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La Galerie des jeux, Steven Millhauser (par François Baillon)

Ecrit par François Baillon , le Lundi, 03 Octobre 2022. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, En Vitrine, Rivages poche, Cette semaine

La Galerie des jeux, Steven Millhauser, Rivages Poche, trad. anglais, Françoise Cartano, 192 pages Edition: Rivages poche

 

Avec ce recueil de nouvelles, l’on pourra volontiers affirmer que l’essentiel se loge dans les détails, à l’image de ce monde miniaturiste (mais en aucun cas minimaliste) créé par le génial August Eschenburg, héros du premier récit – presque un roman court. On ne s’étonnera pas, d’ailleurs, de réaliser que la nouvelle qui clôt l’ouvrage, Cathay, nous ouvre les portes d’un monde qui semble réduit comparativement au nôtre, un monde extraordinairement puissant de détails fantasques et d’illusions multiples, étude éblouissante et précise d’un univers de contes de fées.

C’est donc par un imaginaire ciselé que s’affirme ce livre de Steven Millhauser, mais l’auteur y déploie également un style épuré, simple de prime abord, ouvrant parfois un mouvement de vagues quand il nous donne accès aux pensées du ou de la protagoniste, enchaînant avec l’éveil d’une sensation fugace, revenant ensuite à des faits plus sommaires. La traduction de Françoise Cartano fait sans doute honneur à cette volonté du nouvelliste.

Ma vie de cafard (My Life as a Rat), Joyce Carol Oates (par Martine L. Petauton)

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 29 Septembre 2022. , dans USA, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Roman

Ma vie de cafard (My Life as a Rat), Joyce Carol Oates, éd. Points, octobre 2021, trad. anglais USA, Claude Seban, 456 pages, 8,30 €


« Une famille ressemble à un arbre géant. Il peut être gravement atteint, en train de mourir ou de pourrir, ses racines restent inextricablement enchevêtrées ».

Des coins un peu perdus, là-haut, au nord de l’état de New York, pas loin de Buffalo, au bord des Chutes dont le bruit roulant – et la brume constante – émaillent tout le livre. Des coins « province » avec leur way of life particulière, une société coupée entre petits blancs propres sur eux et noirs vite assimilés à la racaille. Années 70/80, pas encore la grande désindustrialisation du nord, mais déjà, une société qui se sent basculer vers du moins bien.

Le Pouvoir du chien (The power of the dog), Thomas Savage (par Jeanne Ferron-Veillard)

Ecrit par Sandrine-Jeanne Ferron-Veillard , le Vendredi, 23 Septembre 2022. , dans USA, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Belfond

Le Pouvoir du chien (The power of the dog), Thomas Savage, 2014, éditions Belfond, 2014, trad. anglais (USA), Pierre Furlan, 266 pages

 

Il faut honorer celles et ceux qui vous conduisent à la lecture d’un livre. Les articles de Catherine Dutigny/Elsa et de Léon-Marc Lévy sont à l’origine de cette folle idée. J’ai lu Le Pouvoir du chien.

Tendre les mots sur la page et l’inciser pour percer les lectures et les expériences d’un auteur. Ses observations, ses réflexions, ses changements d’itinéraires, ses humeurs, son arbitraire et l’unicité de son dénouement. Ce qui rend par exemple Nathaniel Hawthorne si nocturne. Ou William Faulkner si imprévisible, les libertés que lui et d’autres ont su prendre. Bouleverser les conventions et les linéarités de l’écriture sans jamais tomber dans le vide ou le chaos. Qui peut mesurer l’ensemble des matériaux absorbés pour concevoir un propos, un style. Un auteur. Une machine en serait-elle capable ?

Alors j’ai osé et je l’ai fait.

Lumière d’août (Light in August), William Faulkner (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 06 Septembre 2022. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Folio (Gallimard), En Vitrine

Lumière d’août (Light in August, 1932), trad. américain, Maurice-Edgar Coindreau, 628 pages . Ecrivain(s): William Faulkner Edition: Folio (Gallimard)

La scène inaugurale de ce roman – l’ouverture peut-on dire tant on pense à l’art lyrique – est d’une lenteur biblique. Le temps y semble dilaté jusqu’au bord de l’immobilité. Plus qu’un ralenti, c’est un à-peine-mouvement, un semblant, qui anime la jeune femme dans son long périple, avec son petit baluchon et cette charge innommable dans son ventre. Qui anime la charrette qu’elle croise et dont on perçoit plus le bruit que le mouvement. Scène d’ouverture écrasée par la chaleur, par la lumière d’août. Une des plus belles ouvertures romanesques de l’histoire de la littérature.

Assise sur le bord de la route, les yeux fixés sur la charrette qui monte vers elle, Lena pense : « J’arrive de l’Alabama : un bon bout de route. A pied de l’Alabama jusqu’ici. Un bon bout de route ».

Lena arrive à Jefferson comme une parfaite étrangère. Pieds nus, enceinte et abandonnée par le père de l’enfant qu’elle porte, Lena stupéfie et scandalise ceux qu’elle rencontre. Elle est considérée comme une paria, suscitant des réactions qui pourraient laisser penser que Jefferson est un lieu où les étrangers et les marginaux sont rares, où il y aurait des normes communautaires.

Des ailes dans la nuit, Jane Yolen, John Schoenherr (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 01 Septembre 2022. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

Des ailes dans la nuit, Jane Yolen, John Schoenherr, éditions D’Eux, janvier 2021, trad. anglais (USA), Christiane Duchesne, 36 pages, 13 €

 

Ode au Grand-duc

John Schoenherr, auteur de ce superbe album, Des ailes dans la nuit, est né en 1935 à New York, et décédé en 2010. Il a reçu la médaille Caldecott en 1988 et a été intronisé comme illustrateur en 2015 dans la Science Fiction and Fantasy Hall of Fame du Museum of Pop Culture. Jane Yolen, née en 1939, également à New York, surnommée Andersen des États-Unis, a publié plus de 200 romans, et rédigé le texte de cette réédition de la maison canadienne D’Eux. Le thème nocturne est central dans cet ouvrage jeunesse d’une grande teneur esthétique, picturale et littéraire. Les première et deuxième de couverture annoncent une aventure crépusculaire, hivernale, comme l’indiquent les branches dépouillées de leurs feuilles. Ce livre-jeunesse est très maniable, élégant, conçu au format de 20x27,5 centimètres.