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Les Chroniques

MMMM de Jean-Philippe Toussaint, par Pierrette Epsztein

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Mardi, 30 Janvier 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

Spectacle présenté au Théâtre du Rond-Point en octobre 2017

 

C’est sur la recommandation d’un ami, découvreur passionné de littérature contemporaine, qu’il y a plusieurs années maintenant, j’ai suivi, avec délice, dans l’ordre de leur publication aux Éditions de Minuit, les quatre volumes qui composent la tétralogie des Marie que Jean-Philippe Toussaint a passé plus de dix ans à écrire. Dans la foulée, je me suis également empressée de lire et de décrypter L’urgence et la patience, paru en 2012. Cela m’a permis de mieux explorer les motivations qui déterminent la quête d’écrivain de l’auteur.

Débutée avec Faire l’amour, hiver, paru en 2002, cette tétralogie suit, au fil des saisons, les amours complexes du narrateur avec Marie. Suivront Fuir, été (Prix Médicis en 2005), La Vérité sur Marie, printemps-été (Prix Décembre en 2009) puis Nue, automne-hiver (2013). L’auteur a décidé en 2017 d’en faire une transposition scénique qui se jouera durant trois soirs au Théâtre du Rond-Point après que ce travail ait été présenté en province.

Yasmina Chellali, Etoile du Sud de la haute couture, par Mustapha Saha

Ecrit par Mustapha Saha , le Lundi, 29 Janvier 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

Il est des astres de l’art comme l’étoile du berger, luminosités imperturbables dans les nuées évanescentes, qui traversent les remous de l’histoire sans jamais quitter leur orbite. Ainsi en-est-il de Yasmina Chellali. Le regard de velours de la doyenne du stylisme cache un caractère de fer, rescapé de tous les enfers. L’élégante silhouette dissimule, sous savante modicité, les magnificences du passé et les secrètes meurtrissures. Qu’importent les souvenances inaltérables, les célébrations mémorables, les blessures incurables, son âme et son esprit n’ont d’autre confidente que la muse inséparable. L’art est son indissociable berceau, l’œuvre en gestation son thaumaturgique sceau.

Les conversations avec Yasmina, curiosité vive à l’affût de l’actualité brûlante, se focalisent invariablement sur les thématiques artistiques. L’art pour toujours est sa raison totale et sa respiration vitale. Cette sensibilité toujours en éveil éclaire, comme une torche immuable, son vécu d’une étonnante cohérence. Elle vit la créativité comme une énergie intérieure, indéfinissable, imparable, indomptable, une grâce donnée à la naissance comme un impératif d’existence. Sa maîtrise technique s’improvise des inventivités imprévisibles quand Phébus indique des chemins insoupçonnables, quand l’imaginaire en branle déborde les territoires. L’artiste, explorateur émotif de l’invisible, guetteur intuitif de l’impondérable, sans d’autre sémaphore que ses illuminations pulsatives, n’est-il pas un véhicule de visions qui le dépassent ?

A propos de Les Indiens et la nature, Françoise Perriot, par Murielle Compère-Demarcy

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Vendredi, 26 Janvier 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

Les Indiens et la nature, Françoise Perriot, éd. du Rocher, coll. Nuage rouge, novembre 2017, 240 pages, 39 €

 

D’emblée, Françoise Perriot précise la finalité et l’objectif de son voyage dans ce livre remarquable publié par les éditions du Rocher, alliant témoignages textuels et ceux photographiques du temps passé et présent pris dans un mouvement cyclique. Son fil conducteur était de décrypter les liens unissant les Indiens et la nature. Revient à l’auteur le mérite de s’être portée à l’écoute des particularités culturelles, pratiques et croyances, des Indiens membres de diverses tribus, sans lire ces singularités par la lorgnette réductrice de sa réalité personnelle. Son voyage consiste en une exploration formée par des rencontres avec d’autres personnes qui parlent d’autres langues et pensent autrement. L’ouverture à des cultures différentes, à des espaces disparates, suivant un tempo accordé à des « temps rythmiques et circulaires et non pas segmentés et linéaires », approfondit le champ d’investigation de ce livre. La finalité de cette exploration est également précisée : il ne s’agissait pas pour Françoise Perriot d’aborder ce thème dans un esprit religieux mystique, ni par une adhésion à l’idéologie New Age, ni par un militantisme écologique acerbe mais précise-t-elle

Carnets d'un fou, LVII, LVIII, LIX Octobre, Novembre, Décembre 2017, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 26 Janvier 2018. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Carnets d'un fou, LVII, octobre 2017

« La pensée de la mort nous trompe ; car elle nous fait oublier de vivre », Vauvenargues

 

#. Faits (*)

* Brève histoire des Rohingya : Au temps de l’Empire des Indes, vers 1823, les colonisateurs britanniques autorisèrent cette tribu musulmane du Bangladesh à occuper les terres de la partie orientale (l’Arakan) du Bengale voisin, peuplées de bouddhistes. Les bouddhistes furent patients qui laissèrent s’implanter les musulmans, lesquels, selon leur habitude et les vues d’Allah relayées par le Prophète, proliférèrent à l’excès (plus de 500.000 personnes) et se crurent en droit de revendiquer l’indépendance territoriale. Les combats et violences ne cessèrent jamais entre les deux communautés.

Le poème contemporain à l’école (2/2), par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 25 Janvier 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

De la nécessité d’impliquer les élèves dans une réception active,

personnelle et créative de la poésie

2/2

 

Associer lecture et démarches créatives

Lire, du reste, c’est être – du plus profond de soi – invité à écrire… Comme l’a résumé Roland Barthes dans Le bruissement de la langue, « il y a une […] aventure de la lecture (j’appelle aventure la façon dont le plaisir vient au lecteur) » qui est « celle de l’Écriture ; la lecture est conductrice du désir d’écrire […]. Ce que nous désirons, c’est seulement le désir que le scripteur a eu d’écrire, ou encore, nous désirons le désir que l’auteur a eu du lecteur lorsqu’il écrivait, nous désirons le aimez-moi qui est dans toute écriture. […] Dans cette perspective, la lecture est véritablement une production : non plus d’images intérieures, de projections, de fantasmes, mais, à la lettre, de travail : le produit (consommé) est retourné en production, en promesse, en désir de production, et la chaîne des désirs commence à se dérouler, chaque lecture valant pour l’écriture qu’elle engendre, à l’infini » [21].