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Léopold Sédar Senghor ou l'écriture d'une émancipation

Ecrit par Christian Massé , le Samedi, 25 Juin 2011. , dans Afrique, Les Dossiers, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED, Univers d'écrivains


« C’est à mon arrivée à Tours que j’ai brûlé tous mes poèmes écrits jusque là et suis reparti à zéro. Dans les premiers poèmes, j’avais trop subi l’influence de la poésie française. Je me suis donc mis à l’école de celles que j’appelle « MES TROIS GRÂCES », poétesses de mon bourg natal ». Djilôr et Joal, qu'il évoquera inlassablement à travers quelques figures féminines de son oeuvre. À la mi-octobre 1935, Léopold Sédar Senghor débute comme professeur de Français, Latin et Grec au lycée Descartes de Tours où il exerce jusqu’en 1938. Ce lycée n'est fréquenté que par des jeunes gens de classes sociales aisées de la ville. Senghor y a la réputation d'un professeur très érudit, rigoureux, courtois, distingué. Son élocution est réputée pour être exemplaire ! SENGHOR est un nom d’origine portugaise signifiant « Seigneur », Senghor – Sénégal venant de la même racine. Nous voyons là une identification patronymique innée  d'un homme à son pays où il est né en octobre 1906.

Quel est le contexte socio-politique de la ville de Tours les années 1935-1938 ? Le Congrès de Tours a eu lieu en 1920. Un nouveau phénomène se développe dans la société tourangelle : l'immigration. Le premier grand afflux d'immigrés, espagnols et polonais est bien toléré !