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Jeunesse

Le fil d’Ariane, Jan Bajtlik (Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mercredi, 25 Septembre 2019. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, La Joie de lire

Le fil d’Ariane, septembre 2019, trad. polonais, Lydia Waleryszak, 80 pages, 24,90 € . Ecrivain(s): Jan Bajtlik Edition: La Joie de lire

 

Jan Bajtlik nous livre avec Le fil d’Ariane un ouvrage à la fois documenté et divertissant. Cet album-jeunesse, destiné à des enfants (au passage du primaire au collège), se dote d’une courte introduction ainsi que d’un schéma-devinette qui renvoie aux explications des dernières pages. Le livre est de grand format (37,5 x 28,5 cm), cartonné, au fond bleu couleur de la mer Égée. Dès la première double-page, des personnages de différentes dimensions tournent dans l’espace sphérique du mont Olympe, entouré par l’eau primordiale des océans. Tout est circonvolutions, dédales, méandres, écheveaux, réseaux. Un peuple s’anime, des individus amphibiens, certains moitié humains, moitié sirènes, suivent des circuits complexes, en giration. L’auteur puise aux sources des poèmes d’Homère et à la Théogonie d’Hésiode. Quelques récits antiques célèbres, fondateurs de la civilisation occidentale, sont choisis par J. Bajtlik de manière assez accessible. Le fil conducteur part de la création du monde et va jusqu’à la représentation théâtrale des mythes grecs.

Tout pour devenir une sorcière, Petit guide à l’usage des princesses qui s’ennuient, Myriam Dahman (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 08 Juillet 2019. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Talents Hauts

Tout pour devenir une sorcière, Petit guide à l’usage des princesses qui s’ennuient, Myriam Dahman, février 2019, ill. Maurèen Poignonec, 80 pages, 12 € Edition: Talents Hauts

 

En compagnie de Philomène, sorcière professionnelle, vous allez apprendre à « voler sur votre propre balai », libérée de votre donjon et de toutes les activités barbantes que l’on vous impose pour faire de vous la princesse de conte de fées parfaite. Il n’y a qu’à suivre les conseils prodigués en dix étapes, clairs et efficaces, pour « tourner le dos à la vie de château » une bonne fois pour toutes !

De révélations cocasses en suggestions inédites, ce petit guide en réjouira plus d’une et plus d’un, sortant des cadres conventionnels de ce qu’une fille peut et doit être. En cela, la maison Talents Hauts poursuit son dynamitage systématique et bénéfique des clichés de genre. Pour ce faire, elle a eu recours à un sacré duo. L’autrice est une sorcière débridée à la verve haute, quant à l’illustratrice, elle prend grand plaisir à créer différents types de sorcières d’aujourd’hui, en mariant les origines, les influences… dans son chaudron.

Lire et choisir ses albums, Petit manuel à l’usage des grandes personnes, Cécile Boulaire (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 02 Juillet 2019. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Didier Jeunesse

Lire et choisir ses albums, Petit manuel à l’usage des grandes personnes, septembre 2018, 288 pages, 22,90 € . Ecrivain(s): Cécile Boulaire Edition: Didier Jeunesse

 

Dans cet essai revigorant, l’universitaire Cécile Boulaire s’emploie à balayer bon nombre de lieux communs concernant l’album pour la jeunesse et à éduquer les lecteurs adultes qui seront, le plus souvent, les prescripteurs et les acheteurs dudit livre destiné aux enfants. Non, un album pour la jeunesse, ce n’est pas facile à lire. Le peu de textes parfois, la brièveté de l’œuvre sont autant de signes trompeurs. La lecture de l’adulte n’est pas celle de l’enfant, bien plus perméable aux différentes dimensions de cette œuvre pluridisciplinaire qui s’offre à lui : musique et rythme des mots, multiples détails du dessin, des couleurs… En ce sens, en tant qu’adulte, il nous faut réapprendre à lire un album, « réapprendre à regarder et à écouter longuement ». C’est une expérience plurisensorielle et profonde, qui répète le même et se révèle chaque fois différente. « L’album, c’est un objet littéraire qui est perçu par le regard et par l’ouïe ».

Épopée, historiette et fable, 3 livres de la Joie de Lire (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 28 Juin 2019. , dans Jeunesse, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

 

Cabane en péril !, Jean-Claude Lalumière, La Joie de lire, juin 2019, coll. Hibouk, 168 pages, 10,90 €

 

Cabane en péril est un récit simple, à l’imparfait, raconté par le petit garçon Bernie. Le temps y est découpé comme dans un journal intime, mais le ton est plus perfectionné, plus disert. Au début du livre-jeunesse se trouvent de petits schémas, plutôt réduits à de simples traces maladroitement dessinées à la main, et ce sont peut-être là les miettes du Petit Poucet qui nous engagent à suivre la trame de la fiction. La littérature enfantine ne naît pas ex nihilo et il est judicieux de la part de Jean-Claude Lalumière de citer Jean de La Fontaine, des dessins animés, des héros de bande dessinée, tout en situant l’intrigue dans notre monde actuel, et d’aborder des débats environnementaux. L’on peut parler aussi, à propos de Cabane en péril, de littérature d’apprentissage, d’une édification sur les problèmes de notre planète, le sens de la responsabilité de chacun à son égard.

Brille encore, soleil d’or, Guo Zhenyuan (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 12 Juin 2019. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Brille encore, soleil d’or, Guo Zhenyuan, HongFei, avril 2019, adaptation Véronique Massenot, Zhu Chengliang, 48 pages, 14,50 €

 

Comment retenir le soleil lorsqu’il décline et cesse de dispenser sa chaleur et sa lumière ? Voilà la question que se pose une joyeuse troupe d’animaux face à ce curieux cycle du jour et de la nuit. Buffles, pandas, oiseaux, écureuils, kangourous vont tenter de diverses manières de faire briller encore l’astre d’or, avec une naïveté confondante et bienvenue.

Le récit de cette journée est porté par de courtes phrases, des mots très simples qui mettent l’accent sur les émotions ressenties, sur le dynamisme des dialogues. Face à cette apparente simplicité se déploient des illustrations de toute beauté, exploitant la double page au profit du mouvement, dans une composition maîtrisée et habile.

Une végétation dorée recouvre le sol sombre. Sur un ciel carmin chaleureux monte puis décline le soleil. Face à lui, du haut de la montagne, l’observent les animaux avant de se résoudre à agir. Les traits de peinture visibles, les touches de couleurs s’éloignant d’une véracité documentaire, les formes arrondies, rapprochent le dessin de celui d’un enfant.