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Cette semaine

De Flavius Josèphe à Ernest Renan. Regards sur les Juifs et le judaïsme, Mireille Hadas-Lebel (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mercredi, 30 Septembre 2026. , dans Cette semaine, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Editions Honoré Champion

De Flavius Josèphe à Ernest Renan. Regards sur les Juifs et le judaïsme, Mireille Hadas-Lebel, Paris, Honoré-Champion, 2025, 456 pages, 48 €. Edition: Editions Honoré Champion

 

Bienheureuse tradition que celle qui consiste à offrir à un universitaire éminent, à l’heure où vient le moment du bilan, un volume de mélanges (des études rédigées par des disciples et des amis, même si les uns ne sont pas forcément les autres) ou de varia (une sélection de ses propres articles dispersés au gré des revues et des actes de colloques). Dans le cas de ce volume, c’est Mme Hadas-Lebel elle-même qui a procédé au choix, arbitraire comme ils le sont tous, mais guidée par le souci de proposer un ensemble cohérent, reflet de son parcours savant.

La tradition scolaire et désormais universitaire des études classiques, puisqu’un apprentissage digne de ce nom du grec et du latin ne se fait plus qu’au niveau des études supérieures, comme on étudie le sumérien ou l’égyptien hiéroglyphique, non seulement a depuis la Renaissance exclu totalement l’hébreu, mais en plus ne proposera jamais à l’attention des étudiants une page de la Septante, de la Vulgate ou de Flavius Josèphe, un historien à peu près totalement rejeté dans les limbes.

Dog fiction, Pia Petersen (par Marjorie Rafécas-Poeydomenge)

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Mercredi, 30 Septembre 2026. , dans Cette semaine, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Plon

Dog fiction, Février 2026, 248 pages, 21 € Pia Petersen Editeur : Plon Edition: Plon

 

Impossible de rester de marbre face à cette fiction narrée par un chien « mutant » anthropomorphe, qui nous fait comprendre que finalement, c’est peut-être nous, les humains, qui menons une vie de chien…

L’histoire se déroule au rythme frénétique de la Californie et dans la superficialité dégoulinante de la chirurgie plastique. « La beauté s’extirpe des choses, comme un chirurgien qui exhibe de la graisse d’une cuisse. » La beauté est-elle un mythe ? Faut-il préférer la beauté « qui a été voulue » à celle « qui va de soi » ? Lassé des épidermes frivoles, un chirurgien esthétique farfelu, Orlando, décide de mener un projet fou : opérer un chien, Yoda, pour lui créer un visage humain et le doter du langage. L’opération réussit, mais attire aussitôt toutes les convoitises… Yoda, chien humanisé, découvre alors toutes les turpitudes humaines, leurs contradictions et la puissance du langage.

Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918 (par Sandrine-Jeanne Ferron)

Ecrit par Jeanne Ferron-Veillard , le Mercredi, 30 Septembre 2026. , dans Cette semaine, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Les carnets de guerre de louis barthas, tonnelier, 1914-1918, edition du centenaire, la decouverte/poche, 2003/2013, preface et postface de l’historien remy cazals, 557 pages


La tournure, Malgré que, est récurrente. Ça pourrait ressembler à une faute d’orthographe ou une maladresse, deux mots sur une ligne alors que ce sont des milliers d’éclats qui sont projetés sur la feuille. Sur la face. Des jets de flammes par milliers qui sortent de la Terre. Le son, l’odeur. Les lanières de lumière blanche dans le ciel, entre 1914 et 1918.

J’ai écouté la voix de Louis Barthas et sans faillir, son visage sur ma table de chevet que j’ai regardé pendant trois semaines, j’ai pleuré. Trois semaines, quatre années de mobilisation, six permissions.

Louis Barthas est né un 14 juillet. Le symbole. Il a trente-cinq ans en 1914. Il est marié, il a deux garçons âgés de six et huit ans. Militant socialiste, syndicaliste, antimilitariste, anticlérical mais sans excès, il est tonnelier dans un village de l’Aube, Peyriac-Minervois. Il est mobilisé au 280e d’infanterie, basé à Narbonne. Il est nommé caporal.

Nos rêves lointains / Gallimard / 90 illustrations / Récit de Nathacha Appanah (par Charles Duttine)

Ecrit par Charles Duttine , le Mardi, 29 Septembre 2026. , dans Cette semaine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Gallimard, Arts

Nos rêves lointains / Gallimard / 90 illustrations / Récit de Nathacha Appanah / 160 pages / Juin 2026 / 29€ . Ecrivain(s): Nathacha Appanah Edition: Gallimard


A la recherche de Garuda

 

Il est des livres qu’on aime avoir entre les mains. Certains sont de beaux objets en eux-mêmes et les textes qu’ils contiennent ont un je ne sais quoi qui nous touche. On le dira volontiers pour l’ouvrage « Nos rêves lointains » publié chez Gallimard. Le livre rassemble 90 photographies choisies dans la collection Fnac qui est conservée habituellement au musée Nicéphore-Niépce de Chalon-sur-Saône. Cette sélection photographique a été présentée aux Rencontres d’Arles et l’exposition est toujours visible jusqu’au 4 Octobre.  Et à cette occasion, un récit de Natacha Appanah est venu compléter cet ensemble.

Les lointains ont toujours fasciné au cours de l’histoire des hommes et ont fait naître toutes sortes de rêveries ; ils ont stimulé de nombreuses attentes et composé toute une trame complexe d’explorations ou encore un terrain miraculeux parfois infernal d’expériences. On le sait, la menue monnaie des jours ennuie, lasse, afflige et finalement vient entretenir cette profonde envie de l’ailleurs. Rêver du lointain n’est-ce pas une dimension spécifiquement humaine et dont la vocation est souvent précoce ? Nicolas Bouvier, ce voyageur émérite, écrit dès les premières pages de « L’usage du monde », la bible de tout arpenteur du globe : « C’est la contemplation silencieuse des atlas, à plat-ventre sur le tapis, entre dix et treize ans, qui donne l’envie de tout planter là ».

In somnia, Philippe Bouret / Martine Le Normand (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 29 Septembre 2026. , dans Cette semaine, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

In somnia, Philippe Bouret / Martine Le Normand Éditions Tarmac [112 p.] - 20€

 

Dans les failles de la nuit : deux voix pour une insomnie

Que se passe-t-il et que se loge-t-il dans les plages reculées de notre être lorsque « la nuit se niche dans les orbites creuses du vent », lorsqu'elle « dépose dans ses râpures au bord de la pensée » « la pulmonation circulaire », dans les recoins du corps saisi par la mer inquiète de l'insomnie ? Ne finit-on pas par perdre le sommeil à force de perdre des espoirs trop grands pour des rêves cassés par les éclats foudroyants de la vie ?

Un jour, une nuit sans doute.

J'ai perdu l'espoir de bercer un enfant.

J'ai perdu le sommeil.

À tout jamais,

écrit Martine Le Normand dans In somnia, publié aux éditions Tarmac, où ses textes en italique font face aux textes en caractères romains de Philippe Bouret et à ses peintures.