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Recensions

Cézembre, Hélène Gestern (par Alix Lerman Enriquez)

Ecrit par Alix Lerman Enriquez , le Lundi, 27 Avril 2026. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres

Cézembre, Hélène Gestern


Yann de Kérambrun, professeur d'histoire à l'université de Paris vient de perdre son père, quelques années après sa mère. Son père, puissant chef de l'entreprise familiale de navettes bretonnes basée à Saint-Malo, a toujours représenté pour Yann un être austère et tyrannique, un homme intraitable qui n'a pas su donner d’affection à ses enfants.

C'est donc le moment pour ce quinquagénaire désabusé qui vient de divorcer et dont le fils Paul s'est éloigné de lui pour aller en Allemagne, de retourner aux sources bretonnes afin de prendre du recul et d'interroger le passé familial. Yann décide alors de prendre une année sabbatique dans le manoir familial Les Couërons qui donne vue imprenable sur la mer de St Malo et de ses îles avoisinantes comme l’île de Cézembre :

« Je continue à observer l’île à la jumelle. Après l’agitation, la douceur de ses courbes, sa solitude désertée irradient une paie magnifique. Une apparence trompeuse, pourtant. Ce caillou, dont le relief était resté à jamais défiguré par les cratères qu’y avaient creusés les explosions à la libération, était une poudrière dormante avec son sol truffé d’obus... »

Bâtards, JB Hanak (par Guy Donikian)

Ecrit par Guy Donikian , le Lundi, 06 Avril 2026. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Le Mot et le Reste

Bâtards, JB Hanak, Le mot et le reste, 250 pages, 21 euros, sortie 17 avril 2026 Edition: Le Mot et le Reste

 

« Enfin nous sommes au Japon. J’ai 26 ans, Fred 31. Ce pays nous obsède depuis toujours. Depuis qu’on fait de la scène, on a toujours crevé d’envie de venir jouer ici. »

Deux frères, partent en tournée au Japon. Ce sont des musiciens reconnus de la scène électro expérimentale. Le Japon qu’ils vont découvrir les étonne, les surprend, les effraie aussi. La musique, disparate, omniprésente les surprend d’emblée : « Quinze minutes de cacophonie, chaque rue hurle dans ses moindres recoins. Salle de jeux, restaurant, magasin, publicités, cinéma, bar… Chaque établissement diffuse sa propre musique, provoquant un zapping sonore constant. Des voix amplifiées fusent dans tous les sens. Les feux rouges et panneaux de signalisation diffusent tous leur propre mélodie. Des jingles et tocsins tournent en fond obsessionnel. » Ils découvrent un Japon où les signaux sonores agissent comme une empreinte mnémotechnique sur la population.

Petit traité de la vertu à l’usage de ceux qui ne sont pas sages, Marc Alpozzo (par Marjorie Rafécas Peydomenge)

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Lundi, 16 Février 2026. , dans Recensions, Les Livres, Essais, La Une Livres

Petit traité de la vertu à l’usage de ceux qui ne sont pas sages, Marc Alpozzo, Ed. Guy Trédaniel Septembre 2025, 129 pages, 9,90 €

 

Qui croit encore en la vertu ? Mot hérité du temps des romains, la vertu semble ennuyer notre époque qui préfère ruminer la « moraline », pour reprendre cette expression nietzschéenne. C’est donc une gageure, de la part de Marc Alpozzo, d’avoir voulu la dépoussiérer et tenter de la hisser vers les devants de la scène.

Nous confondons à tort « vertu » et « morale ». Pourtant, André Comte-Sponville avait déjà tenté une réhabilitation ambitieuse de la vertu avec son Petit traité des grandes vertus en 1995. Contrairement à la vertu qui cherche à nous libérer, la morale est un système de contrôle et un moule « prêt-à-penser ».

Le ciel sous nos pas, Leïla Bahssaïn (par Abdelmajid Baroudi)

Ecrit par Abdelmajid Baroudi , le Jeudi, 29 Janvier 2026. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Albin Michel

Le ciel sous nos pas, LEÏLA BAHSSAÏN, Albin Michel 2019 Edition: Albin Michel


Le temps qu’il fait à Paris s’harmonise avec l’écriture et la lecture de ce texte. La grisaille synonyme de déception d’un paradis tant attendu coïncide avec la grisaille qui accompagne le rite de la lecture. Autrement dit, la temporalité de l’écriture va de pair avec celle de la lecture, sauf que l’ici et maintenant de la lecture exige la continuité de crainte de ne pas casser le rythme de l’assimilation et tomber dans l’oubli. Or la longévité de l’écriture impose d’autres   cérémonies telles que le langage, l’imagination et la fiction nourrie par la métaphore. Ceci dit, finir une lecture d’un texte n’est pas la même chose que finir d’écrire un texte car la finesse de l’écriture séduit la lecture et l’incite à aller jusqu’à la fin. Comment donc savourer la finesse de Le ciel sous nos pas ?

La lecture que je propose de ce texte   est d’ordre notionnel dans le but d’approcher tantôt sa relation au concret, tantôt son élan fictionnel. Et pour illustrer cette articulation, je me suis focalisé sur deux notions : la personne et la personnalité.

Jacques-Louis David, Sébastien Allard (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mercredi, 14 Janvier 2026. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Gallimard, Arts

Des arts plastiques et de la politique

 

Osera-t-il remonter au berceau des sociétés et nous y montrer les peuples égaux de leurs rois, stipulant avec eux de leur obéissance pour prix de leur sûreté, leur bonheur pour prix de leur foi ? Osera-t-il peindre avec des couleurs noires les tyrans qui ont déchiré ce pacte social, couronner les Brutus qui, d'une main courageuse, les ont punis ?

Jacques Pierre Brissot, De la Vérité : ou Méditations sur les moyens de parvenir à la vérité dans toutes les connaissances humaines, Neufchâtel et Paris, Nabu Press, 1782

Sébastien Allard (ancien élève de l'École normale supérieure, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'École nationale du patrimoine, historien de l'art, conservateur général du patrimoine, depuis 2014  directeur du département des Peintures du musée du Louvre), présente l’importante exposition rétrospective de l’œuvre de Jacques-Louis David (né le 30 août 1748 à Paris et mort le 29 décembre 1825 à Bruxelles).