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Jeunesse

La course à la lune, Myriam Bendhif-Syllas, illust. Marion Arbona, par Cathy Garcia

Ecrit par Cathy Garcia , le Jeudi, 14 Décembre 2017. , dans Jeunesse, Les Chroniques, La Une CED

La course à la lune, Myriam Bendhif-Syllas, illust. Marion Arbona, Le Buveur d’encre, novembre 2017, 76 pages, 14 €

 

 

Voici un très bel ouvrage, où les vraiment superbes illustrations de Marion Arbona s’enlacent au plus près du texte et donnent corps à ce conte qui renoue avec ceux d’antan, avant qu’ils n’aient été dépouillés de leur côté obscur, de leur part de nuit. Un conte imprégné d’une très ancienne sagesse et qui va puiser au plus profond de la mémoire ancestrale des vérités encore plus profondes : pour recevoir il faut donner, et notre lien aux autres, mais aussi à la nature, devrait s’enraciner dans cette évidence. C’est ce que découvre la jeune fille de ce conte initiatique sous l’égide de la lune. Il serait dommage de trop en révéler, car le mystère fait partie du chemin, mais c’est un véritable régal de renouer avec ces énergies oubliées qui grondent dans le ventre des femmes.

Savants qui êtes-vous ?, Didier Bazy, Sylvie Serprix

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 08 Décembre 2017. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Savants qui êtes-vous ?, Didier Bazy, Sylvie Serprix, Bulles de savon, novembre 2017, 48 pages, 18,95 € . Ecrivain(s): Didier Bazy

 

Qui n’a pas autour de soi un cadeau à choisir pour un gamin, pas tout à fait ado, mais ayant encore dans l’œil le pétillement de l’enfance, son infinie curiosité, son armada de « comment ça marche ? ». Ce gamin qu’on peut difficilement renvoyer à ses chères études – il est prix d’excellence, au site machin, qu’il connaît par cœur ; celui qui, mine de rien, vous tue un repas de famille par la précision de la question posée comme si de rien n’était en guise de tout était… Vous tenez votre affaire avec ce très bel et bon album de chez Bulles de savon ; un bouclier, pas moins, et peut-être même un viatique.

Collection Qui êtes-vous ? dont un des derniers numéros, Rebelles, qui êtes-vous ? voisine délicieusement avec celui-ci. Double et magnifique page ; le savant qui parle en son nom, qui se met en scène et vit ; un petit encadré plus scolaire, plus extérieur, mais fort pertinent, et, en regard, un dessin qui en raconte presque autant que le texte sur son bonhomme (saluons bien bas le talent de Sylvie Serprix, capable de nous faire envoler l’imaginaire ; par exemple, cette pomme pile sur le nez de Newton, ou ce Darwin sur le visage duquel passe l’ombre d’un faucon).

The Lulu Projekt, Magali Mougel

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 31 Octobre 2017. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre, Espaces 34

The Lulu Projekt, 2017, 53 pages, 13 € . Ecrivain(s): Magali Mougel Edition: Espaces 34

 

What else should I be ?

Force est de reconnaître qu’il existe depuis déjà de nombreuses années un théâtre écrit pour les adolescents, joué par eux dans le cadre d’ateliers, d’options scolaires mais aussi d’institutions dont la programmation est tournée prioritairement vers ce public « jeunesse » ; on peut citer le TGN de Lyon ou Am Stram Gram dirigé par Fabrice Melquiot à Genève. Le système actuel des subventions publiques oblige la création pour des scènes nationales ou des centres dramatiques nationaux de plusieurs spectacles destinés aux enfants par saison. Les auteurs, leurs éditeurs accompagnent ce mouvement. Suivent aussi les prix littéraires dédiés. Certains auteurs d’ailleurs en dehors de leur bibliographie générale signent de nombreuses pièces « jeunesse » comme E. Bond, dès le début des années 2000 ou Fabrice Melquiot en France.

Petit jardin de poésie, Robert Louis Stevenson, illustrations Ilya Green

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Vendredi, 06 Octobre 2017. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Poésie, Grasset, La rentrée littéraire

Petit jardin de poésie, Grasset-Jeunesse, août 2017, 32 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Robert Louis Stevenson Edition: Grasset

 

Petit jardin de poésie est un recueil de poèmes de Robert Louis Stevenson, écrivain célèbre pour son Ile au trésor, et l’Etrange cas du Dr Jekyll et M. Hyde. Les Editions Grasset-Jeunesse en proposent quelques extraits à l’attention du jeune lectorat. Un petit jardin de poésie à hauteur d’enfant, dans une collection puisant dans le patrimoine littéraire des textes adaptés aux jeunes lecteurs et qui fait dialoguer les textes d’hier avec les images d’aujourd’hui grâce à la participation d’illustrateurs contemporains.

Une merveilleuse idée que cette entrée en littérature pour les tout-petits par le biais de la poésie et d’un univers onirique et sensible. Celui-ci est une véritable ode au voyage par l’incursion dans le quotidien ordinaire de l’enfance. Toute en tendresse et délicatesse, une bien jolie collection.

L’album illustré par Ilya Green porte un très beau poème-dédicace titré « Pour Alison Cunningham, de la part de son garçon » :

Une petite chose sans importance, Chroniques lunaires d’un garçon bizarre, Catherine Fradier

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mercredi, 12 Juillet 2017. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Au Diable Vauvert

Une petite chose sans importance, Chroniques lunaires d’un garçon bizarre, 171 pages, 12 € . Ecrivain(s): Catherine Fradier Edition: Au Diable Vauvert

Il est autiste. De cet autisme que l’on nomme Asperger : celui qui épate les gens ordinaires (et fiers de l’être) qui n’y voient souvent qu’une monstruosité admirablement surprenante pour des scenarii de films ou de séries télé. Il s’appelle Sacha et suit sa mère au cœur du Congo, de la RDC, La République Démocratique du Congo, où celle-ci est médecin dans une organisation humanitaire. Sacha a quatorze ans. Il aime la précision et a compris depuis longtemps que les autres, enfants ou adultes, ne comprenaient rien, eux, à sa manière d’être.

Apprendre à vivre avec Asperger n’est pas le plus difficile. C’est avec les autres qu’il faut apprendre à vivre, et parfois les autres n’y tiennent pas vraiment.

Une chose qu’il connaît très bien, c’est la moquerie, celle que ni l’ignorance ni la peur ne suffise à expliquer. Il connaît bien aussi les décimales de pi, au-delà des cinq cents premières. Pas de meilleurs remèdes contre l’angoisse quand le monde devient trop hostile ou inquiétant que de se les réciter, mais aussi d’inventer une histoire, un conte, Conte de Pi, dont chaque mot compte de nombre de lettres correspondant aux décimales. Car un conte, pour d’autres que lui, c’est plus facile à mémoriser que des chiffres.