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Jeunesse

À propos de Comment j’ai raté ma vie, Bertrand Santini, Bertrand Gatignol (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 10 Mai 2019. , dans Jeunesse, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Comment j’ai raté ma vie, Bertrand Santini, Bertrand Gatignol, Grasset Jeunesse, avril 2019, 48 pages, 12,50 €

 

 

Brève histoire d’un perdant

L’album intitulé Comment j’ai raté ma vie, conçu par les auteurs, illustrateurs et scénaristes, Bertrand Santini et Bertrand Gatignol, se présente comme un carnet de croquis luxueux, au format original de 22x16,7 cm. Ce livre-jeunesse relate l’enfance assez solitaire – pour ne pas dire triste – d’un garçonnet que l’on voit passer à l’âge adulte. Le ton est décalé et caustique. Le titre Comment j’ai raté ma vie, suivi d’un avertissement « ou comment ne pas rater la vôtre », annonce le caractère général de ce petit traité de philosophie, si je puis dire. Les monologues se situent plus près des tankas occidentaux que des répliques des phylactères de bandes dessinées.

Le Grand Voyage de Rickie Raccoon, Gaëlle Duhazé (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 09 Mai 2019. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Le Grand Voyage de Rickie Raccoon, éditions HongFei Culture, février 2019, 64 pages, 15,50 € . Ecrivain(s): Gaëlle Duhazé

 

Après nous avoir enchantés grâce à Cité Babel et Chaton pâle, Gaëlle Duhazé poursuit sa création nourrie de métissage et d’une rare sensibilité avec les aventures d’une héroïne incroyable : la toute petite Rickie Raccoon.

Cachée derrière des montures roses gigantesques et coiffée d’un bonnet de laine aussi grand qu’elle, sorte de version animale de Punky Brewster, Rickie est une très jeune raton-laveur, seule survivante d’un naufrage et recueillie par une charmante mais bavarde chèvre angora. Ses deux seuls amis sont aussi atypiques qu’elle et le trio s’attire les pires ennuis avec les caïds de l’école. Un jour, les frères Pizzly dépassent les bornes, Rickie est profondément blessée : « une formidable colère la brûle tout entière ». Quelque chose se passe qui la couvre de honte et l’amène à penser qu’elle ne peut plus rentrer chez elle. Le plan est tout trouvé : « Quitter l’île de Vancouver. Préparer un sandwich, emporter ses bonbons au sirop d’érable et un ou deux souvenirs. Laisser un mot à Mme Rosabianca. Puis disparaître pour toujours ».

Les émotions de Moune, Cécile Alix, Claire Frossard (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 30 Avril 2019. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Magnard

Les émotions de Moune, Magnard Jeunesse, mars 2019, 30 pages, 9,90 € . Ecrivain(s): Cécile Alix, Claire Frossard Edition: Magnard

 

 

Moune est une petite fille à la bouille ronde et aux cheveux roux bouclés. Comme tous les enfants, elle est amenée à vivre de nombreuses expériences qui provoquent en elle des émotions. Or, pour un tout-petit, l’émotion n’a pas de degrés, elle est. Pleine et entière, le submergeant parfois. La collection consacrée à Moune et à son copain Timéo, propose de parler de deux émotions contraires à travers deux histoires et de faire partager à l’enfant lecteur ses propres expériences, de mettre des mots sur des émotions et des situations qui l’auront marqué. La conception des albums s’accompagne d’une page consacrée à chacune des émotions abordées, précédant l’histoire, puis d’une double page dédiée à un jeu visant à accompagner ou à faire passer l’émotion éprouvée. Ces compléments sont l’œuvre de la psychopédagogue Florence Millot, spécialisée en communication bienveillante en famille et en gestion des émotions.

Émerveillements, Sandrine Kao (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mardi, 09 Avril 2019. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Grasset, Albums

Émerveillements, mars 2019, 40 pages, 18,90 € . Ecrivain(s): Sandrine Kao Edition: Grasset

 

 

L’album jeunesse composé par Sandrine Kao, d’origine taïwanaise, née en 1984, illustratrice et auteure de plusieurs romans et ouvrages d’art, s’offre à nous orné d’une couverture veloutée, au titre en lettres en surimpression, en relief. Sa réalisation est conçue de façon géométrique – un rappel d’idéogrammes avec quelques signes autour d’un sommet, probablement celui du Mont Fuji, dans des cases en forme d’écrans. Les couleurs et nuances pastel sont quelquefois mangées par le noir sidéral, la couleur d’encre. L’ère du minuscule alterne avec des indices infimes et pourtant visibles : le blanc de la neige, le rose des pétales de fleurs de cerisier et de pêcher et le vert du printemps. En dehors des éléments végétaux et de la vastitude du ciel, il y a la germination de la graine, l’éclosion délicate de quelques fleurs ou fruits.

Inventer les couleurs, Gilles Paris (par Christelle Brocard)

Ecrit par Christelle d’Herart-Brocard , le Vendredi, 29 Mars 2019. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gallimard Jeunesse

Inventer les couleurs, mars 2019, ill. Aline Zalko, 48 pages, 11,90 € . Ecrivain(s): Gilles Paris Edition: Gallimard Jeunesse

 

Empêtré dans la grisaille de son quotidien, l’adulte atrophie le monde qui l’entoure. Peu enclin aux rêves et à la fantaisie, les couleurs sont pour lui uniquement celles de la réalité : « Mais les feuilles des arbres sont vertes, Hippo. La mer est bleue et le soleil jaune ». Mais le petit Hyppolite est loin d’être un ahuri. Il a parfaitement observé que les visages de Fatou et de Firmin sont noirs, ceux des jumelles Chan et Cui, jaunes, et ceux d’Abdallah et Antar, café au lait. Aussi ignore-t-il cette remarque condescendante de Jérôme, l’animateur du service de l’Enfance de la Ville, tout en faisant preuve d’une empathie profonde et clairvoyante à son égard. Après tout, ce dernier vit seul, une vie sans couleur, au douzième étage d’un immeuble, tout au fond d’un couloir, avec un chien pas à lui qui pisse sur son paillasson. L’existence d’Hyppolite n’a pourtant rien d’un conte de fées : sa mère est partie avec le père de son meilleur ami, il s’acquitte de tous les devoirs domestiques que son propre père, noyé dans le chagrin et la bière, n’est depuis longtemps plus en mesure d’assumer : « A chaque fois, je bondis hors de mon lit, je lui prépare son café, un peu grognon d’être debout, les cheveux coiffés par le vent du sommeil. Je prends un sac plastique et j’y mets toutes les canettes mortes et le contenu de son cendrier qui déborde de partout ». Pas étonnant qu’il s’endorme en classe et se retrouve chez le directeur.