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Arts

Chaplin Personal 1952-1973, Yves Debraine (par Fanny Guyomard)

Ecrit par Fanny Guyomard , le Mercredi, 05 Juin 2019. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Editions Noir sur Blanc

Chaplin Personal 1952-1973, février 2019, 144 pages, 110 photographies, 29 € . Ecrivain(s): Yves Debraine Edition: Editions Noir sur Blanc

« Charlie Personal », mais pas Charlie « intime ». Car il y a un peu de mise en scène, dans ces photos saisies par le consentement de l’artiste.

Le feu photographe et reporter Yves Debraine a capturé des milliers de photos du grand cinéaste, après son départ des Etats-Unis en 1953, et jusqu’à sa mort en 1977. De ces deux décennies, une centaine de photographies argentique ont été retenues, certaines déjà connues, d’autres jamais encore publiées.

Tout commence avec la croustillante – ou plutôt fondante – anecdote du poulet à la crème. C’est en conseillant un restaurant servant ce plat au couple Chaplin fraîchement débarqué sur le sol suisse qu’Yves Debraine noue le premier contact. La suite, elle se fera en photo, le jeune français étant reconnu comme le photographe attitré de la famille.

Car plus qu’un hommage au « roi de l’expressivité », c’est un ouvrage sur Chaplin père, avec sa femme Oona O’Neill et leur ribambelle d’enfants. On aime les cartes de vœux à Noël, mises en scène par le cinéaste. On aime aussi lorsque le père fait le clown, imité par ses rejetons. A côté des sorties officielles, on nous donne à voir Chaplin à son bureau, ou le maladroit skieur… Ses sautes d’humeur restent, elles, cantonnées à des anecdotes écrites.

Pierre Bonnard, Au fil des jours, Agendas 1927-1946, Céline Chicha-Castex, Alain Lévêque, Véronique Serrano (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 24 Mai 2019. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, L'Atelier Contemporain

Pierre Bonnard, Au fil des jours, Agendas 1927-1946, Céline Chicha-Castex, Alain Lévêque, Véronique Serrano, avril 2019, 280 p. Edition: L'Atelier Contemporain

 

« Bonnard remplissait ses agendas comme des carnets de notes et de croquis, les ayant toujours à portée de main pour saisir un motif sur le vif, poursuivre une recherche graphique ou écrire une pensée, à côté d’annotations triviales de la vie de tous les jours », Céline Chicha-Castex, Les agendas de Bonnard.

« Le dessin c’est la sensation. La couleur, c’est le raisonnement », Pierre Bonnard, Observations sur la peinture.

Nous sommes en 1927, le 3 octobre, le peintre va avoir 60 ans, il a acheté Le Bosquet au Cannet, ce sera sa maison et c’est aujourd’hui son musée. Il peint, il dessine, et tient son agenda, on y lit : « beau temps doux très beau paysage bleu du port. Couleur – lumière – couleur – couleur ». Tout est là, toute peinture peut advenir : le ciel, le port, la lumière, les couleurs seront au rendez-vous, le peintre est doté d’une vue sur-aiguisée, il voit cette lumière, qui demain, loin du motif, sera sa lumière unique, ses lumières.

Des lions et des hommes, collectif (par Charles Duttine)

Ecrit par Charles Duttine , le Jeudi, 23 Mai 2019. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gallimard

Des lions et des hommes, Sous la direction de Maria Gonzảles Menéndez, avril 2019, 160 pages, 130 ill., 22 € Edition: Gallimard

 

 

Les félins, une histoire humaine.

La Grotte Chauvet II à Vallon-Pont-d’Arc en Ardèche (réplique de la grotte Chauvet découverte en 1994) présente actuellement sa première exposition. Elle porte sur des animaux fabuleux, le lion et autres fauves, qui ont exercé une fascination sur les hommes depuis 400 siècles. Plus de 170 œuvres d’art y sont exposées, relatant les relations que les hommes ont entretenues avec les félins au cours de 40.000 ans d’histoire et à travers sept grandes civilisations. L’ouvrage Des lions et des hommes, publié par Gallimard-Art, est le catalogue de cette exposition. Ce beau livre a été écrit par un collectif de spécialistes et se présente comme une sorte de manuel séduisant et didactique qu’on a plaisir à découvrir.

Conversations, Francis Bacon (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 20 Mai 2019. , dans Arts, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Conversations, Francis Bacon, L’Atelier contemporain, février 2019, 208 pages, 20 €

L’accident

L’Atelier contemporain a décidé de publier les entretiens de Francis Bacon, entretiens qui s’étalent de 1964 à 1992. Et ce qui frappe, c’est l’opiniâtreté du peintre à redire continûment comment il procède, et son opinion sur la peinture qui ne varie pas avec l’âge. On peut donc se faire une idée très précise de ce que Bacon considère comme une peinture digne d’intérêt, et aussi de sa propre position devant le tableau à peindre.

Tout d’abord, Bacon peint pour lui-même, et son travail commence souvent à partir d’une tache hasardeuse sur la toile qui guide son œil. Puis la question du mouvement se pose. Et avec lui, le registre de la réalité. Qu’est-ce que le mouvement ? Qu’est-ce que la réalité selon Bacon ? C’est une façon de saisir la forme et la vibration de la forme, de chercher le moment par la peinture, tout en ne se cantonnant pas à l’illustration d’un sujet. Je crois d’ailleurs, que Bacon autorise la définition de « réaliste subjectif », qui peut répondre aux interrogations que lui font les sujets de ses figures. L’artiste cherche la vie, la réalité, le mouvement, la totalité de la forme, mais sans en passer par le cubisme, école déjà historique à son époque.

Lisière trouble des métamorphoses, Jean-Louis Clarac, Françoise Cuxac (par André Sagne)

Ecrit par André Sagne , le Lundi, 06 Mai 2019. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Lisière trouble des métamorphoses, Editions du Petit Véhicule, coll. L’Or du temps, octobre 2018, 60 pages, 25 € . Ecrivain(s): Jean-Louis Clarac, Françoise Cuxac

 

Pour leur dernier livre d’artiste, publié avec soin par les éditions du Petit Véhicule basées à Nantes, dans leur belle collection Galerie Or du temps, le poète Jean-Louis Clarac et la plasticienne Françoise Cuxac nous convient à un bien étrange voyage vers un bien étrange pays, « en lisière trouble des métamorphoses ». C’est en effet dans cet entre-deux, cette frontière précaire et mouvante que se situe le cœur de leur exploration. Chacun avec son moyen d’expression, le poème pour Jean-Louis Clarac, la sculpture par assemblage de différents matériaux naturels pour Françoise Cuxac (végétaux, minéraux, coquillages, insectes, os, plumes, cornes… placés sur des structures grillagées ou des corps de poupées et liés par de la pâte à papier, pâte à modeler ou tissus), ils partent à la rencontre de ce monde des métamorphoses en croisant leur art et leur technique grâce au dispositif mis en œuvre dans l’ouvrage. Intercalées entre les poèmes, les sculptures photographiées, dont chacune porte un titre rappelé en bas à droite, sont accompagnées de l’extrait d’un poème, un ou deux vers le plus souvent, trois plus rarement, en guise de légende. Ainsi confrontés, le mot et l’image entrent en relation sous les yeux du lecteur qui va librement de l’un à l’autre.