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Jeunesse

Lire et choisir ses albums, Petit manuel à l’usage des grandes personnes, Cécile Boulaire (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 02 Juillet 2019. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Didier Jeunesse

Lire et choisir ses albums, Petit manuel à l’usage des grandes personnes, septembre 2018, 288 pages, 22,90 € . Ecrivain(s): Cécile Boulaire Edition: Didier Jeunesse

 

Dans cet essai revigorant, l’universitaire Cécile Boulaire s’emploie à balayer bon nombre de lieux communs concernant l’album pour la jeunesse et à éduquer les lecteurs adultes qui seront, le plus souvent, les prescripteurs et les acheteurs dudit livre destiné aux enfants. Non, un album pour la jeunesse, ce n’est pas facile à lire. Le peu de textes parfois, la brièveté de l’œuvre sont autant de signes trompeurs. La lecture de l’adulte n’est pas celle de l’enfant, bien plus perméable aux différentes dimensions de cette œuvre pluridisciplinaire qui s’offre à lui : musique et rythme des mots, multiples détails du dessin, des couleurs… En ce sens, en tant qu’adulte, il nous faut réapprendre à lire un album, « réapprendre à regarder et à écouter longuement ». C’est une expérience plurisensorielle et profonde, qui répète le même et se révèle chaque fois différente. « L’album, c’est un objet littéraire qui est perçu par le regard et par l’ouïe ».

Épopée, historiette et fable, 3 livres de la Joie de Lire (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 28 Juin 2019. , dans Jeunesse, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

 

Cabane en péril !, Jean-Claude Lalumière, La Joie de lire, juin 2019, coll. Hibouk, 168 pages, 10,90 €

 

Cabane en péril est un récit simple, à l’imparfait, raconté par le petit garçon Bernie. Le temps y est découpé comme dans un journal intime, mais le ton est plus perfectionné, plus disert. Au début du livre-jeunesse se trouvent de petits schémas, plutôt réduits à de simples traces maladroitement dessinées à la main, et ce sont peut-être là les miettes du Petit Poucet qui nous engagent à suivre la trame de la fiction. La littérature enfantine ne naît pas ex nihilo et il est judicieux de la part de Jean-Claude Lalumière de citer Jean de La Fontaine, des dessins animés, des héros de bande dessinée, tout en situant l’intrigue dans notre monde actuel, et d’aborder des débats environnementaux. L’on peut parler aussi, à propos de Cabane en péril, de littérature d’apprentissage, d’une édification sur les problèmes de notre planète, le sens de la responsabilité de chacun à son égard.

Brille encore, soleil d’or, Guo Zhenyuan (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 12 Juin 2019. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Brille encore, soleil d’or, Guo Zhenyuan, HongFei, avril 2019, adaptation Véronique Massenot, Zhu Chengliang, 48 pages, 14,50 €

 

Comment retenir le soleil lorsqu’il décline et cesse de dispenser sa chaleur et sa lumière ? Voilà la question que se pose une joyeuse troupe d’animaux face à ce curieux cycle du jour et de la nuit. Buffles, pandas, oiseaux, écureuils, kangourous vont tenter de diverses manières de faire briller encore l’astre d’or, avec une naïveté confondante et bienvenue.

Le récit de cette journée est porté par de courtes phrases, des mots très simples qui mettent l’accent sur les émotions ressenties, sur le dynamisme des dialogues. Face à cette apparente simplicité se déploient des illustrations de toute beauté, exploitant la double page au profit du mouvement, dans une composition maîtrisée et habile.

Une végétation dorée recouvre le sol sombre. Sur un ciel carmin chaleureux monte puis décline le soleil. Face à lui, du haut de la montagne, l’observent les animaux avant de se résoudre à agir. Les traits de peinture visibles, les touches de couleurs s’éloignant d’une véracité documentaire, les formes arrondies, rapprochent le dessin de celui d’un enfant.

Animaux en balade (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 06 Juin 2019. , dans Jeunesse, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

 

Mon oiseau… Ned, Christian Demilly, Marlène Astrié, Grasset-Jeunesse, mars 2019, 36 pages, 14,50 €

 

Un oisillon noir qui ressemble à un corbillat, volète de page en page dans ce bel album au format presque carré (28x25,5 cm). Il existe une grande quantité d’oiseaux au plumage noir, que ce soit la fauvette à tête noire ou le martinet noir, et bien sûr le merle. Celui du livre va se transformer à la fin de son adolescence en une sorte de passereau, oiseau chanteur et percheur, ou de Grand Pic, oiseau sédentaire de la forêt.

L’univers que découvre l’oison au bec orange se situe à hauteur d’yeux. Les gros plans et les fonds variés, souvent pastels, permettront à l’enfant – ici, une lecture pour les tout-petits – de s’identifier au monde neuf que perçoit l’oiselet tombé du nid et orphelin. L’habitat de nos amis à plumes est précisé par des branches feuillues délicatement peintes, des perchoirs et un nichoir – la maison indispensable pour la sauvegarde de l’espèce ailée.

Un Petit air de Printemps, Carles Porta (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 16 Mai 2019. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Seuil Jeunesse

Un Petit air de Printemps, mars 2019, 48 pages, 13,90 € . Ecrivain(s): Carles Porta Edition: Seuil Jeunesse

 

Les Contes de la vallée ouvrent leur chapitre du printemps. Les deux aventures précédentes s’y croisent et amènent un nouvel élan à ce monde enchanté, toujours aussi plein d’humour, de poésie et de fantaisie. Dans la vallée secrète, le renouveau de la nature n’a d’égal que l’activité de ses habitants.

L’ami Ticky revient de son séjour d’hiver et découvre que, dans son arbre maison, un voisin s’est installé. Il s’agit de Maximilien, le fameux musicien. Observant de l’extérieur ses amis en compagnie de ce nouveau venu, Ticky se méprend. Il se croit oublié, abandonné. En réalité, c’est tout le contraire, la joyeuse compagnie est en train de préparer une fête surprise pour le retour de l’oiseau migrateur.

Croisant la ballerine Tête d’Oignon sur son radeau, Ticky se joint à elle et se laisse aller au gré du courant. Ils pénètrent dans la partie la plus reculée de la forêt, celle où aucun habitant de la vallée ne se rend jamais. Leur chemin croise celui de l’Ogre qui se réjouit de faire de Ticky son dîner.