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Roman

Lily et Po, Lauren Oliver

Ecrit par Cathy Garcia , le Samedi, 02 Mars 2013. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Jeunesse, Hachette Romans

Lily et Po, trad. (USA) Alice Delarbre, novembre 2012, tomes 1, 2, 3 (chacun 160 pages, les deux premiers reprennent les deux premiers chapitres du tome suivant), 9,90 € par tome . Ecrivain(s): Lauren Oliver Edition: Hachette Romans

 

Trois livres jolis comme tout pour une seule histoire. Une belle histoire, celle de Lily et Po, tissée autour d’un sujet grave : la perte d’un proche, et pire encore, l’assassinat d’un proche pour le plus vil des motifs : la cupidité. Ici c’est le papa de Lily qui est empoisonné par Augusta, sa deuxième femme. La « parfaite » incarnation de la marâtre affublée de sa propre fille idiote, et la pauvre petite Lily, à la mort de son père, se retrouvera recluse au grenier.

C’est là que Po et Baluchon vont faire leur apparition. Po n’est pas un garçon, il n’est pas une fille non plus et Baluchon n’est pas un chat, ni un chien, mais il pourrait être l’un ou l’autre. Po et Baluchon viennent de l’Autre Côté. Ce sont des fantômes, et tous deux et Lily vont devenir comme les meilleurs amis du monde, ou plutôt, des deux mondes. Ils aideront Lily à s’échapper du grenier pour réaliser son vœu le plus cher : apporter le coffret contenant les cendres de son père au pied du saule pleureur à la Maison Rouge, là où est enterrée sa mère. Il lui faudra prendre le train, c’est une grande aventure, mais Po et Baluchon seront ses compagnons de route.

Mauvaises passes, Mohamed Al-Azab

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 01 Mars 2013. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pays arabes, Seuil

Mauvaises passes (Wuqûf mutakarrir), traduit de l’arabe égyptien par Emmanuel Varlet, Seuil, format kindle février 2013, 176 pages . Ecrivain(s): Mohamed Al-Azab Edition: Seuil

 

Nous est familier, dans le roman, l’usage de la troisième personne, qui instaure, entre le personnage « IL » et le narrateur, la distance maximale.

Nous sommes habitués, également, à l’emploi du JE, qui abolit cette distance pour donner l’illusion que le narrateur et le héros sont une seule et même personne.

Mohamed Al-Azab, pour ce roman court et dense, a fait le choix d’une autre perspective, beaucoup moins courante : le narrateur s’adresse au personnage principal en utilisant le TU.

Certes nous connaissons des exemples de romans à la deuxième personne (La Modification, de Michel Butor, ou Un homme qui dort, de George Pérec, pour ne citer que ceux-là). Dans ces exemples, le narrateur s’adresse au lecteur, et l’institue, de gré et de force, héros du récit.

La désobéissance d'Andreas Kuppler, Michel Goujon

Ecrit par Stéphane Bret , le Mardi, 26 Février 2013. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Héloïse D'Ormesson

La désobéissance d’Andreas Kuppler, février 2013, 205 p. 18 € . Ecrivain(s): Michel Goujon Edition: Héloïse D'Ormesson

 

Comment la terreur issue d’une idéologie totalitaire telle que le nazisme s’implante-t-elle parmi les individus ? Par leurs silences et par la peur. Ce sont les thèmes majeurs abordés dans le roman de Michel Goujon La désobéissance d’Andreas Kuppler.

Andreas Kuppler est chroniqueur sportif dans un grand journal berlinois dirigé par Ralph Becker, patron de presse compétent, nazi militant et convaincu des bienfaits du régime. Il couvre en 1936 les Jeux Olympiques d’hiver de Garmisch-Partenkirchen, station de sports d’hiver à la mode en Allemagne. Il y trouve l’occasion de réfléchir sur l’état du couple qu’il forme avec Magdalena, femme conservatrice, réactionnaire et n’ayant pour seul but que la maternité, l’accroissement de la population du Reich, voulue par le Führer.

Andreas rencontre dans l’hôtel où il séjourne des journalistes américains. Ces contacts lui permettent de s’aérer l’esprit, de s’affranchir, même fugitivement, de la chape de plomb que fait peser le régime sur la vie culturelle allemande. Un soir, sur la piste de danse du bar de l’hôtel, il succombe aux charmes d’une jeune femme, Susanna Rosenberg, dont il apprendra plus tard le rôle actif dans l’aide à l’émigration des opposants allemands au nazisme…

Les anagrammes de Varsovie, Richard Zimler

Ecrit par Gilles Brancati , le Lundi, 25 Février 2013. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Buchet-Chastel

Les anagrammes de Varsovie, traduit (USA) par Sophie Bastide-Foltz, janvier 2013, 340 pages, 22 € . Ecrivain(s): Richard Zimler Edition: Buchet-Chastel

 

Il y a des romans qui marquent leurs lecteurs. Celui-ci en est un, qui ne sortira pas de ma mémoire de si tôt. J’ai été captivé et ému par ce livre que je ne peux que recommander. Les anagrammes de Varsovie… l’histoire se déroule au début de l’hiver 1940 dans le ghetto pendant la Seconde Guerre mondiale. Nous avons tous une mémoire précise de ces évènements et nous avons sans doute tous vu Le pianiste, le très bon film de Roman Polanski. Il n’est donc pas nécessaire de revenir sur l’aspect historique.

Je vais donc en parler pour le propos de ce livre et non pour l’Histoire du ghetto. Les deux y sont intimement liés et ce qui fait la force du récit, c’est qu’il ne tombe jamais dans un travers pathos. L’Histoire sous-tend le roman, elle en est indissociable, elle reste une douloureuse toile de fond, mais elle n’encombre pas, ne prend jamais le pas sur l’intrigue. Quel talent il faut pour nous décrire la douleur et la misère d’un quotidien unique, pour nous asséner des coups dans la poitrine, sans jamais nuire à la fiction. Ce qui fait la force de ce récit particulièrement bien conduit ? L’équilibre entre histoire et Histoire.

La nuit tombée, Antoine Choplin

Ecrit par Anne Morin , le Vendredi, 22 Février 2013. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres

La nuit tombée, La Fosse aux Ours 2012, 122 pages, 16 € . Ecrivain(s): Antoine Choplin

 

Une petite musique, celle de l’après, après la catastrophe, quand le désespoir est assimilé, qu’on l’a inclus dans le quotidien des jours, comme allant de soi.

Il y a ceux qui ne veulent pas partir en dépit du danger, qu’on arrache – littéralement – à leur maison dont ils emportent la clé à la fois comme gage de retour et comme le génie de la lampe, capable rien qu’en la regardant de faire surgir pour eux tout le passé, tout l’avant

Il y a ceux qui reviennent – ou qui viennent – piller.

Il y a ceux, hors zone contaminée, le border line, le no man’s land.

Il y a ceux qui reviennent comme Gouri, chercher trace de leur passé : une porte, la porte de la chambre de sa fille Xsenia – elle aussi malade, elle aussi touchée –, sur laquelle sont gravés les marques de sa taille, des dessins, des poèmes composés avec son père :