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Histoire

Lénine 1917, Le train de la révolution, Catherine Merridale

Ecrit par Gilles Brancati , le Lundi, 29 Mai 2017. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Payot

Lénine 1917, Le train de la révolution, mars 2017, trad. anglais Françoise Bouillot, 280 pages, 24 € . Ecrivain(s): Catherine Merridale Edition: Payot

La première chose à dire sur ce livre est la richesse de sa documentation. Trente-huit pages de renvois vers d’autres œuvres attestent que ce récit historique fait partie des livres majeurs sur le sujet et que rien n’a été laissé au hasard. C’est bien une synthèse de ce qui a été écrit que Catherine Merridale nous propose.

Le train de la révolution est celui dans lequel Lénine a voyagé pour rentrer en Russie depuis la Suisse où il est en exil depuis 1905. Un long, un très long voyage à travers l’Allemagne, la Suède, la Finlande et son achèvement à Petrograd. Le révolutionnaire exilé, assez peu connu en Russie, n’a pas participé au début de la révolution populaire. Quand il revient en Russie, le Tsar a déjà abdiqué et un gouvernement provisoire a été constitué.

La ligne de fracture entre les deux camps – Mencheviks et Bolcheviks – est avant tout le maintien ou le retrait des troupes russes dans la guerre contre l’Allemagne. Ce qui veut dire que tous sont instrumentalisés par les puissances étrangères concernées. L’Allemagne a intérêt à ce qu’une paix séparée soit signée pour porter son effort de guerre sur le front de l’ouest, et les alliés veulent le contraire. De là à dire que les Allemands ont aidé Lénine, partisan de la paix, c’est une évidence. De là à dire qu’ils ont financé les bolcheviks, rien n’est vraiment avéré, mais probable.

Milon de Crotone ou l’invention du sport, Jean-Manuel Roubineau

Ecrit par Jean Durry , le Mardi, 23 Mai 2017. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, PUF

Milon de Crotone ou l’invention du sport, 359 pages, 22 € . Ecrivain(s): Jean-Manuel Roubineau Edition: PUF

 

Une biographie de Milon de Crotone ? S’y atteler ne manque pas de courage, étant entendu que « Milon en particulier, et les athlètes en général, n’[en]ont pas fait l’objet » dans l’Antiquité elle-même. Il fallait donc s’armer de patience et de la ténacité du chercheur pour réunir, confronter, commenter tous les textes disséminés des auteurs anciens ayant contribué à dresser son portrait en l’érigeant en symbole. De ce courage, Jean-Manuel Roubineau n’a certes pas manqué, ainsi qu’en témoignent les 763 notes érudites n’occupant à la fin du volume pas moins de 58 pages.

D’emblée, l’Introduction dessine les lignes essentielles. De celui qu’au début du 1er siècle après J.-C., Strabon, situé comme « le plus célèbre des athlètes », il n’existe plus en fait aucune représentation physique tant soit peu contemporaine et notamment plus la statue de l’Altis d’Olympie qui fut le support de Pausanias. Il n’empêche qu’il est devenu un archétype, repris chez Rabelais, Hugo, Alexandre Dumas – variantes modernes laissées volontairement de côté. D’une part, il correspond à l’émergence du « sport » tel qu’on l’entend de nos jours ; d’autre part, son personnage et sa mort tragique ont connu, suscité des interprétations contradictoires.

Le génocide des Arméniens, représentations, traces, mémoires (Collectif)

Ecrit par Guy Donikian , le Mardi, 16 Mai 2017. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Hermann

Le génocide des Arméniens, représentations, traces, mémoires, sous la direction de Jocelyne Chabot, Marie-Michèle Doucet, Sylvia Kasparian, Jean-françois Thibault, avril 2017, 230 pages, 22 € Edition: Hermann

 

Le 24 avril 1915 les autorités turques d’alors ordonnent l’arrestation à Constantinople de plus de six cents intellectuels arméniens qu’on ne reverra pas : certains seront exécutés dans la campagne environnante, d’autres seront conduits plus au sud en direction de la Syrie pour y être assassinés. Ce jour marque pour tous les Arméniens de la diaspora et de l’Arménie le début des massacres que les preuves accumulées par nombre d’historiens permettront de nommer génocide. Ce sont près de un million cinq cent mille Arméniens qui périront dans des circonstances paroxystiques de violence et de haine.

En 2015 eut lieu le centième anniversaire de ce génocide qui n’est toujours pas reconnu par le gouvernement turc. Aujourd’hui, cela fait cent deux ans que les gouvernements turcs qui se sont succédé nient ce génocide, arguant du fait que ce seraient les Arméniens qui auraient attaqué la Turquie, ces derniers se seraient pour la majorité ralliés à la Russie, alors en guerre contre la Turquie.

La Fabrique du livre. L’édition littéraire au XXe siècle, Olivier Bessard-Banquy

Ecrit par Ivanne Rialland , le Vendredi, 21 Avril 2017. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

La Fabrique du livre. L’édition littéraire au XXe siècle, Presses universitaires de Bordeaux & Du Lérot, septembre 2016, 510 pages, 29 € . Ecrivain(s): Olivier Bessard-Banquy

 

Olivier Bessard-Banquy nous propose ici une traversée du monde de l’édition du XXe siècle, nourrie par un impressionnant travail d’archives. Au fil de chapitres ordonnés chronologiquement, l’on assiste ainsi à la mutation de l’édition française, depuis le travail familial et artisanal de la fin du XIXe siècle à la concentration et l’industrialisation du secteur à l’orée des années 1970 – l’auteur laissant de côté la période contemporaine, objet d’un précédent livre : L’Industrie des lettres. Étude sur l’édition littéraire contemporaine.

Comme il le précise, Olivier Bessard-Banquy ne recherche pas de la sorte à bouleverser l’histoire de l’édition, dont les grandes étapes sont déjà connues, mais il insère dans un panorama général très complet des monographies fouillées sur des figures marquantes du monde de l’édition, et des anecdotes parfois savoureuses sur les exigences d’écrivains ou d’ayants droit impécunieux. Le lecteur aura notamment plaisir à découvrir les débuts d’hommes qui ont laissé leur nom à de grandes maisons d’édition, à les suivre dans leurs succès et leurs déboires : Albin Michel, Grasset, Pauvert, Bourgois, etc…

Philippe-Auguste, Le bâtisseur de royaume, Bruno Galland

Ecrit par Vincent Robin , le Vendredi, 14 Avril 2017. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Belin

Philippe-Auguste, Le bâtisseur de royaume, 240 pages, 9,90 € . Ecrivain(s): Bruno Galland Edition: Belin

 

Dieudonné. L’histoire recense le plus couramment sous cette attribution de nom ceux que leur naissance lia à la théorie du bonheur providentiel. Fils de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, le plus célèbre de ceux auxquels on attacha cette circonstancielle appellation fut bien alors le roi de France Louis XIV à son arrivée au monde, en l’an 1638. Parce que ce substantif était aussi chez eux le doublon d’un autre nom plus directement employé, d’autres individus moins en vue auront pourtant également détenu cette marque nominale dédiant leur avènement. Quels qu’ils furent, on serait bien en peine d’affirmer que sous ce référant assurément récolté de charité divine, l’« honneur de Dieu » présumé dans la droiture morale de chacun d’eux soit ensuite absolument resté sauf – salve honorus Deï – ainsi qu’on le disait autrefois. Il serait même sans doute aisé de repérer dans le cours de l’histoire les titulaires qui, sous ce qualificatif louangeur, se seront assez vite arrangés pour lui ôter son initial crédit de faveur et d’enchantement.