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Recensions

Contes d'amour, de folie et de mort, Horacio Quiroga

Ecrit par Guy Donikian , le Jeudi, 05 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Amérique Latine, Nouvelles, Métailié

Contes d’amour de folie et de mort , trad. espagnol (Uruguay) par Frédéric Chambert, 5 septembre 2013, 215 pages, 10 € . Ecrivain(s): Horacio Quiroga Edition: Métailié

 

Les contes d’amour de folie et de mort ont été écrits en 1917. Horacio Quiroga, écrivain uruguayen, a eu une vie durant laquelle il a côtoyé la mort dès son plus jeune âge, ce qui a, à l’évidence, plus qu’influencé son œuvre. Il a trois mois quand son père se tire une balle de fusil dans la tête, et on ne saura pas s’il s’agit d’un suicide ou d’un accident. En revanche, dix sept ans plus tard, son beau-père se suicide en raison d’une maladie. Sa première femme se suicide en 1915 et Quiroga lui-même va tuer accidentellement son meilleur ami lors de la manipulation d’un pistolet.

Ce recueil de nouvelles, relativement courtes, met en scène la mort dans ce qu’elle a d’incontournable, et on ne s’étonnera pas de trouver dans les nouvelles des chutes qui paraissent d’une logique implacable. Lire Horacio Quiroga c’est s’immerger dans ce rapport au monde très singulier, où l’éphémère est au service d’un réalisme et dans lequel chaque détail a son importance.

Immortelles, Laure Adler

Ecrit par Stéphane Bret , le Jeudi, 05 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Grasset, La rentrée littéraire

Immortelles, 5 septembre 2013, 362 pages . Ecrivain(s): Laure Adler Edition: Grasset

 

L’amitié, ce sentiment si précieux, peut nous conduire à un peu d’éternité. C’est à cette célébration que souhaite nous faire assister Laure Adler dans son roman Eternelles. C’est le récit des parcours de trois femmes, Judith, Suzanne et Florence, qui ont toutes, à différents moments de leurs vies respectives, rencontré la narratrice, l’ont marquée, influencée, façonnée dans ses choix de vie, affectifs, sociétaux.

Judith a passé son enfance en Argentine, issue d’une famille d’origine juive polonaise. Sa mère, Ethel, connaîtra la France durant la seconde guerre mondiale. Suzanne, marquée dès l’enfance par l’absence d’un père parti, dit-il, installer des filiales pour le compte d’une grande entreprise au Brésil, éprouve très tôt l’impératif de la recherche de la liberté ; elle se compare à Albertine, personnage de La Recherche du temps perdu. Elle est devenue « une fille murée ». Florence, pour sa part, cherche son salut dans les spectacles, dans le théâtre, art dont elle est éprise. Elle fréquente assidûment le festival d’Avignon, assiste aux débordements du Living Theater, à la mise en cause de Jean Vilar par des contestataires.

Guerriers amoureux, Jean-Louis Costes

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 03 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman

Guerriers amoureux, Editions Eretic, avril 2013, 286 pages, 17 € . Ecrivain(s): Jean-Louis Costes

 

 

Costes, le phénomène ! ça fait longtemps que j’en entends parler, que j’ai vu quelques vidéos, visité son site, mais ce qui m’a aidée à comprendre (je ne comprenais pas) c’est de l’entendre parler lui et lire des interviews. Aussi, récemment j’ai eu envie de lire un de ses livres, le dernier donc qui est sorti en avril, alors je l’ai contacté et il me l’a gentiment envoyé en SP (service de presse). Pure curiosité et toujours ce besoin de comprendre, la marge m’a toujours attirée, car je sais les trésors de beauté et de tendresse qu’elle peut cacher sous des apparences ultra rebutantes, mais je vous préviens, c’est vraiment pas à mettre entre toutes les mains ! L’expérience en tout cas est des plus intéressantes et heureusement on se marre quand même malgré… TOUT, car il y a des moments on exploserait bien le bouquin contre un mur.

Victus, Albert Sanchez Pinol

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 31 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Espagne, Actes Sud

Victus, traduit de l’espagnol par Marianne Million, mars 2013, 612 pages, 28 € . Ecrivain(s): Albert Sanchez Pinol Edition: Actes Sud

 

A la recherche du Mot


Avec Victus, Albert Sanchez Pinol fait ses adieux au réalisme fantastique tel que le lecteur a pu en faire l’expérience lors de ses lectures successives des romans tels que La peau froide ou encore Pandore au Congo. En effet, Victus est un récit fleuve où s’entremêlent le picaresque, le conte philosophique et l’odyssée.

L’intrigue se focalise sur l’histoire de la vie du dernier ingénieur-élève du célèbre Vauban. Les premières pages s’ouvrent sur la scène d’un vieillard dictant ses mémoires à sa gouvernante autrichienne :

« L’idiote qui transcrit mes paroles est une Autrichienne appelée Waltraud Je-ne-sais-quoi ».

Dimanche chez les Minton et autres nouvelles, Sylvia Plath

Ecrit par Stéphane Bret , le Vendredi, 30 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, USA, Nouvelles, Folio (Gallimard)

Dimanche chez les Minton et autres nouvelles, mai 2013, 97 pages, 2 € . Ecrivain(s): Sylvia PLATH Edition: Folio (Gallimard)

 

 

La nouvelle est un exercice difficile en littérature ; son caractère succinct incite à la concision, à une brièveté efficace. Le tout doit créer un univers, une ambiance.

Sylvia Plath, nouvelliste et poétesse américaine du XXe siècle, excelle dans le genre. Elle décrit ainsi des individus aux rêves brisés par le conformisme d’une vie trop bien rangée, ordonnée par de lancinantes habitudes comme dans La boîte à souhait, description de la vie d’un couple dans lequel l’époux tue les rêves de sa compagne par la pure routine. On citera également, dans le domaine de la satire sociale et de la mise à jour de l’hypocrisie sociale, Le jour où Mr Prescott est mort, fine description de la fausseté des sentiments et de l’absence de chagrin réel ressenti lors d’un deuil dans une famille… La dernière nouvelle, Un dimanche chez les Minton, met en scène un frère, au demeurant très âgé, qui a choisi de partager sa retraite avec sa sœur ; il est conformiste, aime les recettes de cuisine bien faites, elle est rêveuse, hardie en pensée, et cède devant ce conformisme vainqueur et cette quiétude émolliente :