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Arts

Vivian Maier, À la surface d’un miroir, Paulina Spucches (par Arnaud Genon)

Ecrit par Arnaud Genon , le Lundi, 17 Janvier 2022. , dans Arts, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Vivian Maier, À la surface d’un miroir, Paulina Spucches, éditions Steinkis, novembre 2021, 151 pages, 22 €

 

 

Vivian Maier, en peinture

Dans les quelques publications récentes autour de Vivian Maier (catalogue de l’exposition au Musée du Luxembourg, essais biographiques de Françoise Perron et de Ann Marks qui retracent sa vie et interrogent son œuvre), le livre de Paulina Spucches occupe une place particulière. Il s’agit d’un roman graphique, le premier livre de la jeune autrice, âgée de 21 ans, qui a découvert le travail de Maier lors d’une exposition à San Sebastian en 2019. Elle créé ici un dialogue inattendu mais bienvenu entre l’art photographique, celui de Vivian Maier et la bande-dessinée, mais aussi entre le biographique et la fiction, raison pour laquelle le livre n’a pas été approuvé par la succession de Vivian Maier, la collection Maloof ou la galerie Howard Greenberg.

Vivian Maier, en toute discrétion, Françoise Perron (par Arnaud Genon)

Ecrit par Arnaud Genon , le Mercredi, 12 Janvier 2022. , dans Arts, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Vivian Maier, en toute discrétion, Françoise Perron, Éditions Loco, septembre 2021, 228 pages, 19 €

Sur les traces de Vivian Maier

Exposée au Musée du Luxembourg (septembre 2021/février 2022) ainsi qu’à la Galerie Les Douches aux côtés d’Hervé Guibert (novembre 2021/février 2022), Vivian Maier a été l’une des photographes les plus en vue de ces derniers mois. Il est ainsi logique qu’elle ait fait par ailleurs l’objet de plusieurs publications parmi lesquelles le livre de Françoise Perron, Vivian Maier, en toute discrétion. Jusqu’à maintenant, les admirateurs de la nounou photographe avaient dû se contenter, en France, du livre de Gaëlle Josse, Une femme en contre-jour (Notabilia, 2019), un portrait flou, impressionniste, qui n’apportait pas grand-chose de plus que le très beau documentaire réalisé par John Maloof et Charlie Siskel, Finding Vivian Maier, dont l’auteure s’était trop largement inspirée.

Françoise Perron s’est basée, elle, sur de nombreux témoignages recueillis en France et à Chicago ainsi que sur une bibliographie étoffée afin de tenter de percer les secrets d’une des photographes les plus talentueuses de son temps mais aussi une des plus mystérieuses figures de l’histoire de la photographie : « Vivian Maier n’accepta jamais de parler d’elle ou de sa famille. Elle mit toujours un coup d’arrêt à toute velléité de quiconque prétendait violer son intimité ».

La Peinture et le cri, Jérôme Thélot (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 10 Janvier 2022. , dans Arts, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, L'Atelier Contemporain

La Peinture et le cri, Jérôme Thélot, octobre 2021, 184 pages, 25 €

N’es-tu pas reine ô toi que découronnera

La camuse au milieu des infâmes cris noirs

N’es-tu pas à présent le charnel chant du soir

N’es-tu pas la beauté que la mort posséda ?

Pierre Jean Jouve

Cri noir

La Peinture et le cri aurait pu se sous-titrer : Variations sur le cri. Car de Pollaiolo à Francis Bacon, Jérôme Thélot explore la production plastique occidentale du cri en peinture, s’appuyant sur l’effet de punctum qui prend sens dans la vision légèrement inquiète que suscitent les tableaux. Donc, il oriente le regard vers un suspens, un point d’orgue, un accent bruyant et muet, si cet oxymore convient, vers la bouche ouverte et béante de personnages sacrés ou profanes.

L’Œil immuable, Oskar Kokoschka (par Charles Duttine)

Ecrit par Charles Duttine , le Lundi, 13 Septembre 2021. , dans Arts, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, L'Atelier Contemporain

L’Œil immuable (Articles, conférences et essais sur l’art), Oskar Kokoschka, avril 2021, trad. allemand, Régis Quatresous, 456 pages, 25 € Edition: L'Atelier Contemporain

A l’école de la peinture

C’est un plaisir étrange que de fréquenter les œuvres des grands peintres. On y découvre toutes sortes d’univers, des créations marquées par un tempérament, ou encore des visions du monde où le regard joue un rôle essentiel. On apprend, avec eux, à voir ce qui nous entoure, nous qui sommes si souvent borgnes ou franchement aveugles en ce monde. C’est une riche école où il est question de formes et de vibrations, de lumières, de contrastes ou du feu intérieur des couleurs. Les peintres savent nous suggérer l’impalpable, l’intelligible ou le presque rien. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux.

C’est ce à quoi l’on pense en lisant la publication des éditions L’Atelier contemporain, L’Œil immuable, ouvrage qui réunit des textes d’Oskar Kokoschka parus entre 1910 et les années 60. On y découvre que le grand artiste autrichien ne fut pas simplement peintre, contemporain de Klimt, acteur de l’expressionnisme naissant dans la Vienne du début du XXème, mais qu’on lui doit aussi une œuvre littéraire assez fournie. Des récits autobiographiques, des textes purement littéraires (poèmes et drames), des écrits politiques et des essais sur l’art. Ce sont ces derniers que rassemble l’ouvrage L’Œil immuable.

L’exactitude des songes, Denis Grozdanovitch (par Olivier Verdun)

Ecrit par Olivier Verdun , le Mardi, 31 Août 2021. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Le Rouergue

L’exactitude des songes, Denis Grozdanovitch, 128 pages, 22 € Edition: Le Rouergue


« La vision photographique se distingue par une aptitude singulière à découvrir de la beauté dans tout ce que l’on peut apercevoir mais que l’on néglige habituellement comme offrant un aspect trop ordinaire » (Susan Sontag, Sur la photographie).

Le titre du dernier opus de Denis Grozdanovitch, L’exactitude des songes, paru en janvier 2012 aux Éditions du Rouergue, a la beauté mélancolique des oxymores, des vieilles photos sépia, des murs lézardés, des amitiés burinées par le temps.

L’auteur publie ici des photographies prises de 1978 à aujourd’hui, accompagnées de textes courts, empreints d’une lenteur contemplative, tant il s’agit de cueillir, au cœur des choses, la poésie latente qui y gît. – Écrire avec la lumière, sur une plage temporelle de plus de trente ans, impressions fugitives, visions, enthousiasmes, comme pour les ressusciter, puisque, nous le rappelle Denis Grozdanovitch en une manière d’hommage à Marcel Proust, « on ne vit réellement sa vie qu’après coup ».