le texte, connaisseur depuis 1985 des travaux de Richter. David Zwirner (marchand d'art allemand, fils de Rudolf Zwirner, fondateur d'Art Cologne), accueille une sélection de dessins, de peinture et une installation de Richter dans sa galerie parisienne. Une rétrospective a lieu à la Fondation Louis Vuitton à Paris.

Claudine Bohi et Adrienne Arth - À tâtons dans le siècle (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Vendredi, 16 Janvier 2026. , dans Arts, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Claudine BOHI et Adrienne ARTH - À tâtons dans le siècle - préface de Béatrice Bonhomme, Collection duo, Les Lieux-Dits , 96 pages, 2025, 20 €

 


Un livre d'artiste pas comme les autres, car épais et constamment problématique - qui oppose (et conjoint, comme de force) deux dames décisives dans leur art respectif (la poésie, la photographie). Une sorte de combat entre elles, pour le sens. Combat, parce que si c'est Claudine Bohi la poète qui commente la photographe Adrienne Arth - et pas du tout l'inverse - chacune garde son monde, irréductible, intraductible, indéductible. Chacune reste ici farouchement dans son art : la photographe dans ses clichés, qui, comme toutes les pures images, arrivent d'emblée à leur existence complète, et sont leur propre présence, et, comme spécifiquement les photos, enregistrent le monde, reflètent, qu'elles le veuillent ou non, le sérieux et la consistance préalables des choses et des êtres, vivent de leur contact avec ce qu'elles ont enregistré : la complétude et le contact, donc, voilà exactement ce qui ne peut se trouver dans aucun poème, qui, par principe, a l'inachèvement de la voix et la distance des mots.